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La pauvreté et l’opulence vont toujours de pair dans une société donnée. Mais par les temps qui courent, l’on constate, avec beaucoup de regrets, que la première tend à être considérée comme un vice dans la société guinéenne. Une situation sur laquelle il serait bon d’attirer l’attention des uns et des autres. Dans un passé plus ou moins lointain, la pauvreté n’était pas vue à travers le prisme du mépris. En dépit de la précarité de leurs conditions de vie, les pauvres se heurtaient rarement au mur des considérations irrationnelles. Ils étaient, dans la plupart des cas, respectés des leurs et de l’entourage. Aujourd’hui, la donne semble avoir changé fondamentalement. Quand on a « la malchance » de naître dans une famille pauvre, il va falloir se battre, au propre comme au figuré, pour améliorer substantiellement ses conditions de vie. BK est un citoyen domicilié à Bonfi, dans la commune de Matam. Son témoigne prouve à suffisance qu’il n’est plus souhaitable d’être admis au royaume des pauvres. « La pauvreté devient de plus en plus un vice dans notre pays. Ma femme vient de me quitter principalement à cause de ma pauvreté. En me quittant, elle n’a même pas daigné prendre le plus petit de ses enfants. Comme pour dire que lorsque la pauvreté frappe à la porte, l’amour s’enfuit par la fenêtre ». Comme ce père de famille, nombreux sont ceux qui voient du jour au lendemain leur pouvoir et leur autorité s’effriter du fait de leur pauvreté. Quand on a de la peine à loger, à nourrir, à habiller et à soigner ses enfants, ces derniers se verront généralement dans l’obligation de voler de leurs propres ailes, avec tous les risques que cela comporte. Les patients démunis qui se rendent dans les centres de santé sont le plus souvent accueillis avec dédain et mépris par les médecins et autres infirmiers trouvés sur place. Quant aux jeunes célibataires vivant dans une certaine précarité, il leur est presque interdit de lorgner une fille issue d’une famille relativement aisée. « Que fait-il dans la vie ? Est-ce qu’il a un bon boulot ? ». Voilà quelques-unes des questions que les parents des jeunes filles se font le devoir de poser dès qu’un prétendant se présente dans la famille pour cause de mariage. L’on s’intéresse rarement à la piété ou à la bonne éducation d’un jeune homme pour lui accorder la main d’une fille. C’est pourquoi, les femmes célibataires ne se comptent plus dans nos familles. Les filles ayant atteint, voire dépassé largement l’âge du mariage, continuent d’adopter des comportements qui sont de nature à décourager les potentiels candidats pour le mariage. Si l’on ne met pas en avant la pauvreté d’un prétendant, l’on se complait à donner la triste impression que le mariage peut toujours attendre. Cette situation devrait attirer l’attention des parents qui, curieusement, semblent ces derniers temps avoir choisi de fermer les yeux sur les caprices et autres mauvais comportements de leurs enfants. Pauvreté n’est pas vice, nous enseigne un adage. Mais à l’allure où vont les choses, elle risque de l’être dans les relations sociales en Guinée. Mamy Dioubaté L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com
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