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Le dimanche 3 février, nombreux sont les quartiers de Conakry qui ont été privés de courant pendant le déroulement du match Guinée-Côte d’Ivoire, comptant pour les quarts de finale de la 26è édition de la Coupe d’Afrique des Nations de football. Un fait qui prouve à suffisance que les Guinéens ne sont pas encore au bout de leurs peines, dans le secteur stratégique d’électricité. A quand la fin du problème d’électricité en Guinée ? C’est la question que les observateurs ne cessent de se poser au regard de la regrettable situation dans laquelle se trouve ce pays indépendant depuis bientôt un demi-siècle. Pour qui connaît l’importance du courant électrique dans la vie d’un homme moderne, il est vraiment inimaginable que les Guinéens, pour quelque raison que ce soit, continuent d’être privés de cette « denrée » de première nécessité. Les unités industrielles, les ménages et les bureaux ont besoin du courant électrique pour fonctionner à un rythme relativement normal. Malheureusement, l’on a constaté ces dernières années, avec beaucoup de regret, que le problème d’électrique devient de plus en plus un véritable casse-tête pour les autorités guinéennes. Les différents gouvernements qui se sont succédé jusqu’ici n’ont pas réussi à trouver « la formule magique » pour résoudre, de façon définitive, le problème d’électricité. De l’Enelgui à l’EDG en passant par la Sogel, toutes les sociétés mixtes ou publiques chargées de la production et de la distribution du courant électrique ont brillé, les unes après les autres, par leur incapacité notoire à satisfaire leur clientèle. Au fil des années, les pauvres consommateurs guinéens ont fini par considérer unanimement le courant électrique comme un luxe auquel ils n’ont pas droit. Le fameux système de rotation est en vigueur depuis quelques années. Une situation d’autant plus paradoxale que la Guinée est un pays dont les potentialités hydroélectriques sont vraiment considérables. Le barrage Garafiri, on le sait, n’aura été finalement qu’un éléphant blanc, au grand dam du contribuable guinéen. Aujourd’hui, l’on parle de plus en plus de Kaléta et de Swapiti pour résoudre le problème énergétique qui se pose au pays avec acuité. Mais dans l’attente de ces lendemains meilleurs, force est de reconnaître que les Guinéens ne savent plus à quel saint se vouer. Ils sont obligés, la mort dans l’âme, de se passer du courant électrique pendant des heures, des jours, voire des mois. Avant le coup d’envoi des phases finales de la 26ème édition de la Coupe d’Afrique des Nations de football, nombreux sont les observateurs qui sont émis des doutes quant à la capacité de l’Electricité de Guinée (EDG) à fournir régulièrement du courant électrique pendant les heures de match. Au regard de ce qui se passe actuellement, l’on ne peut que donner raison à tous ces Guinéens qui cèdent facilement au scepticisme dès lors qu’on évoque l’éternel problème d’électricité dans leur pays. Le dimanche 3 février, certains quartiers défavorisés de Conakry ont été privés de courant pendant le déroulement du match Guinée-Côte d’Ivoire. Lansanaya faisait partie de ces localités plongées ce jour-là dans le noir. Les pauvres amoureux du cuir rond domiciliés dans ce quartier périphérique de la capitale ont suivi cet important match sur les ondes de la radio. A Lansanaya-Takoui, la seule salle de projection avait refoulé du monde. Le tenancier du vidéoclub a fait payer 500 Fg à tous ceux qui tenaient coûte que coûte à suivre le match sur le petit écran. Selon des témoignages concordants, d’autres quartiers de Conakry se sont retrouvés dans la même situation, obligeant les mordus du cuir rond à aller dans les zones « favorisées » par l’EDG ou à utiliser un groupe électrogène pour ne pas rater un évènement aussi important qu’un quart de finale de la CAN. Il est à souhaiter qu’à l’avenir la Direction générale de l’EDG puisse prendre toutes les dispositions utiles afin que les Guinéens suivent en toute tranquillité et en direct les différents matches de leur Onze national. Mamy Dioubiate Source : hebdomadaire L’Indépendant, Conakry, partenaire de www.guineeactu.com
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