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La Guinée a cette fois-ci pris part au sommet France-Afrique, qui a démarré ses travaux sur la Côte d’Azur ce lundi. Cela faisait plus d’une décennie, qu’on n’avait pas aperçu la silhouette d’un chef d’Etat guinéen à cette grand-messe, où les dirigeants viennent échanger avec la mère colonie, les préoccupations du moment, surtout en matière de démocratisation et de développement économique.
Le général Sékouba Konaté est parmi les invités de l’Elysée au Sommet France-Afrique, qui se tient pour deux jours à Nice, depuis lundi. On ne peut rêver mieux pour un putschiste. Quand on sait que toute prise de pouvoir par la force est condamnée par la communauté internationale. Ne serait-ce que par principe. Même si le cas guinéen revêt un caractère singulier.
En effet, la situation d’enlisement dans laquelle le système Conté avait fini par plonger la Guinée, après un long règne de 24 ans avait fini par mettre le pays dans le registre des pays à risques.
L’avènement de la junte au pouvoir au lendemain du décès du général Lansana Conté, sans effusion de sang, fut salué au-delà de nos frontières. Le chef de la junte Moussa Dadis Camara et son équipe ne pouvaient que susciter de l’estime aux yeux de la communauté internationale, qui, tout de même avait condamné l’acte du bout des lèvres.
Elle va cependant vite déchanter face à l’ivresse du pouvoir qui s’est emparé de Dadis, qui a refusé de respecter ses engagements. En narguant la communauté internationale.
Et la suite, vous la connaissez. Une centaine de victimes tombées sous les balles de la garde prétorienne du président.
Finalement, sa mise hors-jeu suite à une tentative d’assassinat manqué a permis à son second, le général de brigade Sékouba Konaté de s’affirmer à la tête du pays.
Le nouvel homme fort ne se fera pas prier pour appliquer les accords de Ouagadougou, qui lui donnent les pleins pouvoirs de conduire la transition. Et ce choix est plutôt prometteur.
Car tout a été mis au point pour que la présidentielle se tienne le 27 juin 2010.
A commencer par la formation d’un gouvernement de large ouverture, dirigé par un Premier ministre issu des Forces vives, en passant par la création du Conseil national de transition (CNT) et la promulgation d’une nouvelle Constitution.
Poser de tels actes en un tel laps de temps, ne pouvait que séduire la communauté internationale avec en premier la France, dont le président Nicolas Sarkozy a tenu à inviter Konaté à figurer parmi le gotha des chefs d’Etat, au Sommet de Nice. Ceci ressemble bien à une récompense pour la bonne foi dont fait preuve le président de la transition dans sa mission.
Ainsi dans la lettre d’invitation adressée au président par intérim de la junte, datée du 19 avril, Sarkozy rappelle les liens historiques qui unissent la France et l’Afrique « Nous avons noué un partenariat privilégié dans de nombreux domaines. La France et l’Afrique ont de grandes choses à faire ensemble, elles ont aussi beaucoup à dire au reste du monde, et en ces temps de crises et d’incertitude, il m’apparaît plus que jamais nécessaire de renforcer plus encore ce partenariat que nous avons par votre impulsion et votre responsabilité, une période de transition devant conduire la Guinée aux premières élections démocratiques de son histoire le 27 juin prochain et enfin plus engagé ».
Il s’évertuera ensuite à encourager Konaté à respecter ses engagements « Comme je puis vous le dire depuis votre venue le 1er avril dernier, je compte sur votre détermination pour conduire ce processus électoral. La Guinée doit en effet se doter d’un pouvoir légitime pour s’engager sur la voie du développement et de l’Etat de Droit. Vous pouvez compter sur le soutien de la France dans cette entreprise ».
A noter que les participants à ce sommet vont évoquer trois enjeux majeurs, dont la place de l’Afrique dans la gouvernance mondiale, le climat et le développement et la place de l’Afrique dans le nouvel ordre international.
A ce 25e Sommet France-Afrique, placé sous le signe du « Renouveau », on retrouve des personnalités peu fréquentables. Les ONG de défense des droits de l’homme n’ont pas raté l’occasion de dénoncer cette présence.
Dian Baldé Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com
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