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« Soyez fiers, parce c’est vous qui apprenez maintenant aux civils la démocratie ». Cette gasconnade du n°1 guinéen a été entendue mercredi au camp Alpha Yaya Diallo. C’était à la faveur d’une rencontre que Sékouba Konaté a eue avec la famille militaire, en compagnie du Premier ministre Jean-Marie Doré. Le Général écorche ainsi bien humoristiquement la sensibilité des leaders politiques de toutes les alliances.
Les civils se mangent actuellement entre eux en usant en effet gauchement du repli identitaire au nom d’une prétendue démocratie dont eux seuls ont le secret. Les militants d’Alpha et de Cellou se regardent alors en chiens de faïence. Comme s’ils n’étaient pas tous des Guinéens ou comme si les uns étaient plus Guinéens que les autres. En tout cas, pour le général d’Armée, au sein du treillis, il n’y a point de couleurs, d’ethnies, etc. « Ils sont venus (les leaders politiques) et ils nous ont trouvés en train de manger dans le même bol. Ils repartiront en nous laissant en train de manger dans le même bol. Car l’Armée est une famille apolitique... », avait lancé El tigre. C’est pourquoi la boutade de Konaté devrait faire réfléchir tout un chacun (les deux finalistes surtout), en vue d’un sursaut de fraternité, de bonne foi et de raison. Mais, apparemment, cela n’intéresse ni Alpha, ni Cellou dont les divergences de vues deviennent de plus en plus tranchées. Le premier se félicite en effet du report puisque, selon lui, la Ceni est loin d’être prête à réduire les gros risques de fraudes. Le second tenant jusque là à la date du 19 – pour enfin finir avec cette joute où s’invitent dit-on des supposés arbitres – est dans la nasse, bien dépité. Son alliance est allée jusqu’à demander le départ de Jean-Marie Doré, accusé de partialité. El tigre, lui, rend hommage au Premier ministre. Pour l’Arc-en-ciel d’Alpha Condé, il faut mettre de l’eau dans le vin en soutenant les autorités de la transition.
Toutefois, ces finalistes sont-ils réellement prêts à assumer leurs responsabilités face à l’Histoire ? Ou leur faut-il aller à l’école des militaires pour apprendre la démocratie, en lieu et place des déviances verbales aux couleurs ethniques dont ils font usage à longueur des émissions et interviews ? Dadis quant à lui avait demandé aux ‘’faux leaders’’ de venir chez lui pour apprendre le b.a. ba des règles démocratiques. De longs mois après, El tigre le réitère. Et peut-être de guerre lasse. Quoi qu’il en soit, on craint actuellement le syndrome ivoirien : des reports sempiternels. Faute de compromis et de réelle volonté de forcer la porte de la démocratie. Donc loin de toute tentative de fraude et/ou de maintien d’une situation politique chaotique. Pour l’heure, au pays, c’est l’expectative. Surtout que « Nous nous éloignons de notre feuille de route », comme le regrette Sékouba Konaté, loué pour son dévouement mais largement critiqué pour son inertie que lui assimile à une neutralité.
Thierno Fodé SOW
www.guineeactu.com
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