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Au quartier Cimenterie dans la commune de Matota, les installations de la société Ciment de Guinée causeraient des désagréments aux populations riveraines de l’usine, à cause de la forte pollution qui se dégage des turbines de l’usine.
Ciment de Guinée est la société qui détient le monopole de la production de ciments en Guinée. Située dans la commune de Matoto, cette usine n’est pas que bénéfique pour sa production qui permet aux guinéens de se procurer du ciment sur place. Mais elle constituerait également un problème de santé publique pour les populations riveraines. Car le procédé de production de ciment polluerait l’environnement surtout. Les populations qui s’y trouvent auraient aujourd’hui du mal à cohabiter avec l’usine.
« Elle dégage tous les jours des nuages poussiéreux de ciments inhalés par les populations. Qui sont, à cet effet, exposées à des maladies cardiovasculaires. Qui se caractérisent le plus souvent par des infections respiratoires. Les toits des maisons sont couverts de poussière blanchâtre », témoigne un habitant de la zone, sous couvert d’anonymat.
Un autre de renchérir « aucune disposition n’est prise par les responsables de l’usine pour limiter cette ‘’ intoxication ‘’ ou dédommager les populations ».
Abdoulaye Camara, étudiant et habitant du quartier, lui, a voulu crier son ras le bol à visage découvert : « Notre problème ici c’est la poussière que dégage chaque jour cette usine. Vers 19 heures, si vous voyez la poussière ici, vous avez l’impression de voir des nuages par dessus votre tête. Depuis 10 ans, je suis là, et c’est le même problème. Nous mangeons et buvons dans ça, et tout le monde est exposé à des maladies suite à cette pollution. Beaucoup de gens meurent ici, c’est suite à cette pollution. Et les responsables de l’usine ne font rien pour limiter l’intoxication ».
Il ajoute : « Nous les habitants d’ici, ne bénéficions en rien de l’installation de cette usine dans ce quartier. Nous n’avons pas d’eau et la jeunesse croupit dans le chômage. Les responsables de l’usine préfèrent aller prendre leurs parents dans les villages pour les embaucher, et nous laisser. Nous sommes vraiment des laissé-pour-compte. Si l’autorité ne prend pas de dispositions ça risque d’être plus grave encore ».
Même cri de cœur pour cet ingénieur du Génie rural qui habite dans ce quartier depuis 2 ans avec sa famille : « Au cours de ses 2 années, la cohabitation avec l’usine nous a crée assez de désagréments. Parce que nous sommes obligés de dépoussiérer le salon et les chambres, 2 fois par jour. L’épaisseur de la couche est telle que, ça provoque même des croûtes au niveau des terrasses. Pour ceux qui ont des meubles de valeur, ils sont obligés de les couvrir avec des bâches. Surtout en janvier et février, au moment de l’humidité. Comme vous savez, l’humidité n’absorbant pas la poussière, nous sommes donc beaucoup plus exposés pendant cette période. Les gens tombent régulièrement malades ici à cause de cette poussière. Mon concessionnaire même est actuellement malade. Ceux qui ont construit ici sont obligés de rester, mais les locateurs généralement ne durent pas. Dès qu’ils constatent le problème, ils quittent le quartier », explique Alpha Mansaré.
M’Mahawa Soumah, ménagère ne cache pas son amertume face à cette pollution de Ciment de Guinée : « Nous souffrons beaucoup. Comme vous voyez, je prépare dans cette poussière. Nos aliments ne sont pas protégés, et nos enfants sont constamment malades. Quand tu fais la vaisselle, tu es obligé de couvrir les ustensiles. Nous sommes vraiment sidérés et ne savons comment éviter cette poussière ».
Siradiouma Bah, une de ses voisines abonde dans le même sens, en déclarant que la Cimenterie est un quartier ignoré par les autorités du pays qui ne feraient rien pour venir au secours des populations malgré le calvaire qu’elles vivent. « Même l’eau, nous n’avons pas. Nos enfants se querellent chaque jour au forage à cause de l’eau. L’usine ne nous apporte aucune assistance, alors qu’elle nous intoxique tous les jours. Nous sommes ici malgré nous », se plaint-elle.
En face de l’usine, des boutiques d’alimentation générale, bars café et restaurants de tous genres foisonnent. Les propriétaires et les clients n’ayant aucune alternative, ils sont obligés de respirer cette poussière de ciment que l’usine dégage nuit et jour.
Il serait donc primordial que les autorités compétentes prennent des dispositions, à défaut de délocaliser l’usine, pour limiter la pollution et aider les populations environnantes à ce qu’elles ne soient pas décimées par les détritus du ciment. Nous y reviendrons.
Samory Keita L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com
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