mardi 27 janvier 2009
Qu’est-ce qui attire des capitaux ?
Bali De Yeimbérein

L’argent a horreur de l’insécurité, l’instabilité et l’iniquité.

Sur un site guinéen, un compatriote du nom de  M. Boubacar Caba BAH, d’Orangeville -CANADA- a, le 21 Janvier dernier, mis un article qui rejoint mes observations. Le très pertinent article qu’il a écrit se complète à merveille, du présent contenu, et devrait devenir sujet de méditation à tous ceux qui, et ils sont nombreux en Guinée et à l’étranger, sont donc réellement animés de la volonté de créer les conditions, toutes les conditions, qui se prêtent à la meilleure incitation à l’investissement, encourager des Etrangers à s’intéresser à notre pays, mais surtout qu’ils fassent de nos ambassadeurs, nos meilleurs publicistes au monde pour  «mieux vendre la Guinée»…sans la brader.

En matière de placements, on compte plusieurs types d’investissements de son capital, ses économies ou ses avoirs…Dans le domaine financier, nous citerons par exemple :

-         Les Fonds Communs de Placements (F. C. P.)

-         Les SICAV (Sociétés d’Investissements à Capital Variable)

-         Les Intéressements (En Entreprises)

-         L. E. P. (Livrets d’Epargne Populaires)

-         Assurance-vie…

-         Placements Bancaires divers

Ce sont, traditionnellement, de petits épargnants soucieux d’assurer leurs vieux jours d’une façon ou d’une autre ou quelques rares gros porteurs prêts, à leurs risques et périls il est vrai, à jouer…

Loin de cette sphère, on trouve le type d’envoi de capitaux vers des destinations où l’expéditeur achemine d’importantes sommes d’argent avec l’espoir de gains autrement plus substantiels. On compte au nombre de ces mouvements de capitaux les fameux I. D. E. ou Investissements Directs Etrangers.

Que ces derniers recouvrent un caractère public ou privé, ils sont généralement les bienvenus dans les pays en voie de développement et, dans une moindre mesure, les Emergeants. Mais encore faut-il s’assurer des conditions dans lesquelles ces mannes financières extrêmement importantes sont  «encouragées» à circuler puis, dans un second temps, à aller vers un pays plutôt qu’un autre. C’est là tout l’intérêt des observations et suggestions qui suivent.

Nous avons été sensibles à son APPEL (Dadis) et la mobilisation de tous à la Refondation de la Guinée dans la perspective des futures élections…

En attendant ces lointaines échéances dont les issues nous sont, pour le moment, insondables, attelons-nous à AIDER  «Dadis»  dans son harassant et terrible combat pour la renaissance d’une Guinée telle que la plupart d’entre nous la rêvons: une Guinée stable, équitable et vraiment tournée vers une croissance profitable à tous ses citoyens.

Mais plongeons d’abord dans un passé très récent pour rappeler de douloureux souvenirs liés à de véritables sabotages et des actes qui ont ruiné tout espoir, notamment pour les jeunes, de trouver un emploi stable et durable. Parmi les milliers de témoignages, citons-en deux qui sont emblématiques des déconvenues qui ont jalonné l’histoire économique récente de la Guinée.

1- Un Guinéen ardemment désireux de créer une entreprise génératrice de plusieurs dizaines d’emplois déploie des trésors d’imagination, des frais (au point de tout perdre pour certains parfois) des efforts en temps et en investissements humains pour faire adhérer un potentiel investisseur à son projet. Des mois, voire des années s’écoulent parfois entre l’idée originale que l’on a eue et le premier voyage sur le terrain en vue éventuellement d’un acte constitutif. Pour le cas authentique N°1, au retour de ce premier voyage donc surviennent les événements des 2 et 3 Février 1996. Quelques jours à peine après ces alarmants faits, les investisseurs se sont retrouvés dans la rubrique  «Abonnés absents»…Ils venaient purement et simplement de renoncer à aller «mettre leurs billes en Guinée». Une défection que n’importe qui peut aisément comprendre…

2- Tous les Guinéens ont encore en mémoire les véritables feuilletons qu’étaient devenues les affaires de la SEEG et ENELGUI (EDG aujourd’hui) quant à leurs privatisations puis nationalisations, puis reprivatisations, puis…sur fond de spoliations, crimes économiques (détournements, prévarications) et parties lésées…

Aussi pour argumenter les suggestions qui vont suivre devons-nous nous poser les questions suivantes :

-         Pourquoi mettons par exemple, M. Bill Machin, milliardaire désireux d’investir 26 milliards de ses dollars ou euros, serait-il plus susceptible d’être séduit par, mettons ici aussi, le Botswana, la Suisse plutôt que…la Somalie, la République démocratique du Congo ou l’Afghanistan?

-         Quelles motivations peuvent pousser Monsieur X à écouter les argumentations d’un partenaire guinéen militant en faveur de l’implantation de son usine d’emboutissage d’ailes de carrosseries de berlines moyennes de gamme ici plutôt que dans un autre pays? 

-         Quelles garanties sont données à Mme Y quand elle décide de venir participer, aux côtés d’autres actionnaires, à la constitution d’une grosse entreprise en Guinée (2.000 emplois directs crées par exemple…), sachant qu’elle aura mis une part de mettons 30.000.000,00€ dans l’affaire.

-         Quelles motivations pourraient avoir des milliers de touristes à payer un billet d’avion, se fendre d’un visa, payer des frais annexes (frais de vaccinations, transports en commun, achats de babioles, objets d’arts, consommations sur place de toutes sortes de choses), déplacements à l’intérieur du pays avec tout ce que cela sous tend de rentrées de devises pour la Guinée, si c’est pour venir y risquer sa vie, risquer de se faire dépouiller, voire pire…mourir de fièvre typhoïde, de sida (C’est un des nombreux freins - avancés à tort ou à raison - de bien d’étrangers à se risquer désormais en Afrique même s’ils ne nous l’avouent pas) ?

-         Quel va être l’attitude d’un citoyen mettons hollandais par exemple qu’un compatriote aura sévèrement averti et mis en garde contre des galères, des affres et tourments vécus lors d’une tentative d’implantation d’une Société en Guinée? Nous connaissons tous les effets du  «bouche-à-oreille»…

-         Etc…Les exemples peuvent être déclinés à l’envie de cauchemars ayant parfois entraîné des drames humains (divorces) dans le meilleurs des cas…

La seule et unique réponse à ces innombrables interrogations, à cette litanie de questions, a pour nom : ETAT DE DROIT.

Au lendemain du 3 Avril 1984, alors fonctionnaire (garantie d’emploi) chez Thomson, mon premier réflexe a été de presque tirer de force par la manche de sa veste Gilbert Trigano lui-même («Le Club Méditerranée») afin qu’il vienne créer un de ses maillons en Guinée. La fin de non recevoir que j’essuyais à l’époque se passe de commentaire (la perspective de centaines d’emplois créés envolée, partie en fumée !). Ce n’est toutefois pas ce genre de frein qui va me décourager. Au contraire…!

De nombreuses personnes, en Guinée, ont eu connaissance de mes déboires, dès 1991, dans le cadre de la constitution d’une Société d’exploitation de la Loterie (et là aussi avec ses centaines d’emplois à la clé depuis…et des milliers par induction ? Qu’en serait-il aujourd’hui, dix huit ans après, pour d’éventuelles retombées, du pouvoir d’achat des nombreux employés qui auraient donc travaillé là depuis cette date ?... Les perspectives d’avenir de femmes et d’hommes qui auraient certainement amélioré leurs situations respectives depuis… sans compter les nombreuses réalisations au premier rang desquelles je pensais à :

-         faire construire le pont de la Fatala en direction de Boké

-         octroyer un scanner à des Hôpitaux

-         ériger des vrais petits barrages…

-         construire plusieurs stades omnisports

-         des dizaines de Dispensaires…)

Bref, invariablement, on n’entend qu’une et même question de la bouche des interlocuteurs que j’ai désespérément tenté d’orienter, depuis 1984, vers ce que furent jadis les beaux rivages de Conakry et les douces provinces de la Guinée :

-         C’est où déjà la Guinée ?

-         Ah! C’est la Nouvelle Guinée Papouasie ?

-         Ah! C’est cette ancienne colonie portugaise ?

-         C’est où sur la carte ?

-         On n’y tue pas les gens ? Ce ne serait pas une dictature ? Tu es sûr que notre séjour y sera des meilleurs ?

-         C’est bizarre, je n’ai jamais entendu parler de Circuit touristique là-bas…?

-         Quel est votre REGIME ? Tu es sûr que c’est stable ?

-         Et la terrible observation qui suit immanquablement :

         Si tu permets, je vais me renseigner

(Frissons dans ma colonne vertébrale mais l’assurance que j’ai joué la transparence en ne leur disant que la stricte vérité sur mon pays. De toutes les façons, tôt ou tard, ils finiront par découvrir par eux-mêmes, les réalités guinéennes. Et ce comportement m’a toujours valu, à ce jour, le respect et la confiance de tous les partenaires auxquels j’ai eu à faire…).

La Stabilité appelle la quiétude. Cette dernière appelle l’assurance qui elle-même provoque l’afflux de capitaux. Ces derniers sont la source de nombreux actes qui, une fois posés, suscitent, de manière quasi naturelle, l’amoncellement, autour de cette épine dorsale tout ce qui fait l’attrait, par exemple, d’un pays comme l’Ile Maurice ou, mieux encore, le champion des pays les plus attractifs du continent africain, au point qu’on n’en entend quasiment jamais parler : j’ai nommé LES SEYCHELLES.

Classé 9e d’Afrique au général, mais 1er avec 8.290$ de P. I. B. pour 2006 (370 pour la Guinée), premier de la classe sur le plan social, 11e en politique, mais seulement 27e sur le plan économique, parmi les tout premiers en terme d’inflation avec un flatteur 0,7%, 47e  sur 177 à l’IDH (Indice du Développement Humain) contre 160e rang pour notre pays cette même année 2006, une superficie de 450km2 et 81.000 habitants, le tout sans pétrole, sans gaz naturel, sans diamants, sans uranium, sans aucune superficie arable à faire pâlir d’envie des greniers comme le Canada ou l’Argentine, sans autre chose que la pêche et le tourisme

Or la Guinée dispose d’atouts et d’attraits cent fois, mille fois plus significatifs que ceux des Seychelles. La république de Guinée présente une Carte d’Identité, un Passeport, une Carte de Séjour d’un attrait sans commune mesure par rapport à bien des Nations, bien d’Etats à travers le monde. En allant jusqu’à la dérision, des centaines de pays donneraient leurs populations, Présidents et Gouvernements pour disposer des mêmes potentialités que la Guinée…

Il n’y a donc pas de secret: les conditions sine qua non de l’avènement d’une Guinée qui compte sur la scène internationale, ce sont avant tout et d’abord :

- LA STABILITE

- LE  DROIT

- LA  SECURITE.

En usant de dérision, on peut sans risques de se tromper écrire qu’en matière d’investissements étrangers, qu’ils soient privées ou publics, c’est exactement comme avec une jolie femme: point n’est besoin de l’appeler. Sa notoriété la précède. Qui, au monde, n’entend pas parler de Dubaï et Abou Dhabi ?

La stabilité et le risque ZERO de spoliation qui caractérisent un pays se répandent comme une traînée de poudre et sont la meilleure campagne de PUB pour ledit pays !

On ne parle à aucun Investisseur étranger des Seychelles en matière d’investissements. Sa réputation de pays stable, sûr et accueillant suffit à son attrait. De surcroît, il y a, pour le continent, un document incontournable pour toute personne morale ou physique éprise d’entreprendre en Afrique: le fameux  «Risque-Pays» qui classe les 53 en allant d’une couleur très VERTE (le meilleur et souvent le Botswana ou…Les Seychelles) à un ROUGE rappelant furieusement…le sang  (actuellement la Somalie)…

De nombreuses mesures d’accompagnement doivent venir se greffer autour des importants efforts principaux. En matière par exemple de salubrité, de voies de communications, dessertes en eau, électricité et surtout offrir à ces  «invités de marque» -véritables poules aux œufs d’or- de pouvoir joindre aisément et dans les meilleures conditions de confort possibles n’importe quel endroit de la Terre.

Pour avoir pris le pouls du MALI voisin,  «Dadis»  doit sûrement longuement méditer les secrets du décollage de ce dernier. Et pourtant 1991 n’est pas si loin de nos mémoires collectives que ça…La volonté, le travail, la Bonne Gouvernance mais surtout les HOMMES ne sont sûrement pas étrangers à ce succès. Pourtant, sans moquerie aucune, le Mali n’a rien de plus ou mieux que la Guinée. Et même…

Indépendamment donc d’aventuriers prêts à perdre gros tout en sachant qu’en cas de culbute, c’est le jackpot (sans pitié, sans scrupules, encore moins de sentiments de compassion pour le pays investi au propre comme au figuré), ceux qui acceptent de déverser des milliards dans des eaux troubles se comptent sur les doigts d’une main de lépreux…Et on les rencontre d’ailleurs souvent dans les pays en guerre…

Nous ne tiendrons naturellement pas compte ici des  «Paradis fiscaux» qui demeurent des miroirs aux alouettes et des pièges à gogos pour les pays qui les abritent. En effet en réalité, dans la majorité des cas ces sanctuaires, lorsqu’ils sont disséqués à la lumière d’un bon fisc ou mis dans une assiette fiscale correcte, constituent, in fine, des gouffres de manque-à-gagner inestimable pour le territoire ou pays qui les accueille. On l’a d’ailleurs vu récemment, seuls quelques milliardaires désireux de planquer leurs fortunes ou empressés de les soustraire à la vue des Impôts de quelques Etats frayent avec lesdits paradis…

Quitte donc à mettre un policier, un gendarme ou un soldat derrière chaque personne qui vit en Guinée - autochtone ou étranger - afin d’en assurer la protection, c’est en montrant par les actes qu’un pays est sûr, que le droit y est scrupuleusement respecté et qu’il est, par l’environnement ad hoc, l’un des plus accueillants du globe qu’on déroule le tapis rouge devant de potentiels investisseurs, des touristes ou de simples ressortissants étrangers venus chez nous.

On comprend alors aisément le secret des records que l’on entend par-ci (Pyramides d’Egypte par exemple) ou par là (fréquentations historiques de plages paradisiaques des Seychelles)…ou encore la pôle position de la France en matière ne serait-ce que de Tourisme…

Puissent nos autorités ou quiconque d’autre prendre connaissance du présent contenu et tenir compte de ces préalables à toute volonté de développement !

Bonnes lecture et méditation !                                                   

Bali De Yeimbérein, écrivain
pour www.guineeactu.com

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Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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