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Le président de l’Union des forces républicaines (UFR) Sydia Touré, a fait porter le chapeau de l’annulation de son meeting qui était prévu récemment sur l’héliport de Belle-Vue au parti au pouvoir. L’opposant a tancé vertement le Pup qui, à en croire son propos serait aux abois.
Entre le parti de l’Unité et du Progrès (PUP) et l’Union des Forces Républicaines (UFR) de Sydia Touré, la guerre est dorénavant ouverte. C’est le moins qu’on puisse écrire, après les graves accusations portées contre le parti au pouvoir par l’opposant le 29 novembre dernier, après que des éléments des forces de l’ordre aient dispersé une manifestation de l’UFR sur l’héliport de bellevue. Cet événement qui s’inscrivait dans le cadre de la sensibilisation des militants du parti sur le bien-fondé des opérations d’enrôlement des électeurs, a été interdit sans qu’une explication officielle ne vienne en fournir les raisons. Les organisateurs de la manifestation disposaient du feu vert du PA (poste armé, NDLR), chargé de la sécurité de la case résidentielle de belle vue, dont relève l’héliport. Mais cela n’a pas empêché la police d’investir les lieux pour s’opposer à la tenue du meeting. Une pratique qu’on croyait pourtant révolue. Même si on a souvent coutume de dire que les vieilles habitudes ont la vie dure chez nous. Chose qui se confirme avec cette descente policière qui rappelle que le pouvoir est encore animé par de vieux réflexes sécuritaires, qui voient en tout regroupement une menace pour la ‘’paix et la stabilité du pays.’’ Après cette parenthèse, venons en maintenant aux rapports tendus que le PUP et l’UFR ont quasiment entretenus depuis que Sydia Touré a été investi à la tête de cette formation politique, créée par Bakary Goyo Zoumanigui, ancien conseiller à la Primature. Et qui ne disposait que d’une faible audience au près des populations, avant que l’ancien Premier ministre n’en devienne le président. Cela est un peu à l’image du Rassemblement des Républicains de Djény Kobina, en Côte d’Ivoire. Une petite formation politique qui est devenue aujourd’hui le principal parti d’opposition, sous l’escarcelle d’Alhassane Dramane Ouattara. Sydia Touré s’est sans doute inspiré de son mentor, que fut ADO, dont il fut le chef de cabinet lorsque feu Houphouët Boigny avait confié le redressement de son pays à cet ancien expert du Fonds monétaire. En prenant les rênes de l’UFR, Sydia Touré qui avait des accointances parmi les cadres du PUP, devenait ipso facto un rival. Surtout que l’ancien Premier ministre est originaire de la Basse côte, sensée être la chasse gardée du parti au pouvoir. Le PUP a senti la menace venir lorsque certains militants et non des moindres, ont claqué la porte pour rejoindre l’UFR. Sydia Touré et son staff avaient aussi à l’esprit de reconquérir les autres fiefs du PUP, en plus du littoral. C’est le cas notamment de la Guinée forestière où le parti au pouvoir avait jusqu’à une date récente, pignon sur rue. Ce sont les convulsions de janvier et février 2007, qui ont mis le PUP dans une mauvaise posture dans cette région. Sans avoir pu s’en rendre maître des lieux, le parti de Sydia Touré ne demeure pas absent dans des villes comme N’Zérékoré, Macenta et Kissidougou. Quitte à se disputer le leadership avec une autre formation politique de l’opposition le Rassemblement du Peuple de Guinée (RPG). Cette recomposition du paysage politique guinéen, a été rendue possible grâce au soulèvement des populations contre le pouvoir en janvier 2007. Le PUP qui est sorti meurtri de ces événements est entrain de reprendre la main. Et dans la course pour les législatives qui est lancé, ce parti qui a toujours accumulé les meilleurs scores, lors des scrutins qui se sont déroulés dans notre pays depuis l’avènement du multipartisme en 1993, entend vendre cher sa peau. C’est ainsi que le parti au pouvoir aurait commencé à militer en faveur de la nomination de préfets et sous préfets acquis à sa cause, en vue de pouvoir manipuler les résultats en cas d’élection. Ces accusations qui émanent de certains milieux de l’opposition jettent un froid dans le dos des vrais démocrates. Qui assimilent cette démarche à un crime contre le peuple de Guinée. Dans cette guerre de repositionnement, le PUP aurait l’UFR dans sa ligne de mire. Il s’agirait d’empêcher coûte que coûte ce parti de mener à bien ses activités, quitte à porter une entorse au processus démocratique. C’est en tout cas ce que l’UFR serait entrain de crier sur tous les toits. L’annulation de la rencontre de belle vue le 29 novembre dernier, n’a fait que renforcer leur conviction concernant ces accusations. « Je ne suis pas surpris, mais en même temps je suis scandalisé par cette attitude », avait lancé à la presse Sydia Touré. Avant d’enfoncer le clou en disant que « c’est le parti au pouvoir qui est entrain de s’éteindre et qu’on appelle le PUP. Et qui ne veut absolument pas mourir de sa belle mort. » En attendant la réaction de Sékou Konaté et autres, après ces propos du président de l’UFR, il y a lieu de reconnaître que les deux camps se regardent désormais en chiens de faïence.
Dian Baldé Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com
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