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Le 5 juin dernier, la Guinée, à l’instar des autres pays de la planète, a célébré la Journée mondiale de l’Environnement. Le thème retenu cette année était « Notre planète a besoin de nous ». Une célébration qui aura été mise à profit par bon nombre d’observateurs pour se pencher sérieusement sur la délicate question relative à la protection de l’environnement dans notre pays.
Selon le Petit Larousse, l’environnement est l’ensemble des éléments naturels et artificiels qui entourent un individu humain, animal ou végétal ou une espèce. Il se définit aussi comme étant l’ensemble des éléments objectifs ou subjectifs qui constituent le cadre de vie d’un individu. Depuis quelques années, l’on assiste, impuissant ou complice, à la dégradation de cet environnement en Guinée. Les arbres se coupent à longue de journée le long des cours d’eau, dans la savane et dans la région forestière. Ce qui entraîne automatiquement l’assèchement des cours d’eau, avec tous les risques que cela comporte. Dans les zones minières, la situation se passe de tout commentaire. L’exploitation des ressources minières du pays se fait jusqu’ici de façon scandaleuse, au double plan financier et environnemental. Les sociétés et compagnies qui évoluent dans ce secteur semblent avoir fait de la protection de l’environnement le cadet de leurs soucis. Les produits chimiques sont déversés pêle-mêle, mettant ainsi en danger la vie des habitants des localités environnantes. Dans la plupart des villages à vocation agropastorale, la pratique de l’agriculture intensive, les feux de brousse et la coupe abusive du bois ont contribué ces dernières années à dégrader considérablement l’environnement. Comme conséquence fâcheuse, l’on constate désormais, avec beaucoup d’inquiétude, l’avancée spectaculaire du désert, le changement climatique et la rareté des pluies. Pour certains, la Guinée fait bel et bien partie de la bande sahélo-saharienne. Dans une interview publiée dans l’Indépendant n°833 du jeudi 4 juin, le colonel Bouréma Condé, Gouverneur de la région administrative de N’Zérékoré a tenu à attirer l’attention sur cette situation. « Dans un avenir proche, on ne parlera plus de région forestière mais d’une nouvelle région de savane », a-t-il prévenu. Comme on le voit donc, la protection de l’environnement devrait être une priorité pour les autorités du pays. Les sociétés et compagnies minières devraient être amenées à placer au centre de leurs différentes activités un plan efficace de protection de l’environnement. Quant aux Expatriés et autres Nationaux qui ont délibérément fait de la coupe du bois une ‘’profession légale’’, ils devraient être dissuadés ou poursuivis au besoin par les autorités compétentes. En lieu et place des discours creux et alambiqués, des actes concrets devraient être posés dans le cadre de la protection de l’environnement. Il y va de l’intérêt de la communauté. Des campagnes de sensibilisation se révéleraient également salutaires auprès des populations des zones rurales où les feux de brousse sont monnaie courante. En dégradant son environnement, l’homme risque infailliblement d’en faire les frais dans un avenir plus ou moins proche.
Mamy Dioubat Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com
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