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Depuis l’avènement du CNDD au pouvoir, l’on assiste à une véritable prolifération des partis politiques dans le pays. Ce qui constitue une aubaine pour les incorrigibles partisans du clientélisme politique et les opportunistes de tout poil que compte le pays. Les Guinéens se demandent de plus en plus avec quel leader se tourner pour mener le combat politique.
A la mort du Général-Président Lansana Conté, l’on comptait en Guinée une cinquantaine de partis politiques légalement constitués. Même si, de 1993 à 2005, seuls quelque six partis ont eu, à la faveur des élections présidentielles législatives, communales ou communautaires, à donner la preuve de leur existence et de leur implantation dans les différentes circonscriptions électorales du pays. Aujourd’hui, avec l’avènement du CNDD (Conseil national pour la démocratie et le développement) au pouvoir et dans la perspective des élections législatives et présidentielle censées marquer le retour effectif à un ordre constitutionnel, force est de constater que ce nombre est largement dépassé. De nouveaux partis continuent de se créer dans des conditions que d’aucuns qualifient d’anarchiques. Certains observateurs vont d’ailleurs jusqu’à dire que la scène politique est en passe d’être littéralement saturée, pour ne pas dire qu’elle est devenue une sorte de fourre-tout. On y trouve pêle-mêle des leaders classés dans la catégorie des opposants historiques au régime du Général Lansana Conté, des hommes d’affaires dont l’origine de la fortune donne lieu à toutes sortes d’interprétations, d’anciens Premiers ministres pour qui la Primature est certainement un poste qui devrait toujours donner à son locataire des ambitions présidentielles, des personnalités de la diaspora qui pensent peut-être que l’heure est venue pour elles de prendre une part plus importante dans la gestion politique du pays. Mais encore faudrait-il que les uns et les autres descendent sur le terrain pour consolider ou asseoir leurs bases. Ce qui constitue, de l’avis de tous les observateurs politiques attentifs, une aubaine, du pain bénit pour les bandes d’opportunistes et tous ceux qui font du clientélisme politique une sorte de bouée de sauvetage dans l’océan de pauvreté et de désespoir qu’est devenue la vie du Guinéen moyen. Il n’est plus rare de voir par exemple des individus, sans aucune forme de gêne, se réclamer de deux ou de trois partis politiques à la fois. Il y en a aujourd’hui qui n’hésitent plus à changer de partis, comme l’on fait avec ses vêtements. Un jour, c’est X qui est présenté comme le leader politique qu’il faut à la Guinée pour amorcer son décollage économique. Un autre jour, l’on déclare avoir décelé en Y toutes les qualités d’un Homme d’Etat. Mais pour peu que Z se montre généreux, il aura lui aussi toutes les chances de gagner momentanément le cœur de ces ‘’clients’’ politiques sans véritable conviction et dont la principale préoccupation est de se remplir les poches en profitant perfidement de la naïveté politique des leaders qui ont choisi de briguer la magistrature suprême du pays.
Mamy Dioubaté Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com
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