jeudi 20 décembre 2007
Projet de loi sur les quotas électoraux féminins
Adama Rabi Youla

Stratégie gagnante pour la promotion
et la participation effectives de la femme Guinéenne en politique

Pour faire suite a mon posting sur le quota en matière de stratégie pour augmenter la participation des femmes, je viens par ce second posting suite à la lecture de nombreux articles  sur le sujet, pour continuer à promouvoir notre participation en tant que femme si nous voulons le vrai changement en Guinée. Nombreux parmi mes lecteurs et lectrices en Guinée comme a l’étranger m’ont demandé et encourager à élaborer une stratégie sur ce sujet édifiant de notre société.

Cette fois ci, je vais solliciter, la contribution du réseau des femmes africaines, ministres et parlementaires de Guinée, (REFAMPG). Organe qui regroupe toutes les anciennes et nouvelles ministres Guinéennes, les femmes cadres et personnalités féminines vivant à l’intérieur comme a l’extérieur du pays comme membres associées. j’ai répondu favorablement à l’offre d’une amie membre associée de ce réseau pour apporter ma modeste contribution à tout projet qui concerne l’émancipation, la reconnaissance, le changement de mentalités féodales, l’éradication des idées fondamentalistes et rétrogrades concernant les femmes. Et Tout le plaisir sera pour moi d’apporter ma modeste contribution à cette œuvre colossale de restaurer toute la splendeur et toute la dignité de la femme Guinéenne afin d’améliorer la qualité de vie des Guinéennes et Guinéens.

Notre pays a l’instar des autres a besoin de telles organisations  crédibles qui peuvent se positionner et faire du lobbying sur le plan national et international en ce qui concerne la lutte pour la promotion de la femme en Guinée. Il faut souligner que cette organisation (REFAMPG) est une cellule faisant partie d’un grand réseau international présent dans presque tous les pays membres des nations Unies.

Exigeons la loi sur les quotas électoraux !

Le vrai changement  attendu ne sera possible
qu’en élisant une femme a la présidence en Guinée.

La représentation équitable des femmes au sein des instances locales et régionales ainsi que la prise en compte des intérêts et des réalités des femmes demeurent des préoccupations constantes pour le Réseau. Ainsi, en 2006 le Rwanda se situe au premier rang mondial au niveau du pourcentage de la représentativité des femmes au parlement (48,75%) alors qu’il n’était que de 17,14% 10 ans plus tôt. Le Mozambique, l’Afrique du Sud et le Burundi affichent respectivement des niveaux de représentativité de 34,8%, 32,8% et 30,5%.

De même, on note de nets progrès pour la Tanzanie avec une représentativité de près de 30% en 2006. Dans bien d’autres pays africains les femmes ont désormais acquis des sièges en politique.  Ainsi, les responsabilités des femmes s’exercent dans différents domaines : politique, économique (administration, enseignement, entreprenariat), social (plus particulièrement  au niveau de la famille).

Un premier bilan tiré de l’évaluation des progrès faits depuis la conférence de Pékin par les Nations Unies en 2000, montrait que les femmes continuent d’être sous représentées dans les parlements et les ministères. La cause principale en serait la division sexuelle des rôles hérités du passé qui empêche les femmes d’accéder à l’éducation et à la maîtrise de leur avenir. Malgré cela, les femmes africaines s’organisent et se font assister par des associations de femmes juristes. Lorsqu’elles ont des difficultés économiques, elles peuvent faire appel à d’autres formes de solidarité féminine comme les tontines. Lorsque, victimes de guerres, elles n’accèdent pas aux tables de négociation, elles font pression et arrivent parfois à se faire entendre. Si des progrès sont enregistrés à certains endroits, dans d’autres, les mouvements féminins sont trop divisés, sans idéologie commune, et visent souvent à servir des intérêts particuliers, ce qui peut constituer un frein à leur accès aux postes de prise de décision.

Comment les africaines pourraient-elles  prendre part
de manière plus efficace à la gestion
des affaires publiques si leur premier objectif est la survie?

Une importante question se pose : comment les africaines pourraient-elles  prendre part de manière plus efficace à la gestion des affaires publiques si leur premier objectif est la survie?  Chaque fois que les femmes ont pu se faire enntendre, c’est parce qu’elles étaient
indépendantes économiquement. La question des droits politiques des Africaines ne peut être séparée des autres droits et libertés permettant une amélioration de leurs conditions de vie en général. Les États africains perçoivent une corrélation possible entre l’échec du développement et l’exclusion des femmes. Les femmes doivent avoir la possibilité d’être présentes là où les décisions d’impact général sont prises. C’est ainsi que les dernières conférences mondiales sur les femmes ont permis l’essor fulgurant des femmes africaines dans le paysage politique africain.

La Guinée fait partie des pays où la représentation
des femmes en politique est inférieure aux attentes internationales.

A voir le nombre de femmes en politique a peine 20%, Cela donne l'impression que les femmes ne s'intéressent pas à la politique, or c'est la preuve que les hommes veulent toujours être les leaders. Et en Afrique, comme l’a déjà dit une consoeur Burkinabé, l'homme n'a pas encore compris qu'il peut être dirigé ou orienté par une femme sans que cela soit une dictature féminine ou du féminisme.

Les quotas destinés à augmenter la représentation des femmes peuvent être imposés par
voie législative ou librement adoptés. Des quotas légaux doivent être imposés par voie constitutionnelle ou législative, habituellement dans le cadre d’une loi électorale.  Tous les partis politiques doivent se soumettre aux quotas légaux et sont exposés à des sanctions s’ils ne s’y conforment pas.  De nombreux pays ont des quotas légaux qui fixent le pourcentage de la représentation des femmes à une élection.  Des sanctions juridiques fermes sont infligées si les dispositions de la loi ne sont pas respectées, notamment le rejet de listes électorales affichant un pourcentage de candidates inférieur au seuil prévu par la loi. D’où l’importance de développer la conscience sociale générale dans notre pays.

C’est pourquoi nous les femmes, devons exiger un dépôt de projet de loi sur les quotas avant les élections en espérant que, ce projet de loi sera déposé, étudié et adopté. Nous savons aussi que ce n'est pas parce que ce projet de loi sera déposé qu'il sera adopté car il y a un autre combat, un autre plaidoyer à mener auprès des députés qui votent les lois, auprès des populations qui d'office, sont d'accord avec ce projet. Nous voulons une certaine pression sans que cela ne soit comme une obligation pour les députés qui doivent comprendre que de toutes les manières, on ne peut pas parler aujourd'hui de développement, de démocratie, de bonne gouvernance sans cette moitié majoritaire : LES FEMMES.

D’où l’importance du réseau REFAMPG de s’approprier de ce projet et agir comme leader de changement par le canal de sa présidente ministre de la condition féminine.

Nous savons également qu’il faut combattre les résistances au changement au sein de toute les paliers politiques ; pour cela nous devons sensibiliser, négocier. Ce projet de loi, s'il est voté, va amener un changement radical sur tous les plans, économique, social et politique. La société va changer parce qu'on sera obligé de tenir compte des femmes et de leur avis. On s'attend donc à une opposition farouche des hommes qui ne vont pas se laisser faire car il y a une habitude sociale et culturelle qui est là. Ils ont l'habitude d'occuper des postes de responsabilité et nous savons qu'il est difficile d'accepter de considérer la femme égale à l'homme, même s'ils savent que sur le terrain politique, ce sont les femmes qui ont toujours mobilisé pour les faire élire.

les faiblesses internes comme l’analphabétisme, le taux de scolarisation, la formation politique  des femmes demeurent un défi  sur le plan national qui consiste à relever le niveau sans en faire des Sorbonnardes ou des sortantes des grandes écoles internationales (Sciences Po, Polytechnique, HEC, ENA…). Il faut également organiser en amont des activités pour essayer de relever le niveau de scolarisation, d'alphabétisation des femmes afin qu'à un moment donné, elles comprennent le sens du combat. Par ailleurs, à l'Assemblée nationale, les hommes députés ne sont pas tous des universitaires ou des intellectuels, il y a des gens de métiers aussi comme des hommes d’affaires.

Comment vaincre les préjugés sociaux et culturels contre la femme?

Les préjugés existent, par exemple, la femme en politique n'est pas de bonne moralité. C'est normal, c'est comme la femme d'affaires, la femme ministre qui sont considérées comme «poussées, pistonnées» par un homme. En fait, cela fait partie des coups bas en politique. Nous ne devons pas écouter cela, sinon les hommes auront atteint leur but. La politique, c'est un peu comme la jungle où il faut se battre pour survivre. C’est pourquoi nous devons  Réviser les pratiques socioculturelles qui empêchent la participation des femmes en politique.

Nous devons solliciter le support des medias
dans la  promotion des femmes

Le rôle des medias lors d'une campagne électorale est d'assurer que la population soit bien informée sur les candidats et sur les partis en compétition, de façon à ce que chacun puisse faire un choix personnel et éclairé. Le succès d'une campagne électorale dépend largement de l'accès aux médias des partis et des candidats. Dans la plupart des pays européens, un temps d'Antenne est alloué aux partis politiques et à leurs dirigeants, et, comme il y a très peu de femmes aux postes de commande politique, elles n'ont qu'un accès limité aux mass media durant les campagnes électorales. Les femmes disposent également de moins de fonds à investir dans la couverture médiatique de leur programme politique.

La dimension féminine devrait être ajoutée aux rapports de suivi médiatique en période électorale, une attention particulière devant être accordée à la couverture des candidates et aux questions relatives à la différence entre hommes et femmes. Souvent les candidates bénéficient d'une couverture médiatique moindre par rapport aux hommes, et les médias accordent plus d'attention à leurs caractéristiques personnelles et à leur apparence qu'à leur prise de position politique.

Il est particulièrement important d'attirer l'attention sur l'élimination par les médias de l'usage de stéréotypes pouvant entraver la progression des femmes dans le processus politique.

Les médias devraient présenter hommes et femmes de la même façon !

La couverture médiatique impartiale de la participation des femmes aux élections
nécessitera éventuellement que les journalistes soient formés à cet exercice. Des résultats particulièrement positifs ont été atteints en la matière par une association non gouvernementale de journalistes de Géorgie, «Gender Media Caucasus». Cette organisation a préparé, avec le soutien financier du Programme des Nations Unies pour le développement, un certain nombre de séminaires au cours desquels les journalistes travaillant sur les questions de différences entre hommes et femmes ont appris, en étroite collaboration avec des ONG à planifier et à mettre en œuvre des campagnes de média favorables aux femmes en période électorale.

Les mass media sont l'un des instruments disponibles pour former et mobiliser les électeurs, particulièrement dans les zones rurales, là où les femmes rencontrent le plus de difficultés
à toucher l'électorat. Des programmes spécifiques de formation au vote devraient, être élaborés à destination des femmes.

Les progrès en matière de représentation des femmes peuvent se réaliser par d’autres moyens que celui des quotas, lesquels n’aboutissent pas forcément à une meilleure représentation des femmes. Toutefois, s’ils sont appliqués correctement et encouragés par des organisations féminines motivées, les quotas électoraux constituent l’une des mesures les plus efficaces pour augmenter la représentation des femmes dans les institutions politiques. Il n’existe pas de concept international de quotas puisque chaque pays a une conception électorale différente.

Recommandations sur les conditions gagnantes

L'introduction de règles claires pour le recrutement des candidats au sein des partis politiques est une mesure favorable aux femmes, celles-ci pouvant alors mettre en œuvre des stratégies pour accroître leur représentation. Lorsque les partis politiques arguent du fait qu'ils n'ont pas dans leurs rangs suffisamment de femmes qualifiées, les organisations non gouvernementales ainsi que les groupements professionnels ou politiques de femmes peuvent intervenir pour identifier et promouvoir celles qui souhaiteraient se porter candidates. Les femmes devraient également s'organiser à l'intérieur même des partis politiques afin de faire pression pour défendre leurs intérêts et améliorer leur représentation.

La loi sur  les quotas électoraux permet l’application effective et encourageante par les partis politiques  de promouvoir la participation et la représentation des femmes.

L'assemblée nationale devrait inviter le gouvernement à modifier toute législation pouvant encore entraver l'accès des femmes à une participation équitable aux élections et à prendre des mesures de sensibilisation pour susciter des changements durables dans les mentalités et les traditions et permettre d'assurer la pleine participation des femmes aux élections, à tous les niveaux et à tous les égards. Ce qui revient à dire que les changements en vue de la révision de la constitution s’imposent pour corriger certains textes à la base d’iniquité envers les femmes et les jeunes.

Les medias devraient faire leur part lors des élections prochaines en mettant l’accent sur la participation des femmes à la députation et leur accorder une attention toute particulière surtout  celles qui vont se démarquer dans la course  électorale.

Le REFAMPG qui se préoccupe principalement de la condition des femmes à agir à titre de leader internationalement reconnu auprès du gouvernement et l’assemblée pour déposer un projet de loi claire sur les quotas électoraux des femmes en Guinée.

Les législatives approchent à grands pas, et la participation de la femme et des jeunes est au coeur du débat, elle est jugée cruciale. C'est un enjeu démocratique et sans une participation réelle des femmes, la démocratie est inconcevable. Et c'est pour ces raisons que des associations oeuvrent pour la promotion de la participation des femmes à la gestion des affaires publiques.

Pour conclure, nous souhaitons enfin que ce moment de réflexion nous entraîne plus loin qu’auparavant
dans la recherche des « conditions gagnantes » pour que des femmes, de plus en plus nombreuses,
soient présentes dans l’enceinte de l’Assemblée nationale.

Dre Adama-Rabi Youla  MD, Msc

Nabibakoro@yahoo.fr

 

 

 

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Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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