lundi 11 janvier 2010
Programme « Eau et Electricité pour Tous » : Quelques acquis, mais beaucoup d’efforts à fournir
Siège d'EDG

Il y a près d’un an, le CNDD et le gouvernement lançaient officiellement le programme « Eau et Electricité pour Tous », dans le but d’améliorer la desserte en eau potable et en électricité à travers Conakry en particulier. Pour y parvenir, des fonds ont été débloqués par le gouvernement et ses partenaires financiers. Au total, un montant de 44 milliards de francs guinéens et 24,900 millions d’euros avaient pu être mobilisés en un temps record.

Dans une logique dite de transparente, un Comité de pilotage et de gestion a été créé et présidé par le ministre d’Etat, chargé de l’Aménagement du territoire, de la Construction, du Patrimoine bâti public. Depuis lors, des efforts sont en train d’être faits, même si la population, elle, se plaint toujours de la qualité des résultats obtenus par le Comité de pilotage. A l’heure actuelle, l’on se demande le niveau d’évolution des travaux entamés ça et là dans la capitale. Pour le volet eau potable, il semble que certains progrès ont été enregistrés sur le terrain. C’est du moins ce que nous a confié un haut cadre d’un département de la place, lors d’un entretien récent. De nos jours, avec l’implantation des forages dans différents quartiers de Conakry, la fourniture en eau et électricité aux populations s’est nettement améliorée, dit-il. L’on se rappelle qu’à la mi-décembre 2009, les membres du Comité de pilotage avaient fait une large communication sur les résultats jusque-là obtenus.

Ainsi, selon les estimations, avant l’initiation et le lancement du programme le déficit en eau était estimé à 88 000 m3 d’eau par jour, soit un pourcentage de 41% de la demande. Pour cela, seulement une quantité de 106.300 m3 étaient produite. Ce qui arrivait a peine à couvrir les besoins des demandeurs. Ces données concernant presque la production du SEG (Société d’Exploitation des Eaux de Guinée). C’est pourquoi le gouvernement en lançant le programme, avait mis l’accent sur l’importance des forages dans la fourniture d’eau potable à la population. De ce fait, avec le programme « Eau et électricité pour Tous », 173 forages sont de nos jours réalisés dont 147 sont en exploitation pour une prévision de 178 forages de proximité. Certains sites de production d’eau potable ont vu leurs capacités de production renforcées grâce à l’apport des forages. A Kobayah par exemple, l’apport est de 3000 m3 par jour alors qu’a Kakoulima, il est de 15.000 m3. Quant à la station de Yessoulou 3 en service depuis juin 2009, la quantité produite est de 37.000 m3, qui alimente plus de neuf cent mille individus par jour. Toutefois, si la mise en place des forages semble être une alternative de solution, il est incontestable que la SEG se doit aussi de s’impliquer davantage dans la fourniture en eau potable de la population. En ce qui concerne le volet électricité, certes des améliorations sont à l’actif du Comité de pilotage du vaste et ambitieux programme destiné à satisfaire les pauvres populations, qui n’ont toujours pas vu le bout du tunnel. Mais aussi, des efforts énormes restent à faire sur tous les plans, pour qui connaît en ce moment précis les besoins de nos villes en desserte en électricité. D’un constat général, les quartiers de Conakry et les villes de l’intérieur du pays reçoivent le courant avec un rythme qui n’obéit à aucune mesure nette et précise. Comme si la fourniture devrait se faire de façon tout à fait aléatoire à Conakry. Au temps du régime défunt, le déficit en électricité était estimé par les spécialistes à plus de 80 MW. Et ce, malgré les milliards de nos francs injectés dans le secteur de l’électricité, avec le dépannage des centrales thermiques de Tombo1 à Tombo 5, et ceux de l’intérieur du pays. Que dire du projet l’électrification rurale financé par des bailleurs pour donner de l’électricité aux populations rurales. Le constat là aussi a été simplement déplorable car les fonds auraient pris car le projet est actuellement à cause du manque de financement. D’après les prévisions faites par le Comité de pilotage du CNDD et du gouvernement, 50 transformateurs devraient être ajoutés à d’autres déjà existants. Plusieurs centrales hydroélectriques seront réhabilitées et la construction de centrales thermiques est aussi prévue pour cette nouvelle année 2010. Des séries de promesses que la population attend avec impatience, eu égard à leurs conditions de vie de plus en plus difficiles, accentuées par le manque de courant et d’eau potable dans les foyers.


Lansana CAMARA
L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com
 

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Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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