mardi 19 février 2008
Produits pétroliers : Une énième pénurie !

La  semaine dernière a été perturbée par une crise de carburant à Conakry. Une crise qui, à force de se répéter, donne l’impression que la Guinée est devenue un pays où l’on semble avoir un goût immodéré pour la navigation à vue. Les autorités du ministère du Commerce devraient logiquement éclairer la lanterne de la population qui, à vrai dire, n’a que trop souffert de cette situation regrettable.

Nul n’est sans savoir que les produits pétroliers occupent une place stratégique dans la vie économique d’un pays. Avec la flambée du prix du baril sur le marché international, les pays non producteurs de l’or noir se trouvent de plus en plus dans des situations particulièrement inconfortables. La Guinée fait partie de ceux-là. Depuis quelques mois, l’on constate des crises de carburant dans le pays. Le lundi dernier, des attroupements et des files de voitures ont été perceptibles dans la plupart des stations d’essence de la capitale. Le mardi, les automobilistes et autres propriétaires d’engins roulants ont eu du mal à trouver du carburant pour leur consommation journalière. Dans les différentes stations, on disait à qui voulait l’entendre, qu’il n’y avait plus une goutte d’essence dans les cuves. Les chauffeurs de taxis et de minibus ont aussitôt perdu le sourire à cause de cette énième crise de carburant. Nombreux sont ceux qui ont dû garer leurs véhicules. Dans la matinée du mardi 12 février, une pompiste s’est attiré les foudres des automobilistes à la station de Kissosso, dans la commune de Matoto.

Au lieu de servir les véhicules dans lesquels se trouvaient des travailleurs des secteurs public et privé, des élèves, des étudiants, des malades, cette employée a plutôt préféré « traiter » avec des revendeurs de carburant qui, on le sait, brillent généralement par leur cupidité et leur manque de civisme. En voyant la pompiste remplir des bidons de vingt litres en lieu et place de leurs réservoirs, nombreux sont les automobilistes qui sont immédiatement sortis de leurs gonds en tenant des propos plus ou moins désobligeants. « Les Guinéens ne sont pas encore prêts pour le véritable changement. Les gens aiment plutôt se bercer de beaux discours. Les uns et les autres devraient accepter de se remettre en question dans l’intérêt de la communauté. A cause de 500 ou de 100 francs guinéens, cette pompiste se permet de pénaliser tout ce beau monde composé de travailleurs, d’élèves et d’étudiants. », s’est insurgé un passager d’un taxi. « La Guinée devient de plus en plus un pays de laisser-aller, pour ne pas dire de merde. Chacun agit et parle comme bon lui semble. Cette femme ne mérite pas d’être employée dans un service public », s’est empressé d’ajouter son chauffeur. Mais au-delà de cette colère justifiée de ces respectables citoyens, il serait intéressant de se poser un certain nombre de questions sur ces crises de carburant à répétition. Le Gouvernement va-t-il continuer à vendre le carburant à un prix qui est loin de refléter la réalité du marché international ? Hésite-t-on encore à augmenter le prix des produits pétroliers pour éviter un mécontentement de la population ? Lors d’une conférence organisée à la fin de l’année 2007, le ministre de l’Economie et des Finances, Dr Ousmane Doré, avait clairement fait savoir que l’Etat ne pouvait pas subventionner indéfiniment les produits pétroliers. Ce qui veut dire clairement que l’augmentation du prix du carburant est inévitable. Selon certains oiseaux de malheur, le Gouvernement et les pétroliers se verront dans l’obligation de procéder à cette augmentation dans les jours ou les semaines à venir, pour le plus grand malheur des pauvres populations. A en croire le ministre du Commerce, la Guinée ne devrait pas connaître cette crise de carburant. Il a, au cours d’une intervention télévisée, pointé un doigt accusateur sur ceux qui ont pris la mauvaise habitude de réexporter produits pétroliers vers les pays voisins. Il a par ailleurs tenu à indiquer  que la crise est due en partie au retard accusé par le tanker dont l’arrivée était annoncée jeudi 14 février. En attendant, ce sont les spéculateurs qui se frottent les mains.

Mamy Dioubaté

L’indépendant, partenaire de www.guineeactu.com  

 

 

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Vos commentaires
MODYBHOYE, jeudi 21 février 2008
A MON AVIS CETTE POMPISTE NE DEVRAIT PAS ETRES HUEES PAR LES PASSAGERS DE CE BUS,LES RAISONS SONT SIMPLES ,POUR LEUR PROPRE SECURITE DANS AUCUN PAYS AU MONDE[SAUF EN GUINEE],UN TRANSPOTEUR ,QU,IL SOIT PUBLIC OU PRIVE NE COMMENCE SES SERVICES SANS CARBURANT ,POURQUOI NE PAS CHERCHEZ LE CARBURANT LA VEILLE AULIEUX DES ESXUSES [ELEVES,MALADES FONCTIONNAIRES ET J,EN PASSE LE GUINEEN DOIT SAVOIR CONNAITRE ,LE PREMIER VENU EST LE PREMIER A SERVIR AINSI VA LA VIE MODERNE

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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