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Au lendemain de la proclamation des résultats provisoires du premier tour de la présidentielle par son président Ben Sékou Sylla, la Commission électorale nationale indépendante (CENI) a fait l’objet de critiques acerbes de la part de la majorité des candidats. Ce qui fait dire à certains, non sans raison, qu’elle sera attendue de pied ferme au tournant du second tour.
Il faut rappeler que c’est en 2007, avec l’avènement du Gouvernement de consensus dirigé par Lansana Kouyaté, qu’une Commission électorale nationale indépendante (CENI) a été mise en place pour cogérer, avec le MATAP (Ministère de l’Administration du territoire et des Affaires politiques), toutes les élections pluralistes en République de Guinée. Sékou Ben Sylla de la société civile a été élu à la présidence de ladite Commission. Beaucoup ont pensé alors que cette CENI ferait dorénavant l’affaire des Guinéens dans l’organisation des consultations électorales fiables et transparentes. Malheureusement, au regard de ce qui s’est passé pendant le premier tour de la présidentielle 2010, nombreux sont les observateurs qui commencent à se montrer de plus en plus sceptiques par rapport à la crédibilité de cette structure dont les pouvoirs ont pourtant été élargis à la faveur de la transition politique enclenchée sous la conduite du CNDD (Conseil national pour la démocratie et le développement). Le 2 juillet, par la voix de son président Ben Sékou Sylla, la CENI a proclamé les résultats provisoires du premier tour de la présidentielle qui s’est tenu le 27 juin dernier. Des résultats qui ont été contestés par bon nombre de candidats, heureux ou malheureux. Selon eux, des irrégularités quasi-rédhibitoires, à mettre principalement au compte de la CENI, auraient été enregistrées aussi bien à Conakry que dans les circonscriptions électorales de l’intérieur. çà et là, on s’est plaint des bourrages d’urnes, des votes multiples, de la non signature des procès verbaux par tous les membres de bureau de vote, de la disparition des urnes après le vote ou de la rétention des cartes d’électeurs. A l’intérieur du pays, certains citoyens n’auraient pas pu s’acquitter de leur devoir civique à cause notamment de la trop longue distance qui séparait leur lieu d’habitation du bureau de vote. Le conseiller juridique de la CENI, Me Fodé Abass Bangoura, après avoir fait ce constat amer, a préféré tout simplement jeter l’éponge. Le Gouvernement et le CNT, pour leur part, ont jugé nécessaire d’initier une rencontre pour tirer les leçons du premier tour, dont les résultats définitifs ont été rendus publics le mardi 20 juillet par la Cour Suprême. Cellou Dalein Diallo de l’UFDG est arrivé en tête avec 43,69% des voix. Il est suivi par Alpha Condé du RPG qui a totalisé 18,25% des suffrages valablement exprimés. Le second tour mettra aux prises ces leaders aux parcours politiques différents. La CENI devrait donc accepter de s’amender pour éviter de s’attirer une nouvelle fois les foudres et les critiques des acteurs de la transition.
Mamy Dioubaté L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com
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