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Alhassane Onivogui, ministre du Contrôle économique et financier n’était pas parmi les cadres qui ont comparu ce lundi devant le tribunal lors du procès d’Ahmed Kanté. Contrairement aux vœux du procureur Yaya Kairaba qui avait la semaine dernière demandé à ce que certains cadres qui avaient eu une proximité avec le fonds minier viennent témoigner dans ce procès de détournement de deniers publics.
Aboubacar Kaba, directeur du fonds miniers, Elhadj Alimou Diallo, Secrétaire général du ministère des Mines, Mohamed Keita, chef de bureau, Hadja Saran Keita, Secrétaire du syndicat des travailleurs, tels sont les cadres qui ont répondu présents devant la Cour ce lundi, lors du procès de Dr Ahmed Kanté, ancien ministre des Mines accusé d’avoir détourné plus de 2 milliards de francs guinéens.
M Fodé Bangoura, président du tribunal a dès l’ouverture des travaux, demandé au Procureur si les personnes citées à comparaître étaient bien dans la salle.
Le procureur de la République a dans sa réponse apporté cette précision : « M. le président ces personnes convoquées sont au nombre de deux groupes. Il y a le premier qui est composé d’Aboubacar Kaba, Elhadj Alimou Diallo, Mohamed Keita et Hadja Saran Keita. Le deuxième groupe est composé lui d’Alhassane Onipogui, Ahmed Tidiane Souaré, Ousmane Sylla et Lounseny Nabé.
Donc le tribunal a accompli avec diligence à la convocation des personnes citées. »
Me Djibril Kouyaté de la partie civile, prend la parole à son tour pour lancer au procureur cette phrase au procureur : « Nous n’accepterons pas que la justice soit blessée. » Selon lui, le procureur est passé à coté de la plaque, puisque l’article 594 suivant le code de procédure pénal dispose que ‘’ les membres du gouvernement ne peuvent comparaître comme témoins qu’après les autorisations du conseil des Ministres, sur le rapport du ministre de la Justice et des Gardes des sceaux.» Et ‘’ cette autorisation est donnée par décret en observant les procédures pénales.» L’avocat voulait ainsi prouver devant le tribunal que l’actuel ministre d’Etat chargé du Contrôle économique et financier Alhassane Onipogui ne pouvait en aucun cas se présenter à ce procès, malgré l’insistance du procureur.
Maître Boubacar Diarra, venu de son Mali natal pour défendre l’Etat guinéen va enfoncer le clou en déclarant : « Nous ne voyons pas l’opportunité de faire comparaître M. Alhassane Onipogui, vue les dispositions 594, 595 et 596 du code de procédure pénal. Onipogui n’est ni poursuivi par les audits ni démis de ses fonctions et n’a ni démissionné. »
Maître Kamano, un autre avocat de la partie civile viendra appuyer les arguments de ses confrères en décochant une flèche en direction du procureur à qui il a demandé de lire attentivement l’article 544 et suivant sur le code de procédure pénal portant sur les délais des personnes citées.
« On doit donc suivre le droit processuel et c’est lui qui organise la loi. Par conséquent, les personnes citées ne peuvent pas être entendues dans les cas de figure », a souligné Maître Kamano.
« Je suis satisfait de l’attitude de la partie civile et je constate une avancée du droit positif en Guinée. Par contre, je ne me suis pas trompé, et vous ne pouvez pas me conduire sur un terrain mouvant. Je n’ai pas appelé Alhassane Onipogui en tant que ministre d’Etat du Contrôle financier et économique, mais plus tôt en tant qu’inspecteur des fonds miniers. Il n’y a pas une base légale qui impose une audition à un témoin, les personnes convoquées doivent répondre en fonction de la qualité de leurs services, toutes les procédures ont été suivies Monsieur le président », s’est défendu le procureur.
Le président de la Cour a renvoyé l’audience en huitaine, après avoir demandé à Yaya Kairaba d’observer les dispositions 594 et 544 du Code de procédure pénal sur la comparution des personnes citées.
Les avocats de la défense qui avaient boudé les travaux lors de la deuxième et troisième audience étaient ce lundi à leurs postes.
Djibril Bah Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com
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