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Si le leader de l’UPG J. M. Doré était hier l’ami de la presse, aujourd’hui tel ne semble plus le cas. Depuis sa nomination, l’actuel Premier ministre guinéen se méfie des journalistes et les regarderait avec dédain. C’est du moins le constat fait par plus d’un observateur.
L’actuel Premier ministre guinéen ne voudrait plus sentir la presse qu’il chercherait désormais à éviter à tout prix. L’opposant guinéen qui s’est toujours servi de la presse pour se faire entendre veut aujourd’hui passer incognito. Sans crier gare, il surprend le citoyen lambda, qui voyait en lui le plus prolixe des opposants, et qui n’avait rien à cacher. Mais depuis son entrée à la Primature, l’on constate un retournement de veste. Et c’est le moins qu’on puisse dire. Comme l’illustre cet incident malencontreux du 5 février dernier, à l’Université de Gamal Abdel Nasser de Conakry entre lui et certains journalistes de la place. Où, au lieu de répondre à la question d’un confrère, il aurait tout simplement confisqué leur matériel d’enregistrement. Surprenant mais vrai. En effet, Jean Marie Doré était allé pour calmer les esprits au Campus où les étudiants de la Faculté de Médecine protestaient contre la nouvelle mesure prise par l’Etat de prolonger leur cursus de 6 à 10 ans. Et dans son intervention, Jean Marie Doré aurait dit aux étudiants que c’est désormais lui qui gère la situation, donc c’est à lui qu’il faut s’adresser et non à un autre. « Ce n’est plus l’actuel ministre (entendez, le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique) qui va gérer votre situation… », aurait-il déclaré aux étudiants. Et pour satisfaire sa curiosité suite à cette déclaration qui laisse planer quand même quelques doutes, le reporter du site web "Tamtam guinée", Thierno Souleymane Diallo, aurait posé la question suivante : «Le ministre est donc partant ? » Ce qui aurait provoqué l’ire de l’actuel PM qui, sans hésiter, a arraché aux journalistes (ainsi que celle de la Radio Soleil) leurs enregistreurs. Les deux appareils confisqués ne seront rendus que plus tard aux journalistes. Et cela après avoir effacé les enregistrements. L’un des confrères n’a toujours pas récupéré la bande de son magnétophone. Cette attitude du nouveau PM a été perçue comme une obstruction à la liberté de la presse. Jean Marie Doré met ainsi son pied dans le plat des journalistes qui, pourtant, n’ont fait que leur travail. Car vouloir interpréter cette déclaration du PM sans avoir le moindre détail pouvait être vu d’un mauvais œil même par la corporation, qui allait déceler le manque de professionnalisme dans le traitement de l’information. Toutefois, force est de reconnaître aujourd’hui que Jean Marie Doré n’est plus le même. Durant ses nombreuses années passées dans l’opposition, il a toujours été très proche des journalistes. Auxquels il accordait régulièrement des interviews. Mais depuis qu’il est monté d’un cran en devenant le PM, chef de gouvernement de la transition, l’homme a épousé une nouvelle attitude qui surprendrait aujourd’hui les Guinéens.
M. Doré ne serait même plus en parfait amour avec ses mandants du Forum des Forces Vives qui l’ont pourtant choisi pour le poste de PM. Il aurait même traité le nouveau porte-parole des Forces vives, Lounsény Fall de « traître », quand ce dernier lui aurait posé une question sur sa candidature. Pour l’instant, pour éviter de tomber dans des commentaires superflus les Guinéens se résignent et attendent de voir la suite des évènements.
Samory Keita L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com
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