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Décidément le capitaine Moussa Dadis Camara en ferait voir des vertes et des pas mûres à son Premier ministre depuis sa nomination. Kabinè Komara vient d’essuyer un autre camouflet à travers un communiqué de la présidence de la République diffusé vendredi dernier sur les antennes de la radio nationale, remettant en cause les déclarations du ministre de l’Administration du territoire et des Affaires politiques, qui la veille avait sur instruction de son Premier ministre lever la mesure portant suspension des activités des partis politiques.
Le Premier ministre Kabinè Komara serait il assis sur une chaise éjectable ? A l’allure où vont les choses cette question hante de nombreux esprits, vu la détérioration des rapports entre la présidence de la République et la Primature.
Et le Premier ministre qui se fait violence pour sauver les apparences, continue d’avaler les couleuvres.
Comme vendredi dernier avec ce communiqué signé du bureau de presse de la présidence de la République qui était en porte-à-faux avec celui lu la veille par M. Frederik Kolié, ministre de l’Administration du territoire et des affaires politiques qui levait la suspension sur les activités des partis politiques. Une façon de décrisper l’atmosphère dans ce climat tendu entre les forces vives et la junte.
Le communiqué de la présidence de la République a déploré cette sortie de Frederik Kolié qualifiant ces propos de menace grave pour la paix et la sécurité nationales. Pire, le même communiqué a ‘’ interdit dorénavant à tous les membres du gouvernement de se prononcer ou d’intervenir sur la transition en Guinée sans l’autorisation du CNDD.’’ Un désaveu pour Komara qui n’est finalement confiné que dans un rôle de figurant dans ce gouvernement où les hommes en treillis font la loi.
N’ayant quasiment aucune prérogative, le Premier avait déjà essuyé d’autres revers en tentant de poser des actes. C’est ainsi qu’au lendemain de la formation du gouvernement en février dernier, la désignation de Justin Morel Junior, ministre de l’Information comme porte-parole du gouvernement par la Primature n’avait pas plu au chef de la junte, selon des bruits de couloir de la présidence.
Dadis tenait en fait à ce que la décision vienne de lui. Et pour réparer les dégâts, le président de la République avait pris un décret pour confirmer JMJ dans les fonctions de porte-parole du gouvernement. Les observateurs avertis avaient vu en ce ‘’clash’’ un mauvais présage pour l’avenir de Komara à la tête de la Primature.
Sans oublier que dans la composition de l’équipe gouvernementale, on n’aurait pas tenu compte de l’avis du PM, dit-on. Et récemment, des propos attribués au chef de la junte, traitant Komara de tous les noms d’oiseaux ont fait le tour de la cité grâce à la magie des portables.
Un élément qu’un témoin de la scène a sans doute piqué dans la discrétion au cours de ce « Dadis show » qui n’a pas été diffusé sur les antennes de la télévision nationale.
Le PM n’était d’ailleurs pas sur les lieux, semble-t-il. Tous ces incidents amènent certains observateurs à se demander pourquoi Komara ne jetterait-il pas l’éponge, pendant qu’il est encore temps, au risque de se voir déloger de la Primature. Chose qui friserait l’humiliation.
Le cas de Lansana Kouyaté sous la deuxième république aurait pu l’inspirer, soulignent ces observateurs. On se souvient que Kouyaté qui était à la tête d’un gouvernement dit de consensus n’avait pas les coudées franches pour mener à bien sa tâche.
Confronté qu’il était à la grande hostilité des groupes de pression qui avaient pris le président Conté affaibli par la maladie en otage. Poussé à maintes reprises à la démission par des actes de provocation, comme la remise en cause du contrat avec la Libye à travers la Laico, une entreprise qui devait booster le secteur de l’hôtellerie, à travers la rénovation de nos complexes vieillissants et la construction de nouveaux hôtels, Kouyaté n’avait pas bougé le petit doigt.
Conté finira par le démettre au grand dam de ceux qui avaient placé leur espoir en lui pour sortir le pays de l’ornière.
Un remake de ce scénario pour ce qui est du sort de Kabinè Komara n’aurait rien de surprenant. Surtout que des rumeurs sur son départ du gouvernement avaient commencé à enfler à un moment donné. Et des noms avaient même été cités pour le remplacer.
Comme celui d’un ancien ministre du Plan de la deuxième République reconverti dans les affaires. Rien ne semble affecter outre mesure le PM, qui aurait reçu l’accord du capitaine Moussa Dadis Camara de se rendre au Caire, en Egypte pour prendre démission définitivement de son poste de Directeur Senior du Département des Services Administratifs et du Patrimoine d’AFREXIMBANK, la banque Africaine d’Import-export.
Komara devra mettre cette occasion à profit pour participer au sommet de l’Agence internationale des énergies renouvelables, qui se tient en ce moment au Caire. Son retour est annoncé pour vendredi à Conakry.
Mamadou Dian Baldé Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com
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