 |
Les prochaines élections présidentielles s’annoncent serrées. Certains Candidats commencent déjà à affûter les armes. C’est le cas du tout premier candidat indépendant déclaré, Almamy Ibrahima Barry, ancien fonctionnaire à la Banque africaine de développement (BAD), qui a défini sa vision devant la presse nationale et internationale la semaine dernière à Conakry.
La course à la succession de Conté s’annonce d’ores et déjà pointue. Nombreux sont les observateurs de la scène politique qui pensent que les prochaines échéances électorales pourraient être transparentes. Un état de fait qui commence à susciter un engouement certain au niveau des politiciens. Le candidat indépendant, Almamy Ibrahima Barry, qui a décidé de rentrer dans la danse, a conféré avec la presse la semaine dernière. Dans son introduction, il a déclaré que malgré toutes les pressions exercées par la France, l’écrasante majorité des Guinéens a rejeté la proposition d’une communauté franco-africaine formulée par le Général de Gaule à ses colonies. Il a soutenu que malgré cet élan catalyseur pour les indépendances africaines, la Guinée est aujourd’hui citée parmi les pays les plus pauvres en Afrique en dépit de ses potentialités immenses. Selon lui, la Guinée est dorénavant synonyme de mauvaise gouvernance, de corruption, de chômage, de misère social et de massacre d’innocents dans une impunité totale. Almamy Ibrahima Barry soutient que ce sont les jeunes et les femmes qui payent le lourd tribut de cette situation : « Les jeunes sont désœuvrés, sans emplois, sans éducation pour la plupart, abandonnés à eux-mêmes. Ils n’ont aucun repère et sont laissés pour compte. Les femmes sont aussi les autres victimes désignées de la mauvaise gestion du pays. C’est pourtant à elles qu’il incombe la lourde tache d’éduquer les enfants et d’assurer leur quotidien. » L’orateur affirme que l’existence d’une panoplie de partis politiques basés sur l’appartenance ethnique conduit à l’embrigadement économique, voire alimentaire. En abordant le feuilleton du cinquantenaire, M. Barry déclare que l’échec de la célébration de cet événement est dû au fait que les Guinéens sont fatigués de se mobiliser, de se battre, de subir et de se retrouver chaque fois à la case départ. C’est pourquoi, d’après lui, il faut absolument que les Guinéens, tous ensemble, se mobilisent afin d’éviter que l’histoire ne se répète. En ce qui concerne les événements douloureux de janvier et février 2007, le candidat indépendant pense que ces sacrifices humains imposent un devoir de préservation des acquis démocratiques pour le changement et la rupture. Pour obtenir une union sacrée, la classe politique ne peut plus se permettre d’entretenir l’ethnocentrisme qui, selon lui, est un mal pernicieux. Il se dira non convaincu par des propos que soutient un leader politique, selon lesquels un candidat éprouvera d’énormes difficultés pour mobiliser des militants qui ne soient pas de son ethnie. Il est en outre partant pour la révision du code électoral qui garantira l’avènement d’une vraie démocratie. En lançant un appel aux nouvelles autorités pour la candidature indépendante aux prochaines élections, Almamy a cité les avantages d’une telle candidature qui sont entre autres la promotion de l’expression des valeurs démocratiques, la défense de la liberté d’opinion. A ses dires, cet état de fait encourage tout citoyen, sans considération partisane ou ethnique, à faire valoir ses ambitions nationales, régionales ou locales et à participer à la gestion de la chose publique. C’est aussi ? D’après lui, une façon de garantir la bonne gouvernance et la transparence dans le fonctionnement des Institutions républicaines, la défense du principe de l’électeur éligible et le respect de la souveraineté du peuple par une juste représentativité à tous les échelons de la République. Au cas où les candidatures indépendantes ne seraient pas autorisées, Almamy Ibrahima Barry a fait connaître sa position, en indiquant qu’il ne tardera pas à se confier à une formation politique pour faire valoir son souhait de briguer la magistrature suprême.
Aly Badara Condé et Amara Moro Camara Le Démocrate pour www.guineeactu.com
|
 |