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A une semaine de la programmation de la tenue du second tour de l’élection Présidentielle en Guinée, au moment où l’on parle d’élection apaisée, de réconciliation nationale, d’entente entre les deux candidats, et même de formation d’un gouvernement d’union nationale pour que perdants et vainqueurs se retrouvent, tout est fait en même temps pour saper ces actes bénéfiques pour les Guinéens. Que l’on puisse enfin en finir avec ce supplice qui dure depuis des mois pour juste une élection. Comment comprendre que les institutions de la transition, avec à leur tête le Général Sékouba Konaté, ne puissent prendre leurs responsabilités pour que justement ce qui est exprimé et voulu plus haut soit matérialisé par un consensus et ainsi ne pas subir les conséquences au prix fort de ce qui pourrait advenir de ces errements ?
Après la proclamation des résultats du premier tour le 22 juillet, Ben Sékou Sylla avait dès le lendemain quitté la Guinée pour venir se faire soigner à Paris, où il décédera le 10 septembre. Son intérim à Conakry était assuré comme prévu par le règlement interne de la CENI par la vice-présidente Madame Hadja Aminata Camara qui, du reste, est vivement contestée par le camp de l’Arc-en-ciel et ce avant même le décès de Ben Sékou. Toutes sortes de pressions et de chantages ont été faites pour la changer à la tête de l’institution. Ce qui a abouti entre temps à un juge de Dixin de condamner Ben Sékou et El-Hadj Boubacar Diallo le 9 septembre dans une parodie de justice reconnue par tous ; le 14, Ben Sékou meurt à Paris, il est enterré le dimanche 19 à Conakry, et le soir même de son enterrement, quelques membres de la CENI se réunissent dans une officine et élisent à leur tête un des leurs en la personne de Lounceni Camara qui, à son tour, est contesté comme il fallait s’y attendre par le camp de l’Alliance de Cellou Dalein. Monsieur Camara est accusé presque des mêmes faits (rétention de PV) qui ont valu la condamnation de ses deux collègues de la CENI. Il s’accroche avec … l’appui cette fois ci d’Alpha Condé qui déclare sans rire que, je le cite, «même si que c’est singe qui est élu à la CENI, il faudra le laisser… » Alors que la même personne récusait la veille une honorable dame.
Parti pris mis de côté, chacun reconnaitra que la CENI (commission électorale nationale indépendante) n’a d’indépendance que le nom, ses membres étant tous politisés, partisans et corrompus.
Et le psychodrame agrémenté d’un supplice imposé aux Guinéens continue de plus belle, avec comme spectateurs privilégiés les responsables de la transition, les hautes autorités de l’Etat, les institutions de la république aux premières loges. Alors qu’aurait suffi tout simplement d’une feuille de papier, un stylo, un texte de 2 paragraphes et une signature pour régler ce problème…
Car ils ont le pouvoir – peut-être pas la volonté – d’imposer une personne extérieure de la CENI, neutre, acceptable et consensuelle pour les 2 camps. Parmi les 10 millions de Guinéens il doit forcément y avoir cette personne ; pour arrêter ce supplice, mais le suspense est trop beau et il faut le laisser encore perdurer.
Ne disait-on pas que l’on veut une élection apaisée, des Guinéens unis et même un large gouvernement d’union nationale pour tous ? Le peuple vous est reconnaissant pour cette belle tragi-comédie.
Thierno Rampnoux Diallo, Paris – France Président de Horizon Afrik
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