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Il n’y a pas d’autre explication à ce nouveau louvoiement du Premier ministre « issu de nous-mêmes ». Il avait durant des semaines, semé la confusion en laissant planer le doute sur son éventuelle candidature à la présidentielle qui est en cours, contrairement aux accords de Ouagadougou par lesquels il ne se sentait nullement lié, avait-il indiqué de manière plus ou moins explicite. Pour l’obliger à lever le pied sur le frein du magbana du gouvernement de transition, il a fallu qu’en coulisse, Paris-Washington, via Ouaga-Rabat, lui soufflent à l’oreille,
« Vous voulez faire un petit tour à la CPI après votre CDD pour vous retrouver en compagnie de certains de vos amis du CNDD ? »
Voilà que le plus bête PM d’un gouvernement de transition, en train de siffler des prolongations en vue d’une troisième période d’une présidentielle sitôt sortie de son coma après le verdict de la Cour suprême, se voit prendre la direction de la morgue. Je croyais que Jean-Marie Doré avait signé un contrat à durée déterminée (CDD) avec le peuple de Guinée sur la base des accords de Ouagadougou de Janvier. Que le peuple de Guinée était représenté par les Forces vives, sous la haute surveillance du Président de la Transition, par suite, sous le contrôle du CNT et de sa Présidente.
Quels sont donc les mobiles de Jean-Marie Doré ? Il a clairement indiqué que si les cafouillages du premier tour sont le fait d’une CENI défaillante, il faudrait maintenant, pour le second tour associer le MATAP pour la suite du processus. Comme si le MATAP n’avait pas été associé à cette gigantesque foire populaire. A ceci près que son trône (1) n’était pas dressé à la primature. Surdoué des syllogismes, Jean-Marie Doré est le génie des propos dilatoires d’une redoutable efficacité en ce qu’ils font tourner en rond et perdre le temps. Pendant ce temps, il gère. Il gouverne. Il fait signer des contrats. Il retape ou il se tape de somptueuses demeures, dit la rumeur, qui se répand comme cette monnaie de singe qui coule sous la planche à billets qui tourne depuis décembre 2008.
Jean-Marie Doré peut tourner en bourrique toute une opposition. La plus bête d’Afrique, selon le même.
Personnellement je n’ai aucune preuve formelle de la duplicité des chefs des deux autres organes éminents de la Transition, Sékouba Konaté et Hadja Rabiatou Diallo. Puisqu’en vérité sans jeu de mot, la balle est dans le camp des deux joueurs, Alpha Condé et Cellou Dalein Diallo. En clair, le Président de la Transition, au besoin, après interpellation solennelle de la Présidente de notre organe délibérant, doit prendre ce décret tant attendu, sur la proposition de l’organe technique désigné par la loi qu’est la CENI, seule légitime pour le choix de la date du second tour. Sinon, ils seront comptables du forfait ainsi machiné par le Premier ministre, pour des raisons obscures qu’on devine mais qu’il n’y a pas lieu d’évoquer ici maintenant.
Le second tour doit avoir lieu impérativement le 22 août, comme proposé par la CENI. A défaut de quoi, c’est le Président de la Transition qui aurait décidé du forfait des deux candidats, consacrant par là-même sa propre forfaiture et le déni « parlementaire » du CNT et de sa Présidente.
Wa salam.
Saïdou Nour Bokoum
Note 1 : Toute coïncidence avec la célèbre Foire du Trône de Paris ne serait que fortuite.
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