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Participation massive du peuple.
Pas de changement dans l’élan massivement ethno.
Cependant déroulement calme du scrutin.
De huit heures à vingt heures, de longues files de Peuls et de Malinkés, selon les préfectures, mais aussi d’autres indigènes parlant un étrange baragouin, les uns se faufilant dans la file des donsos mandingues, d’autres sur celle des bouviers maquignons. Il n’y a pas eu ou on n’a pas vu de réédition des fraudes massives déplorées lors de la première période.
J’ai voté pour le candidat qui :
Avait un véritable programme de développement fondé sur la culture. Aucun n’en avait pendant la campagne de la première période. Un programme de développement fondé sur la culture est un programme axé sur la retaille du tissu national et non sur le bricolage d’un équilibre ethno régional reflété dans un groupe de 25 à 35 qui s’appellerait gouvernement. C’est un programme qui donne une alternative aux politiques de développement qui ont partout fait faillite depuis que l’Afrique noire était mal partie (René Dumont) pendant les années soixante. A l’exception peut-être du Ghana, qui dit-on pourtant, est un bon élève de la Banque mondiale et du FMI. On comprend donc que la fracture entre les deux rivaux ne fut pas « libéralisme ou socialisme, il faut choisir! ».
J’ai élu le candidat qui :
Est revenu à l’exigence fondamentale des révoltés de Janvier et Février 2007 qui avaient demandé le changement et qui ont été spoliés de leur victoire dans des accords tripartites plus ou moins félons, accords qui de toute façon n’ont rien changé à l’Etat-PUP. Et maintenant quand je parle de PUP, je ne parle plus du PUP historique, mais d’un système qui avait fait la ruine du pays et dont le lit a été fait par le PDG. Ce système est resté intact avant, pendant et après la courte transition. Le Président a promis, et l’a inscrit dans son programme, qu’il va démanteler cet appareil en mettant non pas à la rue les quelque 200 prédateurs, mais en les disqualifiant au bout de 6 mois, le temps de les recycler d’une manière ou d’une autre. Mais il faut qu’ils partent et qu’on fasse appel à d'autres fils du pays, notamment aux Guinéens de l’Extérieur et aux cadres compétents, honnêtes qui ne sont jamais sortis du pays mais qui sont restés dans les placards, parce que simplement ils se sont toujours habilement et humblement cachés de tous les koudaïsmes.
Il s’est engagé formellement à :
- Reprendre le recensement sur tout le territoire planétaire de la Guinée pour des législatives véritablement nationales,
- Organiser un débat national pour évaluer les œuvres héroïques et/ou noires des deux républiques, pour que « jamais plus ça », crimes, vols récurrents et prospérant dans l’impunité ; et surtout pour savoir pourquoi et « comment tout ça » : pas de courant, pas d’électricité, rien que des mangues pilées, arrosées de piment et de mensonges pour faire passer les autres saisons, mais hélas, elle aussi passe, celle des mangues.
J’ai donc voté pour celui des deux qui a compris que la culture est l’alpha et l’oméga du développement, au départ et à l’arrivée du changement social.
Que la Culture ne se réduit pas aux paillettes de Hafia, Bembeya et les Ballets guinéens premiers au Festival d’Alger ; ce n’est pas même cette gigantesque mobilisation enthousiaste et forcée de la jeunesse et même celle de nos mères, pour créer parfois de merveilleuses pièces, venues de toutes nos régions, de toutes nos cultures « ethniques », même si trop souvent, c’est sur commande et quelquefois, se ramenant à des messages téléphonés au Suprême des Geôles. Cette culture fut stérile, puisqu’elle n’a laissé que des ruines.
Le programme culturel qui m’a séduit, c’est celui qui a mis la culture au même plan que l’agriculture.
Dont le coût sera au moins égal à celui qu’il faudra rendre disponible pour que le Guinéen mange à sa faim, avec ce qu’il a créé de ses mains et de son esprit.
Ni riz India, comme disaient nos mères, ni Pèssè, Sodia Lewru djèrè ou Dadis show travestis en pidgin nigérian.
Il ne sert à rien d’entrer dans un Etat de droit qui ne fera rien pour le changement de l’état des hommes et des choses.
A ces conditions,
Wa Salam, M. le Président !
Saïdou Nour Bokoum
www.guineeactu.com
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