dimanche 31 octobre 2010
Présidentielle guinéenne ensanglantée : En attendant Godot ?
A. Oury Baldé

Godot c’est ce personnage porteur d’espoir de changement qu’attendent deux vagabonds Vladimir et Estragon dans la pièce du dramaturge irlandais Samuel Beckett. Cet homme(Godot) – qui ne viendra jamais – leur a promis qu'il viendrait au rendez-vous ; sans qu'on sache avec exactitude ce qu'il est censé leur apporter. Mais à force de faire le pied de grue, les deux compères se doutent : Est-ce le bon jour ou le bon endroit ? Peut-être est-il (Godot) déjà passé ? Que faire en attendant ?

La présidentielle guinéenne y ressemble, sauf que dans le cas de la Guinée c’est un électorat majoritairement peuhl violenté, torturé, martyrisé qui n’attend qu’à exprimer librement et démocratiquement son choix politique comme cela se fait partout dans le monde.

Qu’on soit clair : Etant peuhl, je ne pas suis en train de verser là dans l’ignoble communautarisme que certains esprits mal intentionnés ne s’empêcheront pas de me reprocher. Je n’ai pas voté Cellou ni d’ailleurs pour aucun autre candidat peuhl, parce que tout simplement je n’ai pas d’obédience politique en Guinée. Je ne fais que commenter des actes d’atrocités avérés dont les auteurs sont connus, infligés à des compatriotes guinéens, des êtres humains qui se trouvent être de la même ethnie que moi. Quiconque eût été à la place des peuhls j’aurais déployé la même énergie de commentateur de l’actualité politique guinéenne qu’ici pour dénoncer l’exaction. N’aurait-on pas droit de parler de soi après tout !

C’est une certitude imparable le cynisme et le ridicule ont atteint le comble en Guinée avec cet énième délai au 07 novembre de l’élection présidentielle et la montée brusque de la violence du pouvoir contre les peuhls. La faute bien évidemment à l’incompétence, l’avidité boulimique du pouvoir, la haine du peuhl, l’irresponsabilité des autorités de la transition et de certains responsables politiques se servant de l’ethnie comme d’une arme qui ont mené leur pays (qu’ils veulent gouverner ) à cette situation catastrophique dont le pire est à craindre. Elections ou pas élections, nos responsables ne nous auront évité ni la honte ni le massacre. Notre souveraineté et notre fierté ont pris un sacré coup car il aura fallu qu’un dictateur nous donne des leçons de démocratie, et Malien, pour nous aider à faire élire notre président après 52 ans d’indépendance.

Prétexter par mauvaise foi du manque de temps, de moyens suffisants pour essayer de sauver la face en refusant d’organiser ce scrutin libératoire parce qu’on est boulimique du pouvoir ou qu’on est foutu après ou qu’on veut favoriser le candidat de son ethnie pourrait paraitre compréhensible à la limite mais de là à violenter, tuer ses propres concitoyens parce qu’ils ne sont pas de votre ethnie est i-n-a-c-c-e-p-t-a-b-l-e . Vous donnez raison Messieurs aux préjugés racistes du noir sauvage et à leurs auteurs.

Je ne comprends toujours pas de quel droit un être humain peut s’arroger de torturer, de tuer un autre être humain quoi qu’ait pu faire ce dernier. Ont-ils une âme cette horde de bidasses assassins ? Peut-on continuer d’être homme avec tant de sang sur les mains ? Ne pleure plus Docteur Mamadou Aliou Barry, l’humanité entière est choquée. Leur crime ne restera pas impuni. Toi Dr Aliou, tu as préféré servir dignement ton pays au luxe de ta condition enviable en Occident. Eux de le spolier sans vergogne. Et aujourd’hui tu réalises l’avoir fait au risque de ta vie. Icône de la lutte pour les droits de l’homme en Guinée, tu es désormais entré dans le panthéon de l’histoire. Cesse tes larmes Aliou Barry, le Maitre en toute chose rendra infailliblement justice. Immanquablement ils seront tous ramenés du premier au dernier et alors le bien sera rétribué et le mal aussi - tout tortionnaire sera torturé, tout corrupteur perdu, tout violent rétribué de sa violence, la barbarie rendue au barbare, le criminel rétribué de ses crimes, la méchanceté retournée à son malheureux auteur.

Le mal de la Guinée et de plusieurs pays africains c’est d’avoir laissé s’instaurer impunément depuis les indépendances, et au vu et au su du monde entier, la violence gratuite du pouvoir comme si ce dernier avait un droit de vie et de mort sur les gouvernés. Et les différentes dictatures militaires ethniques qui se sont succédées en Guinée depuis Sékou Touré jusqu’à aujourd’hui ont hérité de cette violence institutionnelle allégrement perpétrée, comme s’il était normal, par une clique de bidasses dont les délinquants, les ratés sociaux, les repris de justice et les naufragés de l’école guinéenne constituent le gros du contingent et qui, en outre, plus d’un quart de siècle durant, ont gouté sans retenue aux délices du pouvoir. Le grand défi de la Guinée et de l’Afrique dans sa démocratisation sera de parvenir à dépasser l’ethnie et à civiliser aux valeurs républicaines son armée concupiscente et ethnicisée à la solde du dictateur en place.

Dans ce macabre imbroglio qu’ils nous ont imposé de force pour s’accaparer les maigres ressources du pays, jamais autant la bassesse, le manque de scrupule, la voracité de richesses, la violence, l’avidité du pouvoir n’ont autant justifié pleinement leurs sens. Ô Ciel aide-nous ! Tous les maux ont atteint leur paroxysme. L’anxiété et le désespoir ont envahi les esprits, l’incertitude dans tous les cœurs, la mort si présente, l’implosion si proche ; la déchéance humaine - dans tous les sens - « n’équivaut plus à l’éclipse de la raison, elle est la raison d’être. »

Au nom du droit inaliénable à la protection, droit à la justice, du droit au bonheur, reconnus au citoyen par la constitution guinéenne et garantis par la déclaration universelle des droits de l’homme et du citoyen, j’accuse X de détournement et d’abus de pouvoir, de coups et blessures ayant entrainé mort d’homme, d’incurie dans l’exercice des obligations souveraines de l’Etat, d’irresponsabilité, d’enrichissement illicite, de vols de deniers publics, d’incitation à la haine et à la violence, de violences et de tortures à l’encontre d’une composante inséparable de la nation guinéenne (les Peuhls) en raison de son appartenance ethnique, de mise en danger d’un peuple aspirant librement à la démocratie et à son bien-être, de confiscation du pouvoir à des fins personnelles.

« Ils (les ennemis) peuvent couper toutes les fleurs. Mais jamais ils ne seront les maitres du printemps.»


A. Oury Baldé
Etudiant Guinéen en France.
Correspondant de yalosse.info


www.guineeactu.com

 

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Vos commentaires
A.Oury Balde, lundi 1 novembre 2010
Mr Mbb il s`agit evidemment de Blaise compaoré concernant l`allusion au dictateur. Desolé de ma reponse tardive Jai eu un week enk studieux sans internet
Barry Thierno Sadou, lundi 1 novembre 2010
Mon cher compatriote bonjour kal Max disait il y a tres longtemps que:"Quand la pensee penetre les masses,elle devient une force materielle." Ne t`inquiete pas,car la seule solution pour qu`il y ait la paix pour la Guinee et le Monde entier ,Il faut que "la force laisse le pouvoir a l`intelligence,car l`intelligence peut gerer la force, mais l`invercse est impossible".Quand on remplit une chambre des souris et on y jette 10 chats et on ferme la porte,on aura pas besoin d`organiser des maledictions pour ces souris.Elles vont pas echapper.La Guinee a accouche des mensonges depuis 1958 et cette annee 2010,la guinee est encore en grossesse mais cette fois-ci d`une fille qui s`appelera la VERITE et donnera la Guinee son vrai nom: Republique de VERITE.Heureusement que le Foutah a montre une fois encore sa gesse en demandant a ses enfants de ne pas toucher le voisin,plutot de l`assister. Nous savons bien que "la forteresse d`un tyran est l`enertie du peuple."Mais nous prions et prions encore et toujours afin que ce frere malien President de la CENI dise la verite. Amen !!!
Youssouf Bangoura, lundi 1 novembre 2010
Ben si Kalil, on ne peut qu`admirer Mr Balde pour ces ecrits . Ce qu`il dit ici n`a rien à voir avec l`aveuglement de certains partisans de Dalein . Il evoque ici la douleur q`ont subi certains de nos compatriotes peulhs dans notre propre pays . Nous condamnons tous cette barbarie d`où elle vienne, les peulhs doivent se sentir chez eux dans n`importe coin de la guinée . Le comportement de certains malinkés en Haute Guinée et à conakry est une honte pour la guinée et pour nous tous . Attaquer et piller ses voisins et compatriotes qui sont nés et qui ont grandi dans le même lieu que soit, est un acte inhumain et les auteurs de ces faits doivent être poursuivis et severement sanctionnés . Les extremistes des deux camps, doivent comprendre qu`ils ne rendent pas service à leurs leaders . Nos differentes ethnies vivent ensemble depuis des siècles, pourquoi à cause des politiciens incapables de s`entendre, nous nous laisserons emporter par la haine ? Nous sommes tous des guinéens, aucune ethnie n`est superieure à une autre . On peut supporter son candidat, mais cela ne veut pas dire que celui qui supporte l`autre est un ennemi . Tout le monde doit comprendre que nous ne pouvons rien sans l`autre.
kalil diallo, lundi 1 novembre 2010
monsieur balde je vous ai dit il y´a quelques semaines ,que c´etait dommage que vous ne compreniez pas pourquoi les gens vous faisaient des eloges . eh bien vous verrez ds cet article si vous allez beneficier les memes eloges ,on voit tous ce qui se passe ,et nous comprenons davantage pourquoi ,le gouvernement de la transition et les malinkés veulent qu´ils ne restent aucun peuhl,sans l´aide de konate ,dore et ses consorts jamais ces types auraient osé s´attaquer aux gens ,dites nous combien de manifestation alpha conde a dirigées en guinee? cette haine aussi a revelé beaucoup de choses ,ils disent il faut detruire leurs biens et les rendre pauvres,ils veulent que tout peuhl soit comme au tenp de sekou toure ,qu´il parte ou en prison.
Balde, dimanche 31 octobre 2010
Cher omo si tu vois toute cette anachie dans notre pays c`est juste parce certains mauvais guinéens ont peurs que les peuhls ne prennent le pouvoir. Ils estiment que s`ils prennent le pouvoir ils ne le lacheront plus. Donc pour eux, il faut jouer aux troubles et à la manipulation pour les en empêcher. Aussi l`idée "Tout sauf un peuhls" domine beaucoup d`extrémistes. Pendant que pour ma part, celui qui parle de "c`est notre tour maintenant" se trompe, mais celui qui parle aussi "de tout sauf un peuhl" se trompe plus lourdement. Et je crois que c`est le cas de certains de mes sanakhous actuellement. LA DEMOCRATIE, n`est pas propice à l`Afrique. Elle est imposée aux africains. Mais si nous devons imiter l`occident, nous devrions maitriser tout le processus démocratique. L`Afrique est rendue malade par l`imposition de cette "DEMOCRATIE" C`est une autre manière de nous dominer. Cette DEMOCRATIE est à la base de l`instabilité de plusieurs pays africain. Car si un pays ne maitrise pas les processus, il rentre dans le cycle de l`instabilité et on le met automatiquement sous la tutelle internationale. En Afrique les gens confondent anarchie et démocratie. Méfions nous de ses conséquences.
mbb, dimanche 31 octobre 2010
Je crois que toute âme normale ne peut que dénoncer et déplorer ces exactions que subissent certains peulhs. Ce qui se passe est très dangereux et le droit de l’hommiste que je suis espère que les coupables et responsables seront retrouvés et traduits devant les tribunaux. Cela dit, je pense que pour sortir de cette crise, il faut essayer de comprendre l’autre camp et se mettre à la place des autres communautés au sein desquels certains se sentent également visés par les peulhs. Donc, mieux vaut avoir une analyse complète et objective, à chaque fois, en s’adressant également à l’autre camp de manière positive. C’est ça qui nous manque aujourd’hui car chacun ne s’adresse qu’à son camp. Les deux leaders viennent encore de louper une bonne occasion de le faire : Cellou Dalein aurait dû avoir de la compassion pour les intoxiqués et leur rendre visite ou au moins adresser un message fort de soutien, et Alpha Condé aurait dû insister pour expliquer à son électorat qu’il était important de faire cette dernière tournée. C’est pourquoi dans le 2nd paragraphe, je veux bien lire « ..exprimer librement leur choix… » mais je pense que le mot démocratiquement n’a pas sa place parce que la démocratie, ce sont des valeurs qui excluent fondamentalement le « c’est notre tour » et le « tout sauf un peul ». Aussi, quel est ce malien dictateur dont vous parlez ? ATT ? le Pdt de la CENI ?
BA, dimanche 31 octobre 2010
Bonjour, Monsieur BALDE, J`espere que tu te douviendras de moi, on avait fait in voyage sur un train entre Rouen/Paris notre discution concernait la situation politique en afrique et la guinee particulierement, je pens que grace a ce soit disant election en guinee tu as comprid les enjeux electorale en afrique. Chaque president veux que son successeur soit de sa famille ou au moins de sa composante ethnique. Malgre 50 ans d`independance l`homme politique africain n`a de vision que d`opposer non seulement leur programme mais leurs ethnis. Je pense que si dekouba etait serieux le futur predident guineen ne peut etre que Cellou merci. Vive la democratie vive le peuple frere de la guinee

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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