mardi 30 novembre 2010
Présidentielle 2e tour : Siaka Sangaré se confesse...
Siaka Toumani Sangaré

Louncény Camara n’était pas privé de ses droits civiques, à l’image de son ancien collaborateur El hadj Boubacar Diallo. Mais, vu l’influence qu’il a sur la CENI, l’homme qui a le plus fait parler de lui était durant l’entre-deux tours, on l’a compris, était toujours au plus près de Siaka Sangaré. Un fait qui a du coup suscité de nombreuses interrogations auxquelles le Malien a dû faire face, sans trop convaincre les plus sceptiques.

Pourtant, explique-t-il ces dernières 72 heures « C’est encore le fruit de l’imagination de beaucoup de gens. Quand j’ai été nommé à la tête de la CENI, j’ai essayé de ramener la cohésion au sein de l’institution. À cet effet, j’ai convoqué les deux vice-présidents pour qu’ils se mettent d’accord et cela a été une réussite totale, et j’en ai été comblé. Parce que les deux se sont pardonnés et se sont mis à mon service. Le fait que j’étais toujours avec Louncény Camara à la publication des résultats n’a rien à voir avec la fonction qu’il a assumée. Louncény et Hadja Mame ont toujours travaillé avec moi. Pour toutes les décisions que je prenais, je les consultais. Louncény ne s’est jamais substitué à moi pour prendre une quelconque décision. Mais, il faut savoir que c’est le même décret qui a nommé Louncény, Hadja Mame et moi. Aucun d’eux n’a eu plus de prérogatives que l’autre. » Cette explication n’a pas trop convaincu certains observateurs, notamment ceux très proches de Cellou Dalein Diallo qui ne voulaient pas du tout voir Louncény Camara rôder autour de la CENI, au risque d’altérer le processus. Ils ont été sidérés d’apprendre le départ vite récusé de Mame Camara pour Dakar afin de superviser le second tour.

Sauf que l’annulation de cette affectation n’aura rien changé puisque la dame n’était pas visible auprès du Malien. Cela ne change en rien, a toujours rassuré le général Siaka Sangaré. Car, « Nous avons travaillé en toute indépendance et en toute sincérité. » Peut-être et ce, dès lors que des représentants des deux finalistes du second tour étaient impliqués dans tout le processus. Et c’est tant pis pour les myopes et tant mieux pour les espiègles ! Du moins, c’est l’argument avancé à tout bout de champ par le patron de la CENI. Comme pour manifester sa sincérité.


Est-ce qu’il fallait faire travailler le gens le jour de la fête ?

Seulement, voilà que l’examen des requêtes de Cellou Dalein Diallo fait encore grincer les dents et Siaka Sangaré s’en défend : « On n’a pas refusé d’examiner les requêtes. Nous avons reçu une lettre de l’Alliance Cellou demandant de surseoir à la publication des résultats provisoires. Nous avons pris acte de cette demande. On était tout à fait partant pour le report. Nous avons fait des démarches auprès de la Cour suprême, qui n’ont malheureusement pas abouti. Vous savez, il y avait un délai légal que nous devions respecter et il était arrivé à expiration. » Jusque-là sans réaction, Alpha Condé lui, exige la proclamation des résultats. « La CENI n'est pas un tribunal de première instance. Le délai légal court jusqu'à midi. Nous exigeons la proclamation des résultats. Je suis gagnant car j’ai gagné 4 communes sur 5, presque toutes les circonscriptions de la Basse Côte, etc. Nous avons signé (NDLR, Cellou Dalein Diallo et Alpha Condé) un protocole d'accord où chacun de nous devait envoyer ses assesseurs dans l'ensemble du pays et porter plainte devant la Cour suprême en cas de contentieux. Le délai légal court jusqu'à ce lundi à midi. Nous exigeons la proclamation des résultats. » La pression monte sur la CENI. 

Et qui est derrière cette manœuvre ? Réponse de Siaka Sangaré : « On raconte que c’est Louncény Camara, le Premier ministre Jean-Marie Doré et le général Sékouba Konaté qui ont refusé que la publication des résultats provisoires soit reportée. Encore une fois, nous n’avons reçu aucune interférence venant de qui que ce soit. Ni Konaté, ni Jean-Marie Doré ne se sont mêlés de cette affaire. » Trois à quatre jours ont été pris par la CENI sans trop savoir ce qu’elle faisait. Et il parait que la Tabaski a joué sur le calendrier. Siaka se justifie : « On a publié les résultats provisoires lundi, mardi c’était la fête de Tabaski. Est-ce qu’il fallait faire travailler le gens le jour de la fête ? Non ! Par respect pour les musulmans, je n’ai pas voulu faire travailler les gens le jour de la fête. Le mercredi, tout le monde s’est retrouvé, nous avons mis de l’ordre dans tout ce que nous avons fait, nous avons regroupé toutes les pièces qui devaient être envoyées. Nous devions envoyer le mercredi même, mais comme il y avait le couvre-feu, les gens sont rentrés plus tôt que prévu. Le jeudi, je me suis déplacé personnellement pour les remettre au Président de la Cour suprême. » C’est donc à cause de la légèreté des arguments avancés que certains doutent toujours de la neutralité et surtout de l’indépendance de Siaka Sangaré. Et cela se révèle aujourd’hui avec son « On m’a menacé de mort » paru dans un journal malien, ‘’Nouvelle libération’’. Selon cet hebdomadaire d’informations générales, du 22 novembre, Siaka Sangaré aurait dit à des interlocuteurs qu’il « n’avait pas de choix et qu’il fallait publier les résultats ». La lecture de cet article qui rapporte des sources de confrères, confirme, on ne peut plus, que le président de la CENI était sous une forte pression.  

En attendant de démêler l’écheveau, le Malien, lui, est en passe de trouver une autre promotion chez lui car il est pressenti pour présider aux destinées de l'Agence générale aux élections (AGE), calquée sur le modèle ghanéen et qui sera chargée de gérer désormais tout scrutin dans le pays.


L’œil de Guineeactu.com

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Vos commentaires
Barry A., jeudi 2 décembre 2010
Je suis d’accord avec Gandhi. Toumani Sangaré n’a été mis à la tête de la CENI que pour divertir et tromper les guinéens. Personnellement, j’ai commencé à douter de Sangaré depuis qu’il a proposé la date du 31 octobre (proposée par l’arc-en-ciel) comme jour du scrutin du second tour malgré la chasse à l’homme organisée à Siguiri et à Kouroussa par l’arc-du-mal. Pour moi, il apparaissait clairement que Sangaré était en connivence avec le camp de Condé. La vérité c’est que depuis que Dadis fut écarté du pouvoir, Alpha X Condé était devenu le véritable dirigeant de la transition. Toutes ses volontés étaient exécutées à la lettre par Konaté et par Doré. Maintenant la question est de savoir qui d’Alpha ou de Sékouba aura le dernier mot ? Mais, il semblerait que ce dernier ne sera plus le prochain ministre de la défense si Alpha devait être déclaré définitivement vainqueur par la Cour dite suprême. Selon leur site internet que tout le monde connait, Sékouba est nommé par l’Union Africaine, comme représentant spécial au Soudan et ailleurs. L’autre inconnue est de savoir si Konaté acceptera de s’éloigner des couloirs du pouvoir dont il a pris goût. Et s’il reste, Alpha Condé fera tout pour s’en débarrasser coûte que goutte (de sang). Ce qu’on appellera désormais l’ex-guinée compte à nouveau, deux têtes à son sommet comme au lendemain du 23 décembre 2008 entre Dadis Camara et Sékouba Konaté. Et si ce dernier a été plus malin que son frère d’armes Moussa Dadis, par ce que probablement il bénéficiait des conseils diaboliques de son frère Condé, tout porte à croire que Sékouba n’arriverait pas à la cheville d’Alpha en matière de politique politicienne. Sékouba ne sera qu’un agneau face au loup Alpha. Les semaines et les mois qui viennent nous édifieront davantage, inchâ Allah.
Ba Mamadou, mercredi 1 décembre 2010
Divin, je ne suis pas d`accord avec votre raccourci. ADO est un ivoirien. Par contre, ce qui est curieux c`est le fait que les malinkés de Guinée sont socialistes en Guinée, puisqu`ils soutiennent Alpha Condé, le guinéo-voltaïque. Mais, ils sont libéraux en Côté d`Ivoire puisque tous les malinkés d`Internet soutiennent ADO alors que logiquement ils devraient soutenir Laurent Gbagbo, qui comme leur fama Alpha Condé est membre de l`Internationale Socialiste. Il est donc clair que le virus "angbanssanlé" ronge les malinkés de Guinée. Puissent les simbos les en guérir comme ils l`ont fait pour les malinkés "empoisonnés" par les peulhs. Dommage.
Gandhi, mercredi 1 décembre 2010
L`OIF est un instrument d`influence de la France en Afrique, mais cela devient de plus en plus l`instrument de quelques Africains en Afrique, la France n`ayant plus les moyens politiques et financiers de ses ambitions. Ce qui est dit n`est pas ce qui est fait. Je constate que les résultats de l`AAEC n`ont pas été modifiés d`un iota par le général Sangaré. Si Louncény Camara était resté, il n`aurait rien fait de plus. Moralité : qu`a apporté ce Malien ? la diversion et une apparence de neutralité.
GilBlack, mercredi 1 décembre 2010
Vous avez vu???Une indépendance chèrement acquise!Qui dirait mieux?Qui est plus cameleon dans ce pays?Autrement dit qui trompe qui en Guinee?Divin KAMANO,no comment!Ne suivez pas le Malinké!La France revient en force.Suivez mon regard_
Youssouf bangoura, mercredi 1 décembre 2010
Où se trouve la confession ?
Bah Oumar, mercredi 1 décembre 2010
Qu`Alla le tout puissant aide la guinee a s`en sortir dans ses tenebres. Dieu ne dore pas , tous les jours nous allons apprendre de nouveau et en fin les guineens se rendrons compte qui fait quoi et mandate par qui. Ce que je souhate pour le moment ,c`est de faire en sorte que les cadres guineens se donnent la main pour aider le pays a se retrouver ,car les paysants et autres s`acquitent toujours carrectement de tout ce qu`on leurs demande et de facon cincere.Ne fatigons pas les populations inossantes,ayons pitier d`eux,que Dieu protege la guinee et les guineens, Amin.
FIDEL, mercredi 1 décembre 2010
La France avait été accusée à tort ou à raison de vouloir imposer Alpha Condé à la tête de l’Etat guinéen. Est-ce que vous n’avez pas été influencé par la France dans l’exercice de votre fonction de président de la CENI ? Je n’ai été influencé par personne, je vous le dis en toute honnêteté. J’ai travaillé en toute indépendance, en toute liberté. Dans l’exercice de cette mission, je n’ai eu aucune pression extérieure pouvant entraver le processus, j’insiste beaucoup là-dessus.
Divin Kamanod, mercredi 1 décembre 2010
Alpha Condé, burkinabé mais président en Guinée, Alhassane Ouatara, burkinabé mais président en CI et Blaise Compaoré burkinabé et président du Burkina Faso; le reve de Blaise Compaoré d`imposer ses compatriotes au pouvoir en Afrique de l`Ouest se réalise. Bientot, toute l`Afrique de l`ouest verra toutes ses richesses pillées dans le sang pour batir le Burkina Faso.Par la complicité des guinéens apatrides(Konaté, Jean Marie, Rabiatou Serah, Michel Kamano et Lonceny Camara, SYMA..), voilà notre pays vendu à Blaise Compaoré et à la France. Tant pis pour notre indépendance chèrement acquise.
mohamed sampil, mardi 30 novembre 2010
Qui ,vivra, vera....Mohamed Sampil
mabinti bangoura, mardi 30 novembre 2010
binlahi wanlahi dieu est puissant la verite est la soyons dignes et sages dieu ne doorm pas merci mon dieu

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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