dimanche 13 septembre 2009
Présidentielle 2010 : Quelle marge de manœuvre pour les leaders politiques?

Si l’on s’en tenait aux recommandations faites dans le récent rapport de la Commission ad hoc, le premier tour de l’élection présidentielle devrait avoir lieu le 31 janvier 2010. Et comme la candidature du président Dadis à ladite élection devient de plus en plus plausible aux yeux de bon nombre d’observateurs avertis, la question que l’on serait tenté de se poser alors est celle de savoir quelle sera la marge de manoeuvre des leaders politiques.

 

Lorsque, dans ses toutes premières déclarations de prise du pouvoir, le capitaine-président Moussa Dadis Camara a clairement laissé entendre qu’il organiserait des élections libres et transparentes pour remettre les civils aux commandes du pays, la plupart des leaders politiques présidentiables ont nourri légitimement l’espoir de devenir enfin, par la voie les urnes, le premier magistrat de la Guinée. Mais depuis un certain temps, la donne politique semble avoir quelque peu changé. L’éventualité de la candidature du chef de la junte à la prochaine élection présidentielle est venue littéralement fausser tous les calculs des leaders politiques. Des mouvements se créent à longueur de journée et des manifestations ne se comptent plus pour soutenir ouvertement la candidature du président du CNDD à la présidentielle de 2010, au grand dam de toutes celles et de tous ceux qui espéraient vraiment voir le capitaine Moussa Dadis Camara et son équipe jouer pleinement et sincèrement le rôle d’arbitre impartial pendant cette phase cruciale de l’histoire de notre pays. Les Guinéens sont divisés désormais entre pro et anti-Dadis, avec tous les risques sociopolitiques que cela comporte. Si la candidature du capitaine-président Moussa Dadis Camara devenait officielle, la question que l’on serait tenté de se poser dans ce cas de figure est celle de savoir quelle serait la marge de manœuvre des leaders politiques qui ambitionnent d’occuper le fauteuil présidentiel par la voie des urnes. Pour bon nombre d’observateurs de la vie politique guinéenne, ces leaders politiques auraient grand intérêt à taire momentanément leurs sempiternelles divergences pour se mettre d’accord sur une stratégie commune en vue de conquérir le pouvoir. Dans le cas contraire, leur division se révélerait incontestablement comme un atout majeur pour l’actuel homme fort du pays et ses puissants soutiens au sein de l’administrative publique. Car l’expérience a montré maintes fois en Afrique que les présidents sortants perdent rarement les élections qu’ils organisent et auxquelles ils se présentent. Le défunt président gabonais Omar Bongo Ondimba n’est-il pas allé jusqu’à dire qu’il faut être bête pour organiser une élection et la perdre. Certainement, c’est en gardant à l’esprit ce genre de remarque que les partis politiques membres du Forum des Forces vives de la nation ne se sont pas fait prier pour se prononcer ouvertement contre une éventuelle candidature du capitaine-président Moussa Dadis Camara. Une bonne partie de la communauté internationale ne cesse également de maintenir discrètement mais fermement la pression sur la junte afin qu’elle respecte ses engagements à la lettre. Le capitaine Moussa Dadis Camara et ses compagnons du CNDD (Conseil national pour la démocratie et le développement) vont-ils céder à cette pression ? Voilà la pertinente question que beaucoup ne cessent de se poser en ce moment.

 

 

Mamy Dioubaté
L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com

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Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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