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Mohamed Diop, gouverneur de la ville de Conakry n’aurait pas eu accès au président de la transition le mercredi dernier, malgré plusieurs heures passées devant le domicile du général Sékouba Konaté, qui apparemment commence à prendre ses distances avec certains de ses proches « encombrants ».
Le gouverneur de la ville de Conakry qui voulait rencontrer le président de la République le mercredi dernier, n’aurait pas eu gain de cause, s’étant heurté au refus du protocole de le laisser entrer.
Mohamed Diop n’était sans doute pas le bienvenu à la nouvelle résidence du général Sékouba Konaté, son mentor qui l’a fait nommer au poste de gouverneur dès la prise du pouvoir par la junte.
Ce refus de recevoir le gouverneur de Conakry n’est-il pas un signe de désaveu ? En tout cas c’en a tout l’air, quand on sait que Mohamed Diop faisait partie du cercle des privilégiés dans l’entourage du président de la transition. Et qu’il pouvait avoir accès à lui au moment voulu. Mais le général Konaté ayant suffisamment tiré les leçons du parcours chaotique du Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD), qui s’est laissé abuser par des manipulateurs et autres apprentis sorciers veut certainement remettre de l’ordre au niveau de son cercle d’amitié.
Afin d’en extirper les brebis galeuses. D’après nos sources, vu que le nombre de courtisans qui démarchent le palais présidentiel va crescendo, il serait prévu dorénavant des mesures coercitives destinées à filtrer les entrées.
Le mercredi dernier donc Mohamed Diop aurait été admis dans l’enceinte de la résidence présidentielle située dans la commune de Kaloum.
Et il se serait installé dans la cour, attendant d’être annoncé au maître des lieux. Mais pour une fois, il ne pourra pas bénéficier de cet honneur.
Et c’est devant lui que le président de la transition serait sorti pour se rendre au palais Sékhoutouréya, où il devait recevoir les lettres de créances des ambassadeurs des Etats-Unis et de France, accrédités en Guinée.
Une cérémonie à laquelle avaient pris part les membres du cabinet présidentiel et le ministre des Affaires étrangères, Bakary Fofana.
Le général Sékouba Konaté, selon un des habitués du palais n’est pas dupe et il connaît ses vrais amis. Même si certains d’entre eux commencent à abuser de leur position dominante pour se livrer à des pratiques susceptibles d’écorner l’image du pouvoir central.
Le gouverneur de la ville de Conakry n’a pas bonne presse, depuis qu’il a déclaré publiquement le 28 septembre 2009 que ceux qui ont fait le déplacement pour le stade étaient des « loubards et des badauds ». Insinuant ainsi qu’ils méritaient bien ce qui leur était arrivé. Suite à cette répression sanglante qui a fait 156 morts selon les Nations Unies.
En prononçant ces propos saugrenus, il avait à ses côtés M. Baidy Aribot, actuel directeur général de la Caisse nationale de la sécurité sociale (CNSS). Ces cadres avaient en fait organisé une contre-manifestation dans la commune de Kaloum pour démontrer leur « attachement et leur fidélité » aux idéaux du CNDD.
Tout comme Diop, Baidy doit sa promotion à la magnanimité du général. Cet ancien ministre des Sports du gouvernement de consensus avait été secoué d’ailleurs par le scandale de la CAN 2006, organisée à Accra au Ghana.
Et la junte avait exigé des justificatifs autour des sommes englouties suite à la participation du Syli à cette compétition continentale.
L’ancien ministre des Sports avait fait des acrobaties pour démontrer qu’il n’avait pas grignoté dans les fonds, qui se chiffraient à quelques milliards de nos francs. Ses liens d’amitié avec Konaté, un des hommes forts du régime avait joué largement en sa faveur. Et il s’en était tiré au grand dam de ses détracteurs.
Aujourd’hui, le directeur général de la CNSS a repris du poil de la bête et se sent intouchable.
Pourvu que les pensionnés y trouvent leur compte. Car la CNSS n’a pas toujours été un parfait modèle de gestion. A propos du directeur, certaines indiscrétions lui vouent des ambitions. Baidy Aribot lorgnerait en effet du côté de la Banque centrale, son ancien employeur.
Une maison qu’il connaît parfaitement. Seulement, il n’y a pas gravi tous les échelons.
Et le moment semble bien opportun pour accomplir enfin ce rêve. Mais, d’après nos informations une telle démarche ne serait pas du goût de la présidence de la république.
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