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Le président Alpha Condé a quitté Conakry ce dimanche pour la capitale burkinabè, première étape d’une tournée qui va le conduire dans plusieurs Etats du continent. A Ouagadougou, Alpha a retrouvé ses habitudes aux côtés de son ami Blaise Compaoré, tout en prenant soin de rencontrer Moussa Dadis Camara, qu’il continue de ménager à des fins électoralistes.
Le choix de la capitale burkinabè comme première étape de ce périple d’Alpha Condé n’est pas fortuit. Comme l’a souligné le président lui-même devant la presse burkinabè : « Mes relations avec Blaise Compaoré remontent au temps où il était ministre de la Justice ; ce sont de très vieilles relations. En plus, il est le médiateur dans la crise guinéenne. Les relations entre la Guinée et le Burkina seront plus fortes. Je me mets à l’école du président Compaoré qui a une grande expérience, pour faire avancer la Guinée. » Alpha Condé a aussi mis cette occasion à profit pour faire des révélations sur ce qu’il faut attendre dorénavant de la coopération entre le Burkina Faso et la Guinée : « Je suis venu préparer la commission mixte paritaire entre le Burkina et la Guinée. J’ai déjà négocié avec la Chine pour la construction d’un chemin de fer Kankan - Siguiri – Bamako - Bobo-Dioulasso pour que le port de Conakry soit un débouché pour le Burkina ». Le chef de l’Etat était très à l’aise durant sa visite au Burkina qu’il connait du bout des doigts.
Alpha n’a pas rencontré que Compaoré au cours de l’étape ouagalaise. Il a aussi rendu visite à l’ancien chef de la junte le capitaine Moussa Dadis Camara, dans sa résidence de Ouaga 2000. Une villa cossue qui servait de refuge au professeur, lors de ces fréquents voyages au pays des hommes intègres, semble-t-il. Sur ce qu’ils se sont dit ? Pour le moment, la presse ne s’en est pas fait l’écho. Toutefois, on peut bien penser que la rencontre entre Alpha et Dadis pouvait porter essentiellement sur l’épineuse question de son retour au bercail. Le capitaine y tient. Et a le mal du pays. Ce retour pourrait également l’éloigner d’un éventuel risque d’extradition vers la Cour pénale internationale (CPI), une juridiction qui l’a dans son collimateur, suite aux massacres du 28 septembre. Le président qui a bénéficié du soutien de la Guinée forestière lors du 2e tour de la présidentielle, n’entend pas perdre cet électorat potentiel dans la perspective des législatives qui pointent à l’horizon. Il se voit donc obligé de ménager Dadis. Cela étant aussi une des conditions posée par Papa Koly Kourouma, actuel ministre d’Etat chargé de l’Energie et de l’environnement, pour sceller un ralliement avec le RPG. Alpha Condé avait promis de ne pas inquiéter l’ancien chef de la junte, malgré les fortes présomptions qui pèsent sur lui dans l’affaire du 28 septembre. Dadis et les siens comptent sur le concours du chef de l’Etat pour lui ôter cette épine du pied. Mais, Alpha pourra-t-il se substituer à la justice, pour protéger son prédécesseur ? L’avenir nous édifiera. Pour l’heure, comme la forêt n’entend pas lâcher son fils, elle peut certainement obtenir son retour au pays, contre un soutien à Alpha dans la course pour les législatives. Le doyen Galéma Guilavogui a d’ailleurs profité d’une visite du chef de l’Etat au siège de la coordination de la Guinée forestière, au lendemain de l’investiture, pour réitérer le soutien de cette partie de la Guinée au nouvel élu. La partie n’est donc pas perdue pour le capitaine Camara qui pourrait éventuellement rejoindre la Guinée où il pourrait également bénéficier de tous les avantages dus à son statut d’ancien président.
Pour revenir à la tournée présidentielle, il faut dire qu’elle mènera le nouvel homme fort de Conakry jusqu’en Ethiopie où il prendra part au Sommet des chefs d’Etat et de gouvernements de l’Union Africaine. Avant d’arriver à Addis-Abeba, Alpha fera un détour par Tripoli où le Guide libyen qui l’a soutenu durant la période électorale, sera certainement très ravi de le recevoir.
Dian Baldé Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com
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