Dans cette interview, le Pr. Mamadou Sow, Chef de Service d’Urologie à l’Hôpital Central de Yaoundé retrace son parcours et dessine ses perspectives pour la Guinée.
L’Indépendant : Présentez-vous à nos lecteurs
Pr Mamadou Sow : Je m’appelle Mamadou Sow. Je suis né à Dalaba en 1953, j’ai grandi à Bouliwel où j’ai fait mes études primaires. Ensuite, j’ai successivement étudié à Mamou, Dalaba et Kindia avant de me rendre à Dakar avec quelques amis. Après y avoir fait mes classes de Première et la Terminale, j’ai obtenu le baccalauréat série D en 1972 puis je me suis inscrit à la Faculté de Médecine et Pharmacie. Au terme de mes études de médecine, j’ai été reçu au concours d’internat en médecine. Après quatre années au C.H.U de Dakar, j’ai présenté une thèse de Doctorat d’Etat en Médecine (obtenu avec une mention très honorable avec félicitations du jury) et un Mémoire pour l’obtention du Certificat d’Etudes Spéciales en Chirurgie Générale. Parallèlement à mes études universitaires, j’ai été successivement Secrétaire général de l’Association des élèves et étudiants guinéens et membre actif du collectif des cadres et ressortissants guinéens au Sénégal. C’est à ce titre que nous rencontrâmes à Conakry le CMRN en avril 1984 avant de participer au mois de mai de la même année à la Conférence nationale sur l’éducation. Au terme de mes études, j’ai dû quitter le Sénégal en 1985. Je suis allé au Cameroun où je suis recruté en qualité d’assistant en Chirurgie au Centre universitaire des sciences de la santé de Yaoundé. Je me suis par la suite plusieurs fois rendu à Paris pour des stages de perfectionnement en Urologie à L’Hôpital de la Pitié Salpetrière (Professeur Christian Châtelain) et au Centre Hospitalier PELLEGRIN DE BORDEAUX (Professeur Michel Le Guilloux). En 1989, je suis présenté par la GUINEE (cette fois ci) au Concours d’Agrégation d’Urologie à PARIS. J’ai été reçu avec succès. La Guinée ne m’ayant pas proposé une affectation, je suis retourné au Cameroun où je suis depuis lors, Chef de Service d’Urologie à l’Hôpital Central de Yaoundé, un centre de santé de référence. Outre cette fonction, je suis depuis 1990 Secrétaire général de la Société Africaine d’Urologie tout en ayant été membre fondateur. C’est à ce titre que j’ai tenu à ce que soit organisé à Conakry en décembre 1996 un Congrès d’Urologie avec la participation active de l’Association Française d’Urologie. Président de la communauté guinéenne de Yaoundé pendant plus de 10 ans; j’ai toujours été même à l’extérieur, proche des miens, pour ne pas perdre le fil patriotique. J’ai à ce titre reçu à Yaoundé plusieurs délégations politiques et sportives guinéennes. Dans le cadre de mon action politique, je suis l’un des membres fondateurs de l’Union des forces démocratiques avant son éclatement.
Comment peut-on qualifier le développement de la Médecine camerounaise par rapport à la Guinée ?
Je pense qu’en la matière il faut éviter des comparaisons et souhaiter simplement un renforcement des capacités d’intervention de nos hôpitaux afin qu’ils répondent aux besoins des populations guinéennes.
L’urologie est une discipline qui n’attire pas toujours de nombreux étudiants en Afrique ?
C’est une question à reconsidérer. Dans les facultés de médecine africaines, de plus en plus d’étudiants sont intéressés par cette branche de la médecine. L’urologie est une vaste discipline médicochirurgicale.
Quelle lecture faites-vous de la situation politique en Guinée ?
Je pense que la Guinée, de par ses richesses naturelles et humaines, accuse un retard à rattraper. Nous sommes tous interpellés par ce défi. Nous devons être acquis aux exigences de la nécessaire mutation qu’impose la structure politique de notre pays. La Guinée est restée longtemps repliée sur elle-même, le moment est venu de créer les conditions d’une véritable ouverture. Ensemble, nous arriverons à des lendemains meilleurs.
Comptez-vous rentrer définitivement au bercail ?
Je ne suis pas tellement absent de la Guinée, je suis toujours revenu accompagner mes concitoyens pendant les moments difficiles et aujourd’hui, je suis disposé à y rester continuellement.
Quelles sont vos perspectives ?
M’installer définitivement en Guinée, vivre avec mes concitoyens l’héritage des systèmes précédents, construire ensemble une nouvelle Guinée plus ouverte aux apports fécondants de l’extérieur pour garantir à nos enfants et aux générations futures un avenir meilleur.
Propos recueillis par Mamadou Dian Baldé
L'Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com