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« L’Or, métal précieux, n’a jamais perdu sa valeur parce qu’on a jeté dessus des ordures, même les plus nauséabondes» Kaïmba CONDE
Cher lecteur,
J’ai lu ces dernières 72 heures, beaucoup d’insanités, de caricatures et de propagandes infondées sur le Pr. Alpha CONDE notamment sur certains sites alimentaires peu scrupuleux et peu soucieux de la protection du respect et de la dignité des personnes ; rendant ainsi impossible, tout échange constructif sur la base d’éléments factuels et irréfragables dont à besoin actuellement notre pays.
Si les articles y publiés n’engagent que leurs auteurs, il est par contre absolument du devoir des Administrateurs des dits sites de civiliser les échanges qui s’y font, à défaut de l’autorégulation des participants, en vérifiant au minima le contenu de ce qu’ils acceptent de diffuser sur leurs sites sans pour autant tomber dans l’excès de la censure, décapitant de fait, le débat : c’est une question d’éthique.
C’est le lieu pour moi de saluer l’excellent travail de M. SOW, Administrateur de Guineenet.org, pour son professionnalisme et sa vigilance quant au contenu des articles et commentaires qui sont acceptés sur son site.
Nous sommes tous Guinéens et notre but commun est le bien de notre nation toute entière et pour cela, chacun y va de ses moyens en essayant du mieux qu’il peut d’y participer. Cette participation est tout à l’honneur du participant tant que le débat reste civilisé et dénué de toute intention de circonvenir son auditoire.
Je n’aime pas les caricatures, je n’aime pas le mensonge (fut-il du poids d’un atome), je n’aime pas le journalisme alimentaire.
Avant de publier une information, le minimum n’est-il pas de vérifier sa crédibilité, évitant ainsi de participer à la boucle de propagation d’informations abjectes, souvent entretenues par d’anonymes fantômes ou de pseudonymes animés par l’inanité des chicaneries de mauvaise foi.
Il est plus que temps que la Guinée sorte de la profonde inimité qu’entretiennent encore certains de ses fils.
Aussi, ai-je décidé de remettre la vérité à l’endroit en réaction aux infamies tenues à l’encontre du Pr. Alpha CONDE. Je me tiendrai aux faits, rien qu’aux faits.
SES PARENTS
Le Pr. Alpha CONDE est né à Boké, en Basse-Guinée d’un père Malinké qui s’appelait Mamadou CONDE et d’une mère Soussou qui s’appelait Saran Camara, tous deux décédés : PAIX A LEURS ÂMES, PUISSE DIEU LES ACCUEILLIR DANS SON PARADIS, AMEN !
SON PARCOURS
- DE LA GUINEE A LA FRANCE
Alpha CONDE a fait sa primaire à Conakry, à l’école du centre. Il est ensuite allé au «Séminaire», le collège des Prêtes où il a suivi un cursus scolaire classique à l’instar de la majorité des élèves de cette école. On y formait également des prêtres.
A la fin de la troisième, il quitta cette institution pour le lycée Gambetta à Toulouse où résidait sa sœur ; il avait quinze ans.
Dès son arrivée à Toulouse, Alpha CONDE est tout de suite pris en main par ses aînés qui militaient déjà au sein de la FEANF (Fédération des Etudiants d’Afrique Noire en France), l’amenant ainsi naturellement à la politique. Toulouse était, après Paris, la plus importante antenne de la FEANF.
Durant sa Seconde, il assistait régulièrement aux réunions de la FEANF où il rencontrait entre autres : des Guinéens, des Ivoiriens, des Béninois, des Camerounais, des Congolais, etc.
Après sa Seconde, sa sœur l’envoya en Normandie, au lycée de Louviers pour y poursuivre sa Première. Le choix de la Normandie n’était pas anodin. En effet, le maire de cette ville, Pierre Mendès France, était le leader du Parti radical. Hors, en Guinée, le père d’Alpha CONDE soutenait également un homme politique affilié au Parti radical. Le président Mendès devenait naturellement son «correspondant».
Une fois son premier bac obtenu, à l’Académie de Rouen dont dépendait Louviers, il monta sur Paris pour y suivre sa Terminale au lycée Turgot. C’est là qu’il obtiendra son second baccalauréat en 1959; une période politiquement effervescente et tendue.
Après son baccalauréat, Alpha CONDE intégrera Sciences-Po tout en menant une licence de sociologie et une licence de droit à la Sorbonne. Là aussi, il se liera d’amitié avec des étudiants dont la plupart feront de belles carrières comme, entre autres : Michèle Alliot-Marie, Jean-Pierre Chevènement, Dominique Wallon, André Santini et le Professeur Maurice Duverger dont il deviendra un des assistants.
Il obtiendra son doctorat d’Etat en droit public en 1964 et commencera sa carrière comme professeur de droit et de sciences économiques à Paris I-Panthéon-Sorbonne.
Il enseignera également aux Télécoms de Paris (Ecole Supérieure des Postes, Téléphone, Télécommunications).
- SON MILITANTISME
L’engagement et le militantisme du Pr. Alpha CONDE dans la lutte pour l’indépendance de son pays et celle de toutes les colonies en Afrique fut entier dès son arrivée en France.
Mais, c’est à partir des années 1955-1956 qu’il s’impliqua totalement dans les débats. L’essentiel de ses activités militantes concernaient l’Afrique en général et son pays en particulier.
C’est ainsi qu’il fera campagne, au sein de la FEANF («section Guinée ») pour le «Non» quand le général De Gaulle proposa, par référendum, le 28 septembre 1958, d’approuver la constitution de la Ve République et la nouvelle Communauté Française. Ce «Non» permettra à la Guinée d’accéder à l’indépendance.
Cette lutte pour l’indépendance de la Guinée était menée également, en parallèle, sur un autre front, intérieur celui-ci; celui du PDG de feu Sékou TOURE (PAIX A SON AME). C’est ainsi que la FEANF apporta un soutien total à Sékou Touré pendant les trois premières années de l’indépendance.
Jusqu’en 1961, Alpha CONDE allait souvent en vacances en Guinée où il rencontrait feu Sékou TOURE (PAIX A SON AME), sur invitation de ce dernier avec qui il entretenait d’excellentes relations et qui semblait attentif à ses analyses.
Cette entente cordiale va se dégrader très vite notamment quand Alpha CONDE découvrit la tactique mise en place par le PDG pour liquider les «forces progressistes». C’est dans ce climat qu’éclata, le 24 novembre 1961, la première insurrection, menée par les jeunes filles du collège de Conakry, contre le régime en place. La manifestation est violemment réprimée par le ministre de la Défense de l’époque, Keïta Fodéba faisant une vingtaine de mort et des centaines de blessés dès les trois premiers jours. Plus de cent morts et disparus sont dénombrés au final.
Dès lors, pour Alpha CONDE et la FEANF, le front commun qui leur liait au PDG, instauré en 1958, venait d’être rompu.
Le PDG s’étant montré sous son vrai jour comme étant un instrument d’oppression du peuple, il venait de fait, de trahir son projet initial auquel, il faut reconnaître, certains de ces membres sont restés fidèles ; mais impuissants face à la machine politique.
Parallèlement à la FEANF, Alpha CONDE militait et avait des responsabilités dans d’autres organisations dont l’AEGF (Association des Etudiants Guinéens de France) qui se fédéraient au sein de la FEANF. Il s’investissait sur plusieurs fronts, étudiant, syndical et politique. C’est ainsi qu’il est élu président de la FEANF en 1964.
Ensuite, il assurera, entre 1967 et 1975, le rôle de coordonnateur des dirigeants des groupes nationaux au sein de la FEANF.
Ses nouvelles fonctions l’amèneront à participer à de nombreux colloques internationaux et à des réunions politiques dans plusieurs capitales du Tiers-Monde.
Tout en conservant des responsabilités à la FEANF et à l’AEGF, il militait au sein du Sne-Snup, le syndicat de l’enseignement supérieur.
De Gaulle, après le «Non» historique de la Guinée au referendum de septembre 1958, avait coupé toutes relations avec feu Sékou Touré (PAIX A SON AME). Les différents gouvernements français qui se succédèrent (de De Gaulle à Pompidou) affichaient une réelle tolérance à l’égard des actions menées par le Pr. Alpha CONDE et ses camarades, contre le régime guinéen.
C’est dans ce contexte qu’éclatent les évènements des 22 et 23 novembre 1970 avec le débarquement de trois cents cinquante mercenaires, dont deux cents portugais et une centaine d’anciens soldats guinéens de l’armée coloniale française, sur cinq points de la ville de Conakry.
Après plus de onze heures d’occupation (de 2 heures du matin à 13 heures) des points stratégiques du pays, sans éprouver la moindre résistance, la réplique est déclenchée à 14 heures par les combattants du PAIGC (Parti Africain pour l’Indépendance de la Guinée et du Cap-Vert, fondé en 1956 par des militants indépendantistes, autour d’Amilcar Cabral).
Feu Sékou Touré (PAIX A SON AME), face à l’ambigüité affichée par Washington, a su retourner la situation à son profit en présentant le PAIGC comme la cible principale et le Portugal comme l’agresseur. Une habilité qui lui permettra par la suite d’écraser toutes les oppositions à son régime, en affirmant que « l’agression intérieure était plus importante que l’agression extérieure»; tout le contraire de ce qu’il disait aux premières heures de l’agression.
Quatre-vingt onze guinéens et quatre portugais furent condamnés à mort (dont le Pr. Alpha par contumace). Parmi les condamnés à mort, on y trouvait des ministres en exercice, des responsables du PDG, des hauts-fonctionnaires, etc.
Le Pr. Alpha CONDE publiera, quelques mois plu tard, un sévère réquisitoire contre la prétendue république de feu Sékou Touré (PAIX A SON AME) sous le titre «Guinée : l’Albanie de l’Afrique ou néo-colonie américaine ? ». Il appellera également, dans un langage très marqué par les clivages idéologiques de l’époque, « à l’organisation et à la mobilisation des masses en vue de la longue lutte pour la révolution nationale, démocratique et populaire. »
La Guinée fut interdite au Pr. Alpha CONDE; lui et ses camarades subissaient les foudres des agents du régime guinéen. La situation sociale de beaucoup d’étudiants guinéens était également des plus précaires. Privés de bourse, ils devaient travailler pour poursuivre leurs études ; travail qu’ils ne trouvaient que difficilement.
La relative neutralité des pouvoirs publics français à leur égard, permettra à l’AEGF et à la FEANF, loin d’être ébranlées, d’affermir leur position patriotique.
En juillet 1975, Valéry Giscard d’Estaing renoue avec la Guinée. Suite à cette normalisation des relations franco-guinéennes, on fera comprendre très vite au Pr. Alpha CONDE que sa farouche opposition au régime guinéen n’était pas compatible avec sa fonction de professeur d’université, qui le tenait à un devoir de réserve.
Le Pr. Alpha CONDE comprit dès lors, qu’il lui fallait, ou se taire ou quitter l’enseignement : Il choisira la seconde option en 1977, une opportunité s’étant présentée.
Cette opportunité qui le permettra de retrouver rapidement une indépendance financière, lui avait permis également de se rapprocher de ses partisans et de la Guinée, poursuivant ainsi son combat qu’il amplifia.
A tout instant, il pouvait être arrêté ou assassiné s’il relâchait sa vigilance. Il avait des relais partout dans le pays, même s’il ne pouvait aller sur le terrain ; l’obligeant ainsi d’agir dans la clandestinité.
Le combat qu’il mène pour la Guinée n’est pas négociable à ses yeux et aucun sacrifice personnel n’est de trop pour y parvenir : la Guinée doit sortir de ses 53 ans de «tétraplégie» totale (liberté, démocratie, justice et travail sont les quatre membres affectés).
A venir :
- SON PARTI, LE RPG
- DE LA FRANCE A LA GUINEE
- SES AMIS
SA FORTUNE
SA PRESIDENCE
Et si on perçait l’abcès
« Les contradictions de la nature humaine démontrent l’impuissance de l’homme à trouver la vérité et la justice. Etant donnée la relativité des choses humaines, l’art de vivre doit se fonder sur une sagesse prudente, inspirée par le bon sens et l’esprit de tolérance » Michel Eyquem de Montaigne.
Paris, 17 juillet 2010
Togba ZOUMANIGUI
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