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Le 23 décembre dernier, on le sait, le capitaine Moussa Dadis Camara a été porté au pouvoir par le Conseil National pour la démocratie et le Développement (CNDD). Dès le lendemain, les opportunistes et les démagogues, toujours tapis dans l’ombre, ont commencé à affûter leurs armes pour essayer de distraire les nouvelles autorités du pays, comme ils l’ont fait ces 24 dernières années avec le défunt président Lansana Conté.
Tous les observateurs avertis s’accordent à reconnaître qu’il serait salutaire aujourd’hui de mettre littéralement le capitaine Moussa Dadis à l’abri des démagogues et des opportunistes, ces individus dont la capacité de nuisance reste non négligeable auprès des détenteurs du pouvoir politique et économique. Pendant les 24 ans de règne du Général-Président Lansana Conté, l’on a assisté à une véritable prolifération de mouvements de soutien à celui qui était alors le maître incontesté du pays. Des mouvements qui, à vrai dire, n’avaient en commun que l’ardent désir de bénéficier des avantages indus et des passe-droits et de transformer les services de l’Etat en une vache laitière. Des tournois de football et des cérémonies aussi nombreux qu’inutiles ont été organisés aux quatre coins du pays pour faire croire, avec une bonne dose de démagogie, que le Général-Président Lansana Conté et son régime étaient pour le peuple de Guinée ce qu’il lui fallait pour vivre décemment et baigner dans le bonheur infini. Dans les discours, les hauts cadres de l’administration publique (ministres, directeurs nationaux, gouverneurs de région, préfets, sous-préfets) avaient choisi, dans leur écrasante majorité, de verser dans la démagogie et la flagornerie. Nombreux sont aussi les jeunes gens qui, au lieu de monter des projets viables, ont plutôt préféré enfiler des habits d’opportunistes et de courtisans pour organiser des manifestations en faveur des détenteurs du pouvoir politique ou économique. Et chacune de ces manifestations demandait des dépenses considérables de la part de celles ou de ceux qui avaient grand besoin de se faire entourer d’une armée de laudateurs et de flatteurs. Les dédicaces d’albums, les rencontres sportives, les danses folkloriques et autres mamayas étaient toutes parrainées ou présidées par des membres du Gouvernement ou des personnalités en vue (hommes d’affaires, commerçants, directeurs de sociétés privées, etc.), pour des raisons que l’on peut deviner aisément. Les caisses de l’Etat en ont énormément souffert. Face à cette situation qui avait commencé à prendre des proportions inquiétantes, l’ancien Premier ministre Lansana Kouyaté avait formellement interdit aux membres de son gouvernement et à leurs épouses d’accepter le parrainage ou le ‘’marrainage’’ des activités culturelles et des manifestations d’ordre politique ou social. Le capitaine Moussa Dadis Camara vient d’être porté à la tête du pays par le CNDD (Conseil national pour la démocratie et le développement). C’était le 23 décembre dernier, suite à la disparition du Général-Président Lansana Conté. Mais la crainte que l’on pourrait exprimer aujourd’hui est celle de voir à nouveau des bandes d’opportunistes et de démagogues s’accrocher, par tous les moyens, aux basques des nouvelles autorités du pays, avec l’intention inavouée de vivre comme des parasites prêts à toutes les bassesses.
A travers la ville de Conakry, l’on voit déjà des banderoles soutenant le CNDD et son Président. Il est à espérer que le capitaine Moussa Dadis Camarade et son équipe ne se laisseront pas distraire ni endormir par des gens dont la seule préoccupation est de se servir de l’Etat au lieu de le servir loyalement et avec abnégation. Le temps des flatteries intéressées est révolu. Il serait souhaitable qu’on mette enfin l’homme qu’il faut à la place qu’il faut. En cinquante d’indépendance, les Guinéens n’ont que trop souffert de la gestion scandaleuse des immenses richesses de leur pays.
Mamy Dioubaté Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com
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