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Question simple mais qui fait couler beaucoup d'encres et de salives, vu la situation actuelle de nos pères de famille de 10 ou 15 enfants. Nous savons pour la petite histoire que, bien avant l'arrivée des colons, nos parents et grands-parents mangeaient bien à leur faim, en pratiquant une agriculture diversifiée selon les saisons. Avec l'arrivée du colon, la donne va changer. Le cultivateur guinéen qui voyait en l'agriculture une façon de se nourrir, d'approvisionner les familles et voisins et vendre ensuite le reste de sa récolte aux villages voisins, va être poussé par les colonisateurs qui, eux voyaient l'agriculture comme un moyen de profit, à changer d'idée. Car selon eux, cette agriculture était primitive et sans fondement. L'agriculture vivrière, qui jusqu'alors permettait de nourrir des millions de famille, se transformera ainsi en culture de profit. Ainsi donc, la région de la Haute Guinée qui pouvait produire de l'igname pour toute la Guinée, va être poussée à planter du coton à la place de l'igname, pour rendre service aux colonisateurs qui en avaient urgemment besoin pour confectionner ses manteaux, protection nécessaire contre la rigueur de l'hiver. La région de Basse Guinée, qui elle aussi, pouvait produire du riz, va se voir forcer à creuser la terre de nos ancêtres, pour l'exploitation de la soi-disant bauxite qui, jusqu'aujourd'hui, ne fait d'ailleurs pas l'affaire du Guinéen moyen. Car, il faut avoir le ventre plein pour penser à faire de l'aluminium. C'est ainsi de suite dans toutes les régions de la Guinée, sans exception aucune. Premièrement, le colonisateur leur disait qu'ils n'avaient pas besoin de cultiver du riz ou de l'igname, parce qu'ils pourraient se les procurer à bas prix, avec leurs salaires issus du coton ou des mines de bauxite. Deuxièmement, leurs aliments de base pourraient être importés de l'extérieur, à des prix moins chers. Ce qui allait détruire le marché local, et déstabiliser l’agriculture. Maintenant que la valeur de nos produits locaux (riz, ignames et autres) a disparu au profit de celle de l'or, le diamant, et la bauxite. Ainsi, la question « pourquoi le Guinéen meurt-il de faim ? », date du colonialisme qui avait poussé le digne cultivateur guinéen à abandonner son champs de riz et de fonio au profit des champs de cotons et des mines de diamants. Or, ces minéraux continuent à être exporter, à des prix imposés, sans aucune retombée sur le quotidien du Guinéen. Ces facteurs ont créé chez le consommateur guinéen une véritable dépendance du riz importé et autres aliments de base, comme la farine non cultivée dans le pays. Raison pour laquelle à chaque fin de mois, nous tournons les regards vers l’Océan, en espérant que la cargaison de riz nous proviendra de la Chine, qui elle aussi, a des millions voir des billions de bouches à nourrir. Le résultat, c'est la flambée des prix ! Et alors, nos pères de famille qui ne savent plus à quel saint se vouer, sont réduits à une pauvreté absolue, sous-tendue par une mendicité chronique.
Il ne faut pas se leurrer, tant que nous ne changerons pas de mentalités en revenant à la case de départ, c'est à dire revaloriser l'agriculture vivrière, produire plus de riz et fournir beaucoup plus d'énergies dans ce secteur, l'autosuffisance alimentaire restera toujours un rêve en Guinée. Barry Tutankhamon pour www.guineeactu.com
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