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Nous sommes à une période de la vie de notre nation pendant laquelle nous devrions nous poser des questions, que nos aînés avaient échoué ou refusé de se poser en avril 1984. Ces questions concernent notre parcours de l’indépendance 1958 à 1984 ; et de 1984 à nos jours. Cela nous permettra de détecter les erreurs du passé, puis de procéder à leur réparation (si possible) ; ensuite d’adopter une nouvelle stratégie pour empêcher la répétition des mêmes « bêtises ». Ceci dit je me suis posé un certain nombre de questions : 1- Pourquoi l’administration guinéenne (civile ou militaire) est-elle une pourriture à tous les niveaux (de la présidence jusque dans les quartiers) ? Qui est coupable ? Comment cela est-il arrivé ? 2- Pourquoi toutes les tentatives (s’il y’en a eu) de détrôner le dictateur ont-elles échoué ? 3- Quelle est la nouvelle stratégie à adopter ? Le premier coupable c’est nous : Notre peuple, qui applaudissait le responsable suprême de la révolution mêmes dans ses bévues notoires. D’ailleurs n’avait-il pas insulté, tenté d’exterminer l’ethnie peulh sous les applaudissements des ministres peuls ?... Dès la disparition du tyran, nos aînés auraient dû œuvrer à ce que l’histoire ne se répète plus. Hélas ! Cela n’avait pas été fait Le deuxième coupable : Nos leaders de l’opposition. Ils ont une part de responsabilité dans la genèse de cette situation, selon moi. Comment ? Au début du multipartisme en Guinée des années 90, étant tous egocentriques, ils avaient tous refusé le Bipartisme proposé par Conté (ce qui leur donnait plus de chance pour détrôner le dictateur). Ils étaient tous enthousiastes du pouvoir. Déçus par les mascarades électorales et leur exclusions dans la gestion du pays, ils ont graduellement tous baissé les bras et accepté la situation telle qu’elle avait été décidée par le Général ; abandonnant ainsi leur peuple dans les mains du dictateur et ses multiples clans. Certains parmi les leaders de l’opposition passent plus de temps à l’étranger qu’en Guinée…. C’est l’une des grosses erreurs l’opposition Comment peut-on prétendre être président d’un peuple qui vit dans la misère de l’Afrique, alors que l’on passe 90% de son temps sous la neige de l’occident ? Heureusement que le peuple ne suit qu’un leader qui se met devant lui ; un exemple frappant : il a fallu un petit courage du syndicat en 2007 pour que toute la Guinée se rallie Comment la situation qu’on vit actuellement en Guinée s’est –elle mise en place ? Le successeur au « trône », Lansana Conte n’avait fait que continuer la politique de Sékou : l’exclusion et l’intimidation. Il commença par écarter tous ses compagnons du CMRN, ensuite se fît entourer que d’Hommes incapables, égoïstes, apatrides, en leur confiant de hautes responsabilités de l’administration (civile et militaire). Ce stratagème a eu 2 conséquences désastreuses pour notre pays : a) Il a permis au General de conserver le pouvoir illégalement les 2 dernières décennies b) Cette tactique s’est propagée graduellement partant du sommet, jusqu’en bas l’échelle de l’administration guinéenne. C’est comme si on faisait tomber un petit Object sur la surface d’une eau calme Chacun de ces cadres médiocres qui occupent la haute hiérarchie de l’Etat, crée son propre cercle à son tour en choisissant ses propres hommes ; comme l’a fait le Général Président. C’est le début d’une cascade de nominations basées sur le népotisme, le copinage …. Ce processus a abouti à la formation de multiples cercles ou clans interdépendants dans l’administration civile ou militaire, et chaque individu de chaque cercle est prêt à tout pour maintenir celui qui lui a attribué son poste. Car son poste juteux dépend de ce dernier La conséquence immédiate de ce phénomène est l’exclusion des Hommes compétents, c'est-à-dire, les cercles ou clans devenant hermétiquement fermés devant les bons cadres, que ceux-ci sont, soit arbitrairement mutés, soit bannis pour la promotion, soit radiés de la fonction publique, quelle que soit leur compétence.…. Beaucoup de ces cadres exclus de l’administration finissent par s’exiler. Un grand nombre de ces Hommes marginalisés (militaires et civils) servent d’autres nations aujourd’hui, …. C’est la Guinée qui a perdu Les répercutions à long termes, nous les vivons actuellement : le clientélisme, le détournement des deniers publiques, l’impunité, le népotisme … il suffit que tu appartiennes à un des clans proches du sommet ou que tu aies des relations avec un des membres influents d’un cercle pour que tu sois au-dessus de la loi . Autres conséquences : les revendications successives à tous les niveaux avec des pertes de vie humaines qui sont devenues monnaie courante. Ne dit-on pas dans un de nos adages africains que l’odeur d’une matière en décomposition ne peut être contenue très longtemps, puisque dès que le container se remplit, un jour elle (l’odeur) va s’échapper. C’est ce que nous vivons aujourd’hui en Guinée, tout est pourri, et il y a eu de multiples trous sur tous les containers …. Une des solutions pacifiques, douce pour l’éradication de cette pourriture, est le démantèlement graduel de la stratégie mise en place par Conté Quelle est la stratégie à adopter pour l’accomplissement de cette tâche colossale ? À suivre... Baldé MS NY USA pour www.guineeactu.com
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