|
Plus de cinq mois après l'élection présidentielle qui a permis à la Guinée de s'affranchir du joug de l'Armée, aucune date n'est fixée pour les législatives qui devraient avoir lieu six mois après celle-ci, aux termes des accords de Ouagadougou en date du 15 janvier 2010. A l'exception des rumeurs qui fixent ces élections en fin d'année, aucune information officielle n'est disponible à cet effet.
L'Union européenne et d'autres partenaires au développement, ce n'est un secret pour personne, ont déclaré qu'ils n'apporteront leur aide quelle qu'elle soit à la République de Guinée que lorsqu'elle aura fini de mettre en place une assemblée nationale représentative du peuple.
Malheureusement pour le pays et ses pauvres citoyens laminés par la cherté de la vie, le Président Alpha Condé qui déclare partout où il passe, avoir hérité d'une caisse vide, n'évolue pas dans le sens de permettre à la Guinée de s'offrir ce soutien des partenaires, plus qu’indispensable à son développement.
A la place de l'opposition, qui aurait dû faire de la révision de la liste électorale la condition sine qua non de sa participation aux prochaines élections législatives, c'est Alpha Condé qui trouve la liste électorale à travers laquelle il a été élu, très peu fiable et exige un nouveau recensement. En dépit de la crise financière dans laquelle se trouve le pays.
Pour bon nombre d'observateurs de la scène politique guinéenne, loin d'une volonté de tenir une élection crédible et acceptable par tous, Alpha Condé, élu avec seulement un peu plus 52 %, et son parti le RPG (Rassemblement du Peuple de Guinée), qui veulent obtenir la majorité à la future assemblée nationale, semblent avoir choisi la formule "Reculer pour mieux sauter".
Les déplacements intempestifs du Premier ministre et de certains membres de son gouvernement à l'intérieur du pays sous prétexte de toucher du doigt les réalités alors qu'ils y vont pour appeler les population à accorder leur suffrage à Alpha Condé à l'occasion des législatives, pour consolider son pouvoir, illustrent d'après les mêmes observateurs qu’Alpha Condé retarde les législatives pour mieux se préparer.
Cet état de fait qui laisse la main libre à l'exécutif et ouvre la voie à la dictature et impacte aussi négativement sur le développement économique du pays, devrait alors prendre fin pour la survie de notre jeune démocratie et pour le bonheur des Guinéens.
Heinan Condé de Conakry pour www.guineeactu.com
|