mardi 3 novembre 2009
Pourparlers inter guinéens à Ouagadougou : Les Forces vives face à la junte

Les acteurs de la classe politique vont se retrouver à partir de ce 3 novembre dans la capitale burkinabé. Ils répondent ainsi à l’invitation du facilitateur de la crise guinéenne, le président Blaise Compaoré, nommé au lendemain des événements malheureux du 28 septembre 2009. Le Forum des Forces vives a dépêché une trentaine de représentants à Ouagadougou, où la junte aura également sa délégation.

 

Le grand absent à ce rendez-vous sera le capitaine Moussa Dadis Camara, qui n’a pas bougé de son quartier général du camp Alpha Yaya Diallo. N’empêche tous les regards sont tournés vers Ouagadougou, capitale du Burkina-Faso où vont débuter les pourparlers inter guinéens, qui devraient à aboutir à une sortie de crise.

Parlant de l’absence de Dadis à cette rencontre, un membre des Forces vives trouve que cela ne pourra affecter le cours de la réunion. Il a indiqué que la rencontre de ce mardi va marquer le point de départ d’une série de réunions qui auront lieu aussi bien à l’étranger qu’à Conakry, dans le cadre de la médiation de la crise guinéenne. Il n’est donc pas dit que tout pourra se résoudre à partir de ces pourparlers devant commencer ce mardi. Qui devront servir en quelque sorte de prise de contact avec le facilitateur, selon notre interlocuteur.

Quant au déroulement des travaux, on ne sait pas quelle méthode adoptera Blaise Compaoré. S’il faut réunir ensemble les deux parties pour débattre de la situation de crise qui mine le pays ou s’il faut s’entretenir différemment avec chacun des protagonistes.

Pour le moment, d’après nos informations, les Forces vives auront un tête-à-tête avec le Facilitateur ce mardi. Malgré cette médiation, la communauté internationale accentue la pression sur la junte qui se voit infliger des sanctions de tous les côtés.

Sans oublier les commissions d’enquête sur le massacre qui seront créées, pour faire la lumière sur cette répression qui a fait plus de 150 morts selon l’ONU.

L’ONU qui a constitué sa commission vendredi dernier sur ces événements. Cette commission d’enquête des Nations unies est composée de trois membres dont deux femmes.

Son président Mohamed Bedjaoui est un juriste et ancien ministre des Affaires étrangères algérien, qui a aussi occupé les fonctions de juge au près de la Cour internationale de justice.

Mohamed Bedjaoui sera assisté dans sa tâche de Mme Françoise Ngendahyo Kayiramirwa, une ancienne ministre des Droits de l’homme du Burundi et Mme Pramila Patten, membre du comité des Nations unies pour l’élimination contre les discriminations contre les femmes.

L’arrivée du trio en Guinée est prévue pour la mi-novembre. En attendant, ils devront se rendre à New York pour rencontrer Ban Ki-moon.

Ils disposent de trois semaines pour boucler leur enquête, qui permettra de déterminer les responsabilités dans les tueries du 28 septembre.

L’Union européenne elle, a pris des sanctions contre 42 membres de la junte, les privant du coup de toute possibilité d’entrer sur le sol européen. Ces personnalités verront leurs biens également gelés, par l’UE. Les Etats-Unis ne sont pas en reste dans cette pression contre la junte guinéenne.

Comme le confirme ce communiqué de l’Ambassade des USA en Guinée : « Les Etats- Unis ont imposé le 23 octobre 2009 des restrictions sur l’entrée aux Etats-Unis de certains membres de la junte militaire et du gouvernement, et d’autres individus qui ont soutenu la politique et les mesures visant à entraver le rétablissement de la démocratie et de la légalité en Guinée. Les citoyens guinéens méritent le droit de pouvoir choisir leurs propres leaders après des années d’autoritarisme. La junte militaire au pouvoir a montré qu’elle ne respecte pas les droits de l’homme et qu’elle est incapable de mener en Guinée une transition pacifique vers la démocratie ».

Lâché de toute part, le CNDD devra dorénavant se trouver d’autres alliés pour mener la barque. Elle n’aura certainement pas à se faire des soucis pour ça, surtout que des pays comme la Chine et la Russie, qui sont des alliés traditionnels de la Guinée, eux, sont moins regardant sur les questions des droits de l’homme et autres principes démocratiques.


Dian Baldé
Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com

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Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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