dimanche 21 septembre 2008
Pour une implication responsable et agissante de la Diaspora guinéenne
El Hadj Soumah

Suite à mon intervention relative au dernier posting de notre compatriote Ibrahima Diallo de Londres, ma réponse (privée) a été présentée sur certains sites comme une chronique avec ma photo mais sans mon aval.

Toutefois, je revendique le contenu publié même si je me dois d’étayer mes propos en utilisant un langage plus académique par rapport aux 2 principaux points abordés :

-       l’aide substantielle que nous apportons à nos parents restés sur place et qui pérennise, de facto, le système que nous dénonçons,

-       les divers moyens de pression à utiliser pour faire prévaloir notre poids face à des décideurs qui nous prennent encore et toujours pour des citoyens de seconde zone.

Comment la Guinée pourrait-elle se développer si elle continuait de mépriser toute une frange de sa population qui va des jeunes aux femmes, en passant par ses centaines de milliers de compatriotes qui vivent à l’étranger ? Même si nous nous perdons en conjectures sur un chiffre qui oscillerait autour des 2 millions d’individus, il ne serait pas faux de déclarer que près de la moitié de la population guinéenne aurait vécu hors du territoire national pendant plusieurs années, surtout durant la période de la répression sanguinaire du PDG.

Pourquoi n’aurions-nous pas le droit d’intervenir dans les prochains scrutins ? Que resterait-il des projets prévus par l’ancien ministre des Guinéens de l’extérieur ? Notre silence ne serait-il pas un aveu d’impuissance et un quitus ? La Guinée devrait-elle être gérée ad vitam aeternam uniquement par ceux-là mêmes qui auraient échoué depuis 50 ans ? Où est le château d’eau de l’Afrique et que dire du scandale géologique ? Cette « malédiction » pitoyable et acceptée par fatalisme ne serait-elle pas volontaire et coupable? Il est temps de se faire entendre.

Il est temps que nos gouvernants prennent en compte tous ces Guinéens qui ne demandent qu’à servir leur pays selon leurs moyens et leurs domaines de compétences. Plusieurs pays donnent un exemple éloquent dans le cas d’espèce en les faisant représenter jusque sur les bancs de l’assemblée nationale et par des programmes d’appels d’air pour un retour massif dans le domaine de l’investissement et de la transmission de l’expérience acquise à l’étranger. Il est temps que la Guinée compte enfin sur ses propres forces plutôt que de tendre la main ou de prendre les prochaines générations en otage par une dette incontrôlée et incontrôlable.

Ces Guinéens, patriotes pour la plupart et qui ont mal au vu du spectacle affligeant que donne notre pays, devraient sortir des sentiers battus, des querelles partisanes, des schémas de salon, des considérations ethno-stratégiques pour se lever comme un seul homme. Ils l’ont prouvé à suffisance à chaque fois que le besoin se faisait sentir.

Voici entre autres, quelques actions déterminantes dont la liste n’est pas exhaustive :

-       Le refus de convoyer un seul médicament ne ferait pas de la Guinée un cimetière.

-       Le refus d’envoyer le plus petit des centimes ne ferait pas des Guinéens des éternels assistés.

-       Le refus de poursuivre les chantiers en construction ferait baisser les coûts des matériaux au grand dam des requins qui ne permettent plus au Guinéen lambda de se doter d’un toit.

-       Le refus de se rendre au pays ne pousserait pas Air France à mettre la clé sur la porte.

Par contre, cette attitude citoyenne ferait bouger les choses, au point de dépasser la plus contraignante des embargos économiques ou des résolutions de l’ONU.

De plus, une action concertée avec les jeunes pourrait aller jusqu'à interdire le fonctionnement de tout groupe électrogène tant que nos nuits seraient dérangées par ce tintamarre. C’est à ce prix que nous serions tous logés à la même enseigne face au système D.

Dans la Guinée du « tous coupables » un simple fonctionnaire ou un sans-emploi dealer pourraient cumuler toutes les formes de facilités de vie au milieu de la misère ambiante, recevoir des vivats et faire des émules.

De ce fait, il reste clair qu’une action de cette envergure, serait le point de départ de la résolution de tous nos problèmes à travers une justice aveugle (non divine) vis-à-vis de tous, une politique rigoureuse qui enfanterait des plans de développement pour le bien-être généralisé…. le retour aux vertus cardinales de l’éthique, du mérite et du partage équitable des richesses nationales.

Le Président Mandela n’avait-il pas insisté pour la rigueur de l’embargo tout en sachant que c’est la communauté noire qui en payait un lourd tribut, mais pour quel résultat in fine ?

Croyez-vous que Mugabe aurait lâché du lest si son pays avait été aussi abandonné que la Guinée par la communauté internationale ?

Ce n’est pas un appel à la pagaille, à l’anarchie, à l’instabilité ni à la révolution « guinéenne ». Mais le juste retour des choses, comme cela se pratique dans tous les pays qui voudraient vivre en paix et se développer.

Plus que le Régime décrié à faire chuter, c’est le système vicié et verrouillé à la base qui devrait être la cible principale, sinon tout projet politique qui en découlerait serait moribond.

Qui avait dit a kha dan ? Donc, il est temps d’agir si nous voulons compter sur nous-mêmes car plus personne ne semble s’inquiéter du devenir de la Guinée, notre chère patrie.

El Hadj Soumah, Paris

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Vos commentaires
Th.Hamidou Barry.USA, mercredi 24 septembre 2008
Il faut encourager de recrutement de jeune volontaire pour en a faire une faction de rebelle.nous les diaspo on vas les appuis logistiquemt "fric".Le depart de la rebellion sera au Pont 8 novembre ckry1 pas a Yomou.Une heur de nous serons a la porte de sekoutoureya.Nino Viera serai oblige d envoyer son Hilico pour conte et j`en suis sur Conte va prendre la tengente et le peuple est libre.Guinee bissao n oseron pas d envoyes de militair cette fois ci...walahi.
Fodé Tass Sylla, mardi 23 septembre 2008
Pardon, pardon, Elhadjiii !!! Ne faites pas prospérer ce projet de boycott. Autrement, vous aurez concourru à l`effet contraire du mal que vous pensiez soigner. Vous n`aurez condamné que les innocentes populations, éternellee victimes de nos choix, à la diète programmée ou à l`exil. Et nous sommes trop nombreux pour aller vous engorger là-bas. Ecoutez les "sages" conseils de vos jeunes guerriers Ollaid et Moussa de Toronto. Sinon, moi je prendrai la famille, dès demain, pour te rejoindre. Ton peuple ne vit plus, il survit. Si vous décidez de couper le cordon... Bon, on va continuer à survivre, mais ceux là que vous pensez atteindre, ne "vont même pas au marché". Ils vous l`ont déjà dit, non? Piochez encore pour inventer autre chose de moins heurté, Elhadj!
DRAHAMANE, lundi 22 septembre 2008
Elhadj baga Foté.Ton analyse ,je la partage.Je suis aujourdhui convaincu que notre seul recours c`est la diaspora et je suis favorable meme à une rebellion organisée de l`exterieur pour venir chasser conté et les vautours.IL n`y a à l`interieur aucune perspective,aucune alternative ,aucune issue!C`est Chantal Colle qui est à la UNE!le pays est desespérant,deconcertant avec des dirigeants dégoutants!j`ai un article tout pret sur le cas chantal,mais à la reflexion je me suis dit que ce serait insulter les guinéens que de reflechir sur chantal colle à plus forte raison ecrire sur cette plaie de la republique.Chantal est au coeur du dispositif vautourien du pays et Conté qui est l`Etat,la justice,le parlement a pour priorité de gerer les frasques de ses epouses multiples et variés,mais aussi de ses supposées maitresses.C`est une tradition bien Guineenne qui fait que les maitresses officielles soient partie intégrantes des corps constitués de la republique bananiere.Cela resulte du fait que les lits de nos dignitaires sont des facteurs de "promotion feminine"et les femmes faciles ont toujours eu la part belle.En ce mois benie de ramadam,je souhaite que Dieu nous chasse du territoire tous ces vautours.Qu`ils aillent avec le diable aux diables!(texte non relu)
Ibrahima Diallo_"Ollaid", lundi 22 septembre 2008
Autre contribution: commençons par rendre la vie dure et même impossible a l`Etranger pour tous ceux qui nous font souffrir au Pays. Certains après avoir collaboré avec notre Général, une fois renvoyé s`enfuient à l`Etranger et son admis et accueillis comme des victimes en oubliant qu`ils étaient parfois les plus zélés particulièrement contre ceux qui vivent hors de Guinée. Nous omettons de préciser que Conte n`est fort que grace a ceux qui le servent avec zèle. Si nous commençons à appliquer des mesures de rétorsion comme des actions en justice, bloquer leur demande d`asile etc... Bref, faire en sorte que ceux qui font souffrir en Guinée sachent que l`Etranger ne sera plus un refuge après leur renvoi (inéluctable avec notre Général) vous verrez que les moins sots (la majorité) commencera à reconsidérer leur attitude. Mais il faut commencer par donner un exemple. A cours terme, c`est possible et applicable.
Moussa Konaté @ Toronto, Canada, dimanche 21 septembre 2008
Merci pour ta contribution Eladj Soumah, rien que de penser a la diaspora comme alternative de changement est en soi une bonne idée. Cependant, je doute de la bonne marche d’une telle initiative. Nous sommes des bouts du bois de Dieu sur lesquels reposent des dizaines,centaines,voir des milliers de famille.Chaque famille aujourdhui en Guinée vit grace aux envois monetaires d’un de ses fils vivant a l’etranger. Des familles en Guinée peuvent se permettre des voyages en France,USA,Canada,etc....pour des bilans medicaux tandisque, d’autres n’ont pas les moyens de se procurer 1 repas par jour. Si nous refusons d’envoyer de l’argent, des medicaments ou autres vivres a nos parents deja torturés par sa majesté Lansana 1er de Bouramaya, que deviendront ils? Pourrions nous avoir sur nos consciences les consequences incalculables de ces actes. Non, je ne peux vivre libre ici au canada tout en sachant que les miens n’ont pas la pitance journaliere qu’il faut pour survivre en Guinée. La galere qui frappe ce pays aujourdhui ne dit pas son nom. Aucours d’une ceremonie de sacrifice organisée par le pere d’un ami en viste en Guinée, parole a ete donnée a un jeune enfant moins de 10 ans qui avait pris part a ce festin, pour faire des benedictions. Il declancha l’ire des assistants lorsqu’il dira « papa, allah khi sigga fotéta » litteralement traduit : que Dieu vous fasse partir en Occident. De cette histoire j’ai tiré deux enseignements : 1- La dimension economique de faire des enfants au bled : il s’agit la d’un investiment a long terme pour les parents qui voient en leur rejeton, un « manankounyi » 2- L’occident comme terre promise pour les enfants : Le chemin de l’europe par tous les moyens est la mode actuelle de nos enfants,freres, cousins....mais ils n’ont pas tort meme si je ne partage pas les moyens qu’ils utilisent. Pour finir M Soumah, je dirai qu’on devra inventer d’autres moyens de faire basculer le regime et non celle ci. Je comprends que ce soit une proposition de votre part mais ce que j’avance ici, n’engage que ma personne. Le boycott peut servir comme arme de dissuassion mais dans le contexte actuel guinéen, ce ne serait surement pas la bonne arme
Ibrahima Diallo_"Ollaid", dimanche 21 septembre 2008
Ah! Tu me rassures, El-Hadj soumah, car j`avais trouve ton article plutot tres familier pour quelque chose a publier. Je me suis dit que peut etre tu avais decide de changer de style (on ne sait jamais!). Tu aurais du eliminer dans ton mailing les adresses des editeurs de sites. Bon, Anyway! Il n`y avait rien de compromettant ou de mechant. La prochaine fois, tu sauras comment faire. Bien a toi!

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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