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Le chef de la junte poursuit son show télévisé avec les anciens barrons du régime qui aujourd’hui se retrouvent sur la sellette. La semaine dernière, quatre anciens ministres des Mines et de la géologie ont été conviés à justifier plus de 26 milliards de nos francs. Une manne financière puisée des caisses du fameux Fonds minier.
La Guinée qui a du mal à mettre en valeur ses autres secteurs d’activité n’a quasiment survécu sous la deuxième République que grâce à son potentiel minier. Même si ces dernières années, les recettes du secteur minier guinéen avaient fondu comme du beurre au soleil. Passant de plus de 200 millions de dollars à environs 60 millions de dollars. Malgré cette contre performance l’ancien président de la République portait un grand intérêt au secteur minier. Ce qui fait qu’il veillait jalousement sur le choix du ministre des Mines, à l’occasion de ses différents remaniements ministériels. Et le ministre des Mines n’avait de compte à rendre semble-t- il qu’à lui. Dr Ousmane Souaré, ancien Premier ministre et ancien chef du département des Mines, poste qu’il a occupé de 2005 à 2006, a confirmé ce secret de polichinelle, portant sur les rapports de Conté avec ses ministres des Mines. Invité par le capitaine Moussa Dadis Camara, après son passage devant les auditeurs et les inspecteurs du Contrôle d’Etat, Dr Souaré qu’on accuse d’avoir englouti 12 milliards 500 millions de FG, et 12 véhicules, qui avait l’air crispé a toutefois levé un coin du voile sur cette affaire de gros sous.
Pour les véhicules, l’ancien ministre des Mines vêtu d’un boubou blanc immaculé et coiffé d’une chéchia a mis les inspecteurs à l’aise, en révélant qu’il s’agit en réalité d’une soixantaine de véhicules. Tous achetés à partir d’un fonds qui ‘’dormait’’ avec les partenaires au développement, quelque part dans une banque new-yorkaise. Ce fonds de 2 millions 200 mille dollars, a été déniché grâce aux conseils de l’actuel ministre d’Etat chargé du contrôle Economique, Alhassance Onivogui, à l’époque Inspecteur des Mines. Après l’achat des véhicules qui aurait coûté 1, 2 millions USD, le reste des sous, soit 1 million USD avait lui, servi à rénover l’hôpital de Kamsar. Dr Souaré a indiqué aussi que du mobilier de bureau, des ordinateurs avaient été achetés pour équiper le département des Mines, qui était en manque de matériels. Dans le partage des véhicules, le président défunt, connu pour son goût pour les grosses cylindrées, s’en serait tiré avec 12 véhicules, selon Dr Souaré. Qui ajoute que le président lui avait personnellement offert 2 voitures issues du même lot. Les autres bénéficiaires de cette largesse de Conté sont Cellou Dalein Diallo, Premier ministre au moment des faits, avec 2 véhicules et Fodé Bangoura, en tant que secrétaire général à la Présidence, qui recevra également 2 véhicules, des mains du chef de l’Etat. Souaré ne manquera pas au passage de préciser que le 24 décembre 2008, un capitaine a fait une descente à son domicile au village CBG, pour lui enlever un véhicule coréen, issu d’un autre don du président Conté.
Cette parenthèse fera réagir du coup Dadis, en demandant à ses hommes de rechercher ce capitaine pour des fins d’enquête.
En abordant la question relative au fonds minier, l’ancien ministre des Mines a souligné que contrairement aux idées reçues, le Fonds minier en lui-même n’existe pas. "Ce sont des ressources affectées à l’Etat guinéen, à partir des fonds de l’ANAIM", a-il expliqué. Ainsi tous les ans, l’ANAIM verserait la somme de 6 millions de dollars à la Guinée, tout en rétrocédant 200 000 dollars au département des Mines. Cet argent aurait servi pour des dépenses de ‘’sécurité, de souveraineté et de géopolitique’’, sur ordre du président défunt a expliqué Souaré. A en juger des propos de l’ancien ministre, on se rend compte que le Fonds minier servait à alimenter la caisse noire du Général Lansana Conté. Certes, il peut arriver ceux qui étaient associés au mécanisme de gestion de cette manne aient profité. Et Souaré a fait preuve de franchise en disant qu’il n’y a pas de gestion transparente. Et qu’il assumait religieusement son passage aux affaires. Les trois autres ministres n’ont fait que s’engouffrer dans la brèche ouverte par Dr Souaré, en reconnaissant avoir simplement obéit à des consignes venues de la présidence de la République dans la gestion du Fonds minier. C’est leur parole contre celle de Lansana Conté qui n’est malheureusement plus de ce monde. A la justice de débrouiller cet écheveau…
Mamadou Dian Baldé Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com
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