vendredi 11 juillet 2008
Pour réussir le changement…
Thierno Dayèdio Barry

Changement ! Voilà le mot qui aura été à l’origine de toute cette confusion entretenue, aussi bien par ceux qui en font leur raison de remuer la Guinée, que par ceux qui ne veulent rien entendre. Que faut-il changer ? D’ailleurs, que peut-on changer, quand l’esprit qui doit sous-tendre l’action, manque de conviction. Kouyaté est parti. Ceux qui l’avaient soutenu, pour lui faire jouer un rôle tout inventé, ne l’ont pas suivi sur les planches. Aujourd’hui, ils capitulent, ne regrettant que d’avoir vu leur entreprise s’effondrer comme un château de rêves. L’on ne parle plus de Kouyaté, l’homme a fait ce qu’il a pu. Sorti, semble-t-il, du triangle des Bermudes, par la soute de secours, il aura vite fait de comprendre qu’il n’aurait pas dû se donner tant de peine. Bien d’autres l’ont précédé à la Primature, mais sans jamais réussir à s’y maintenir. Le poste est plus mouvant que l’on ne saurait se l’imaginer. L’intersyndicale d’hier semble avoir pris son mal en patience. L’heure n’est plus aux accords mort-nés d’un protocole mal ficelé. Il faut accepter de composer avec la réalité du moment. Un gouvernement est né de la nouvelle crise. C’est la tradition. Les crises nous sont toujours profitables, puisqu’elles nous offrent l’opportunité de comprendre que rien ne change. Le changement, ce n’est pas la ronde des gouvernements et des hommes au service d’un système de gouvernance figé. C’est la rupture avec soi, ce soi corrompu et acquis à la cause absurde de ce système qui constitue tout le mal guinéen. Il faut, non seulement, changer de structures, mais surtout de ressources humaines. Une sélection d’hommes pour assumer les hautes fonctions de l’Etat. Malheureusement, depuis des décennies, ce sont les mêmes qui nourrissent le sentiment d’être les seuls citoyens légitimes, pour occuper les hauts postes.

Il s’est construit un cercle vicieux qui décide du devenir des Guinéens, malgré eux.

La démission des intellectuels guinéens s’explique par le fait qu’ils ne trouvent pas encore nécessaire de sortir la tête là où Trissotin est à l’honneur. Notre souhait est que le gouvernement actuel inverse la tendance. S’ouvre aux compétences nouvelles. Approche, dans sa recherche de solutions aux problèmes, les hommes qui ont conscience du retard accusé par notre pays.

Le changement se fera, certes, à un prix élevé, mais il faut oser briser le cercle vicieux de la médiocrité qui a déjà trop coûté à la Guinée.

Thierno Dayèdio Barry
L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com
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Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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