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Date : le dimanche, 10 mai 2009
Thème central : Comment réussir le Changement entamé le 23 décembre 2009 ?
L’Association des Guinéens pour la Promotion de la Démocratie, depuis sa fondation en 2001 à Philadelphie (USA), œuvre pour faciliter l’alternance démocratique dans notre pays, à travers le dialogue et la concertation. Nous sommes convaincus que c’est seulement par la promotion d’une démocratie véritable que les causes des conflits, des crimes et de la tyrannie peuvent être évitées.
Si l’AGPD a pris acte de l’avènement du Conseil National pour la Démocratie et le Développement, le 23 décembre 2008, elle regrette cependant que depuis son accession à l’indépendance, notre pays n’a connu que la dictature.
La concentration de tous les pouvoirs dans les mains d’un individu, a permis aux deux présidents défunts, de se maintenir à la tête du pays jusqu'à leur mort. Le premier avait utilisé la tactique du fameux Complot Permanent et le second, celle d’une série de coups d’Etat constitutionnels, avec l’instrumentalisation des institutions et des ressources financières de la nation. Cette triste réalité qui est contraire aux principes républicains et démocratiques, est la cause principale des différentes dérives qu’a subies le peuple de Guinée, depuis plus de 50 ans, et explique le fait que depuis 1958, notre pays n’a connu qu’une succession de régimes d’exception.
Les différentes élections organisées dans notre pays depuis 1990, n’avaient pas empêché feu général Lansana Conté, qui était venu au pouvoir à la faveur d’un coup d’Etat, de s’y maintenir par des mascarades de toutes sortes et des violations de la loi fondamentale, qu’il avait pourtant fait rédiger et adopter, faits qui avaient souvent été dénoncés par les guinéens, ainsi que par la communauté internationale.
D’ailleurs, ces scrutins n’avaient fait que renforcer son pouvoir, qui a ruiné la Guinée, souillé la dignité de ses fils et sacrifié l’avenir de la nation.
Maintenant, le Tout Puissant nous a donné une occasion historique de tourner la page et de réaliser le changement pour lequel il y a déjà eu tant de sacrifice. Le devoir qui nous incombe aujourd’hui est de chercher comment l’opérer, pour qu’il réponde à nos aspirations de vivre dans la liberté et le bien être.
L’AGPD pense que, pour qu’il soit réussi, ce changement doit nécessairement passer par l’instauration d’une transition démocratique qui ne peut voir le jour sans l’organisation d’une concertation nationale.
Nous devons lire la page des 50 ans de notre indépendance, avant de la tourner, et éviter, dans le futur, de laisser un individu ou un groupe d’individus jouer avec le destin de notre nation, quelle que soit sa ou leur bonne volonté. C’est un mandat que nous devons lui ou leur confier et dans le cadre de la république qui nous lie tous.
Eviter le débat national pour raccourcir les étapes menant aux différentes élections, et dans les conditions sociopolitiques actuelles de notre pays, comme cela se voit dans les propositions des Forces Vives au CNDD, pourrait sûrement nous ramener à la case départ, encore une autre dictature. La Guinée en a assez !
Lors de sa première rencontre avec les forces vives et le Groupe International de Contact au début du mois de février, le capitaine Moussa Dadis Camara avait souligné la nécessité d’avoir un cadre de concertation pour l’organisation duquel, il avait posé 11 questions auxquelles, avait-il insisté, des réponses méritent d’être apportées. Nous l’en félicitons et lui promettons des réponses à ses questions, au cours du débat que nous organisons le 10 mai à Philadelphie.
L’AGPD, les partis politiques et la société civile avaient dénoncé le blocage du processus démocratique, par le refus du dialogue et le manque de concertation, sous le régime défunt.
Maintenant, ce sont ces mêmes partis politiques qui veulent aller à des élections mal préparées, en contournant le débat et la concertation, comme le faisait le PUP. Même les syndicats et la société civile ont tendance à sacrifier les enquêtes sur les massacres de janvier et février 2007. Ces organisations ne devraient pas abandonner le combat pour lequel elles avaient eu tant de soutien et d’admiration en Guinée et à travers le monde.
Il serait irresponsable de notre part de contourner le débat et la concertation sur l’avenir de notre pays, qui a eu un passé catastrophique. A notre entendement, cette concertation nationale dont la tenue a toujours été le cheval de bataille de l’AGPD depuis 2001, aura la charge de créer les structures d’une transition démocratique et consensuelle. Cette transition devra avoir une mission et être gérée par des hommes et des femmes choisis pour leur intégrité et leur compétence. Les institutions qui seront créées lors de ces assises, seront chargées de gérer les affaires de l’Etat, jusqu'à l’entrée en fonction de celles qui seront issues de l’organisation d’élections démocratiques, libres et transparentes.
L’AGPD invite la Communauté internationale à contribuer à la réussite de ces assises. Le choix de la date de la tenue de cette rencontre sera décidé par le CNDD, en commun accord avec les Forces Vives.
Si le CNDD veut entrer la tête haute dans l’histoire de la Guinée, il doit être facilitateur du processus démocratique menant à l’avènement de l’Etat de droit, ambitionné par notre peuple. Pour cela, l’armée doit se démarquer du rôle qu’elle a toujours joué et qui consiste à maintenir et à servir les dictatures qui ont martyrisé le peuple de Guinée. Elle doit se reformer, se professionnaliser pour assurer la sécurité des citoyens et la défense de l’intégrité territoriale de notre pays.
S’agissant de la moralisation de la société guinéenne en général, et de la vie publique en particulier, il serait regrettable que l’on se focalise exclusivement sur l’aspect économique, au détriment d’autres dérives qui, depuis l’indépendance, ont enfoncé le pays dans le gouffre de l’intolérance, de la souffrance et de l’humiliation humaines.
Et aussi, dans le souci de restaurer la cohésion nationale, il est nécessaire de rétablir les victimes dans leurs droits, et de mettre fin à l’impunité, par l’organisation d’un procès équitable sur les violations des droits de l’homme et la mauvaise gestion de l’économie nationale de l’indépendance à nos jours.
C’est pourquoi, nous encourageons et soutenons le CNDD dans sa lutte contre les prédateurs, les narcotrafiquants et le grand banditisme. Cependant, les audits doivent s’étendre à la gestion dans tous les domaines de la vie nationale, de l’indépendance à nos jours afin que ceux qui ont, de près ou de loin, violé les droits de l’Homme et du citoyen, fait couler le sang des innocents, et ou contribué à renforcer et ou à maintenir les dictatures que le pays a connues, ainsi que ceux qui ont pillé d’une façon ou d’une autre, l’économie nationale, répondent de leurs actions devant la justice.
Nous attirons l’attention du capitaine Moussa Dadis Camara et de tous les guinéens sur le fait que c’est par le mérite qu’on peut devenir un héros national. Ainsi, ceux qui ont les mains souillées de sang, ceux qui ont délibérément violé les lois de la République pour se maintenir au pouvoir, ne pourront prétendre figurer sur la liste des héros de la nation.
L’AGPD invite les nouvelles autorités, les Forces Vives de la nation, à prendre leurs responsabilités historiques pour le changement entamé dans notre pays le 23 décembre 2008, pour qu’il aboutisse à la construction en Guinée, d’une société démocratique, prospère et solidaire.
L’AGPD lance également un appel pressant aux partis politiques, pour qu’ils engagent des profondes réformes au niveau de leurs différentes structures, et de rendre leurs fonctionnements plus transparents, tout en respectant les principes démocratiques et républicains. Ces reformes pourront permettre aux guinéens de mieux apprécier leurs projets de société et contribueront à faire d’eux, des organisations plus viables, plus ouvertes et non pas comme de simples propriétés de leurs leaders.
Notre mobilisation dans l’unité, la concorde et la vigilance, doit être totale pour éviter à la Guinée, une autre dictature, et réaliser la réconciliation nationale avant toute élection.
Philadelphie, le 3 avril 2009
Pour le Bureau de l’AGPD
Abdourahamane Barry, Président
pour www.guineeactu.com
PS : Ceci est une annonce : Dans le cadre de ses efforts en faveur de la tenue d’une concertation nationale en Guinée, l’AGPD organise une conférence débat, le dimanche 10 mai 2009 à Philadelphie (USA), sur le thème :
COMMENT REUSSIR LE CHANGEMENT ENTAME LE 23 DECEMBRE ?
A cet effet, l’AGPD invite toutes les guinéennes et tous les guinéens pouvant faire le déplacement à Philadelphie (USA), à venir participer à ce débat. Sont également invités :
- Les diplomates guinéens en service à la Mission Permanente aux Nations Unies à New York, ceux à l’ambassade de Guinée à Washington, les guinéens travaillant pour les organisations internationales dont entre autres : ONU, Banc Mondiale, FMI, etc.
- Les représentants des partis politiques aux USA,
- Les organisations politiques, économiques, sociales et culturelles guinéennes
- Les représentants des syndicats et de la société civile présents aux USA,
- Les membres des différentes communautés des guinéens à travers les Etats-Unis,
- Ainsi que les amis de la Guinée.
Pour ceux qui, pour une raison ou une autre, ne pourront pas faire le déplacement, l’AGPD les invite à faire parvenir leurs contributions à travers :
postmaster@agpd.info ou b.executive@agpd.info
pour éventuellement les distribuer aux participants à la rencontre et les publier sur son site
www.agpd.info
Lieu de la rencontre : North American Motor Inn au 4444 City Avenue, Philadelphie PA 19131
Heure de la rencontre : 12 heures (MIDI)
Contacts : E-mail : postmaster@agpd.info ou b.executive@agpd.info
Téléphones : (484) 614 – 4542 ; (215) 651 -7245 ; (917) 299- 0670
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