lundi 1 juin 2009
Pour l’intérêt supérieur du pays, le CNDaDis a besoin des « talents » et non des « griots »

La conception artisanale de la démocratie et de la bonne gouvernance, combinée avec l’enfermement dans une logique d'insolence aveugle et autiste est entrain de transformer le CNDD en une dictature sombre et criminelle qui désoriente et lui fait oublier le sens des réalités du pays et du monde.

 

Des cajoleurs, adulateurs, flagorneurs et autres lèches-bottes ont fini par créer autour du CNDD une ambiance purifiée dans laquelle « tout va bien et tout est rose, il n’y a plus d’urgence, pas de priorités et que le peuple est à l’aise. »

 

Toute cette cour de conseillés politiques aux « cerveaux mal irrigués » s’est transformée en griots incapables de voir et d’entendre les douleurs du peuple pour bien conseiller le « déconseillé » Dadis : le pire aveugle qui ne veut voir, le pire sourd qui ne veut entendre.

 

Aucun conseillé et collaborateur du Capitaine Dadis n’a le courage de jouer le rôle du « fou du roi » pour lui cracher la vérité même celle qui blesse. Apprendre à dire non, c'est aussi donner de la valeur à la réponse « oui »

 

La vérité est indélébile, elle blesse, mais il faut la dire car, elle a pour rôle de rectifier certaines erreurs chez des personnes sensées.

 

Au lieu de lui dire les vérités, ces conseillers ont créé une cour de thuriféraires dans laquelle toute vérité désagréable n’est plus bonne à dire, refoulant au calendre grecque toute latitude de critiquer objectivement le pouvoir et énoncer les vérités qui dérangent, sans risquer de se faire renvoyer, tomber en disgrâce, ou pire, se voir jeter dans les geôles du pouvoir.

 

Un proverbe africain dit: Celui qui fréquente le roi, finit par trahir ses amis (populations).

 

Si le Chef de la junte militaire était patriote comme il le réclame, il aurait créé une cellule d’analystes chargés de faire le suivi de la situation politique, sans complaisance et sans chercher à cirer les pompes du Chef de la junte. Ça fait froid au dos l’incompétence de la junte militaire. Ce qui  freine d’autre part le changement, ce sont les cultures du nivellement par le bas et la corruption  qui animent son « Brain trust », ses conseillers devenus des « prophètes des malheurs ».

 

Dans l’histoire de la Guinée, le Chef s’est toujours entouré de « béni oui-oui ». Personne n’ose aller annoncer les mauvaises nouvelles et les vérités au chef d’État. De fait, tout comme Sekou Touré et Lansana Conté, le capitaine Dadis Camara continuera donc à se croire au merveilleux pays. Ce qui, à son tour, crée un système pernicieux : le Président de la République n’aime pas entendre des nouvelles désagréables, et donc personne n’ose lui en apporter. Et comme personne n’ose lui en apporter, il est donc normal qu’il n’en entende pas. Au milieu de tous ces collaborateurs, conseillers, et autres « Sages- ? », personne n’ose faire le fou et parler d’une voix discordante.

 

Cela produit un effet pervers : le chef perpétue son sentiment d’arrogance et d’omnipotence, car son entourage de béni-oui-oui lui a fait croire que ses abus contre ses concitoyens sont normaux ou pire, que ces abus sont des actes profitables pour la population.

 

Les peuples ne décèlent cette folie qui habite l’esprit de certains dirigeants maléfiques qu’après le temps de l’apocalypse. Quand ces derniers ont fini par ruiner le monde, semant et laissant sur leurs passages, cendres, cris, cadavres et désolations.

 

Un adage ne dit-il pas à juste titre que « Quiconque a déjà une fois été mordu par un serpent prend peur même devant un simple mollusque ».

 

Les Guinéens doivent ouvrir les yeux, les oreilles et leur intelligence pour ne pas être victimes d’une troisième dictature.

 

« Un chat gris restera toujours gris et même s’il se roule dans la farine, sa couleur émergera de cette manière  « d’enfariner la réalité ».

 

Il faut que les Guinéens se méfient de ces pseudos-opposants, aux rêves si facilement monnayables, mais surtout,  si prompts à marchander leur conviction contre des postes administratifs pour pouvoir voler.

Ce sont les mêmes personnes « opportunistes » à la recherche de postes et d’argent, qui avaient soutenu Lansana Kouyaté à  corps et âme, qui se sont transformés en griots du CNDD.

 

Ces « sans – situation » comme on pourrait les qualifier, sont comme des « Pitbulls » prêts à se jeter  sur toute personne qui offre une critique fut –elle objective du pouvoir schizophrénique du CNDD.

 

Sa Sainteté le Pape Pie XII avait déclaré que, « … là où l’opinion publique et les critiques cessent de fonctionner librement, c’est là que la paix est en péril ». C’est une réalité en Guinée.

 

Pourtant, de nombreux  analystes politiques nationaux et étrangers sont unanimes sur les dérives du CNDD, les conclusions sont presque les mêmes, à quelques détails près : le Capitaine Dadis Camara et son clan ont l’intention de tout faire pour rester pouvoir, et cela même aux dépens de la vie des Guinéens.

 

La vie est fébrile ! Elle est très fébrile aujourd’hui en Guinée. La vie humaine n’a plus de valeur tant pour le CNDD et sa junte qui n’arrêtent de mettre fin à cette vie de manière brusque et immorale, sinon, de la martyriser. Ce sont les mêmes militaires qui ont massacré les Guinéens dans les soulèvements de Janvier et Février 2007 qui sont aux commandes du pays, sans oublier les tueries des policiers par la milice de l’Adjudant Claude Pivi devenu capitaine et ministre après le putsch militaire. Ces événements malheureux resteront à jamais gravés dans les mémoires des Guinéens.

 

« La mémoire n’est rien si elle n’est pas une prise de conscience. Il faut rejeter la tentation de l’oubli », dixit Michèle Alliot-Marie, Ministre française de l’Intérieur.

 

Aujourd’hui, pour sortir le pays du fond de gouffre, la junte militaire devrait mobiliser toutes les compétences de tout bord politique et d’idéologie, sans ségrégation d’ethnie ou de région, en vue d’opérer des réformes profondes, redresser l’économie nationale et faciliter la transition vers un gouvernement qui est l’expression des urnes et des armes.

 

Cinq mois après la prise du pouvoir par la junte militaire, on assiste au statu quo, à la démotivation des fonctionnaires et agents de l’État. Cette démotivation des travailleurs de la fonction publique est due non seulement au cumul des arriérés de salaires, mais aussi et surtout aux comportements de certains membres de la junte Militaire et dans la gestion archaïque de l’après Conté.

 

Aujourd’hui, le trouble et le danger sont grands. L’enthousiasme et l’espoir du peuple, au lendemain du putsch, ont fondu comme du beurre sous le soleil. La cacophonie est partout.  On ne sait plus qui a tort ou qui a raison : chacun croit qu’il a raison sur tout et que son voisin a tort sur tout.

Aujourd’hui, cet immobilisme dangereux interpelle le Capitaine Moussa Dadis Camara sur la nécessité de s’autocritiquer, de réétudier la méthode de gestion du pouvoir, et surtout d’écouter les critiques.

 

Les problèmes auxquels le pays est confronté maintenant sont à ce point, tellement graves qu’il faut se garder de les aborder avec légèreté et hypocrisie légendaire qui caractérisent certains Guinéens.

 

Avant de commencer à chercher la paille dans l’œil du voisin, il faut s’occuper d’abord de la poutre qui se trouve dans son propre œil. Telle devrait être la philosophie du Capitaine Dadis Camara.

La Junte militaire a le devoir de prendre le passé pour corriger le présent et préparer un lendemain meilleur. La pauvreté n’est qu’une maladie d’esprit. Personne n’est né riche, ni avec le pouvoir. C’est aux Guinéens, à eux seuls, de prendre le destin du pays afin de le transformer en destinée.

 

Aujourd’hui, il existe un véritable contraste inexplicable entre l’état de paupérisation des populations d’un côté et l’embourgeoisement effréné des membres de la Junte Militaire qui sont devenus des millionnaires voire des milliardaires en 5 mois.

 

Dans quel pays au monde peut être milliardaire en cinq (5) mois ?

 

C’est  donc aujourd’hui  une minorité  qui détient et monopolise les richesses du pays tandis que les pauvres (la majorité) s’appauvrissent davantage.

 

Aujourd’hui, la Guinée offre l’image d’un grand repas, mangé par les plus forts, les plus corrompus, les plus malins, les plus médiocres, tandis que les pauvres se contentent des miettes, si ces miettes existent mêmes.

 

Les militaires qui se trouvent au sommet de la gestion politique cherchent à absolutiser leurs propres intérêts tout en foulant sous les pieds les intérêts du peuple et en renonçant aux serments pris. Le CNDD est la personnification de la violence, de la terreur, de la dictature et de la tyrannie, et il faut empêcher l’expression des points de vue opposés d’où le recrutement de ces « griots de la toile ».

 

Les médias officiels étant voués à la glorification du régime militaire, seul l’Internet (qui échappe au contrôle de Dadis) offre un plateau de débats politiques riches, variés et souvent hostiles à la Junte.

 

Ces opportunistes, « sans situation » qui cherchent à toute occasion un moyen pour être appelés à la table à manger (la mangeoire), sont prêts à  insulter et calomnier tous ceux qui ont des points de vue contraires à leurs idées figées et rétrogrades de la démocratie et de la liberté d’expression.

 

Nous lançons un appel patriotique à la jeunesse guinéenne afin qu’elle prenne ses responsabilités patriotiques, qu’elle agisse, et reprenne le flambeau  de la lumière, afin de mettre un terme à un régime qui banalise la politique, tolère et glorifie la médiocrité, l’impunité, le détournement des deniers publics, somme toute bannir  un système  rétrograde, déficitaire  en leadership. 

 

Aux Guinéens de tirer les leçons de l’histoire du monde qui apprend qu’il faut lutter pour aspirer à la liberté et à la justice, qu’il faut lutter pour prendre son destin en main, qu’il faut lutter pour vivre dans la dignité. Il n’y aura point de liberté ou de justice sans la lutte. Ne pensez pas que Dadis et ses clans se réveilleront un jour pour dire « ok voilà vous êtes libres, il y aura demain les élections libres… ».

 

Que l’on ne s’y trompe pas : les Guinéens dans leur majorité aspirent au changement, mais ils cherchent un leader courageux, bref une « locomotive ».

 

Mais doit-on rappeler qu’en politique, le courage tient dans le discernement et dans la volonté. La peur ne conduit qu’à l’aveuglement. Il faut prier pour les jeunes pour que Dieu leur donne la force de voir et le courage de décider.

Pour les Guinéens patriotes, la vérité est aujourd’hui à la fois tragique et simple : Le CNDD a échoué !

 

Comme dit l’autre : « quelque soit la longueur de la nuit le jour se lèvera ».

 

 

Docteur Mamadou Diallo, MD

Membre Fondateur de l’Alliance Nationale pour la Démocratie et le Développement (ANDD)

www.guinea-forum.org 

 

 Partenaire dewww.guineeactu;com

 

Retour     Imprimer cet article.    


Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
© Tous droits réservés guineeActu.com 2011