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Le dimanche 28 mars 2010 a été la date choisie par les ressortissants du Foutah Djallon de la région métropolitaine de Washington pour la tenue de l’assemblée constitutive de la section de la dynamique organisation pour le développement économique, social et culturel du Foutah Djallon basée aux Etats Unis. Pottal Fii Bhantal Foutah Djallon à l’instar de ses sœurs; la MIFERGUI pour les Guinée Forestière, la Communauté de la Basse Côte et Nabaya pour les ressortissants du Batè et tout récemment le Mandenko pour les mandenkas, n’est plus à présenter aux publics guinéens et américains, vu sa présence active partout pour l’élévation du bien être en Guinée.
Cette organisation, créée un dimanche du mois d’avril 2006, s’est assignée comme objectifs, la mobilisation des ressortissants du Foutah issus des différentes composantes ethniques (dialonkés, bagas, bassaris, Badiarankés, Malinkés Mikiforés, nalous, peulhs, Sarakolés, etc. pour que cette partie de la république de Guinée connue sous le nom de Foutah Djallon et qui s’étend des frontières des Rivières du Sud avec le Mali et le Sénégal, et comprenant également certaines parties de la Haute Guinée, de la Basse Côte, de la Guinée Bissau et de la Sierra Leone, puisse jouer le rôle qui lui revient dans le processus de développement économique, social et culturel de la Guinée. Ainsi donc, après New York, Philadelphie, Iowa, le dernier dimanche du mois de mars restera longtemps gravé dans la mémoire des Foutankés de la grande région de Washington, venus de Baltimore, Clinton, Silver Spring, Washington DC, Alexandria, Richmond, Virginie et des voisinages ont convergé vers midi au centre islamique« Muslim Community Center (M.C.C.) ».
Des délégations étaient arrivées de New York, Philadelphie et Wilmington dans l’état de Delaware. A 13 heures déjà, le centre islamique communautaire, donnait le visage d'un lieu de fête au Foutah, car les leppis des femmes et les « puutos » des hommes étaient au rendez-vous sans oublier les plats de fonio, de couscous comme si on se préparerait à prendre le déjeuner le premier jour après le jeune de ramadan à Timbo avant de se rendre à la prière. Seule la tabala y faisait défaut. L’ambiance était à la fête de la retrouvaille. On a mangé, chahuté entre tributs d’une part et familles cousines d’autre part. Le respect et la reconnaissance mutuels sur lesquels sont fondes les rapports sociaux dans cette région où la tolérance a permis une coexistence pacifique et en parfaite harmonie entre une communauté majoritairement musulmane avec d’autres minorités religieuses dont sont issus de grands leaders de l’église guinéenne et même du Vatican. La cohésion sociale est une réalité car même le triste appel au génocide lancé par le premier régime contre une des composantes ethniques n’avait pu être entendu et était d’ailleurs resté lettres mortes.
A 17 heures, après avoir souhaité la bienvenue aux participants, Mr Thierno Sadou Sow, le modérateur, passe la parole à Elhadj Diaby qui a procédé à la lecture des versets du coran pour l’ouverture de l’évènement.
Après, le tour est revenu au doyen Elhadj Diaouné qui est une personnalité très respectée dans la communauté guinéenne de Washington en particulier et des guinéens des USA en général pour sa disponibilité au service des familles, de s’adresser à l’assistance. Il commence son intervention par exprimer ses sentiments de reconnaissance à ceux qui oeuvrent inlassablement au renforcement de liens de fraternité et de solidarité entre les guinéens au pays de l’Uncle Sam. Il salue également la présence d’une guinéenne du nom de Fatoumata Barry dont les parents résident à Dakar où elle est née, mais qui est un exemple de dévouement pour les affaires sociales des familles guinéennes de Washington.
Le doyen passe en revu, l’évolution de la communauté guinéenne de Washington tout en mettant l’accent sur la nécessité pour ses compatriotes de s’unir et de s’organiser vu la croissance démographique qui devient élevée et le devoir des familles de donner l’éducation qu’il faut aux enfants qui y naissent. Il invite ses frères et sœurs à tout faire pour trouver un centre islamique pour la formation des enfants. Il termine son intervention par se réjouir du fait que la structure mise en place soit une section de Pottal Fii Bhantal.
Après l’introduction faite par le doyen, Mr Lamine Diallo, président de Pottal Fii Bhantal depuis sa création en 2006 va présenter les délégués Souleymane de New York, Andourahamane Barry de Philadelphie et Thierno Ibrahima Diallo de Wilmington avant de passer en revue les circonstances dans lesquelles, l’organisation a vu le jour, il y a maintenant 5 ans. Il rappelle le caractère apolitique de l’ONG régionale et précise que sa mission est de contribuer au développement économique, social et culturel du Foutah Djallon. Invitant ses frères et sœurs à ne pas oublier le Foutah dont le destin est indissociable de celle de la nation guinéenne dans son ensemble, il se réjouit du fait que l’appel de Pottal fii Bhantal Foutah Djallon continue d’être entendu car au Sénégal, au Canada, en Belgique, en Angola, etc. déjà des sections sont installées ou sont en train de l’être.
Du coté des femmes, l’honneur revient à madame Diallo présidente de la prestigieuse Fondation Amadou Diallo, nom de son regrette fils. Madame Kadiatou Diallo qui n’est plus à présenter tant, elle est devenue, à travers son combat qui fait souvent la une des medias américains et internationaux, la porte - voix des mères qui luttent pour l’avènement d’un monde plus favorable à l’épanouissement des citoyens de demain. Elle s’est réjouie de voir les participants abandonner leurs occupations pour faire le déplacement. Elle salue les actes déjà posés à New York dont la section s’est dotée d’un local servant de bureaux où assez de services sont rendus aux guinéens quelles que soient leur région d’origine ou leur ethnie. Rappelons que de New York sont diffusées des émissions radio où l’histoire du Foutah et celle de son Etat théocratique, sont écoutées partout aux Etats Unis, au Canada, en Europe et en Asie. Avant de terminer son intervention souvent interrompue par des applaudissements, madame Diallo exprimera le rêve des femmes guinéennes aux USA en tant que mères d’avoir des centres où leurs enfants pourront acquérir des connaissances sur leur origine et où ils pourront pratiquer leur religion ainsi que la culture de leurs parents.
Apres Madame Diallo, la parole a été donne aux délégations venues des autres états et villes. Ainsi, Souleymane Diallo de New York commence son intervention par exprimer sa joie de voir tant de femmes dans la salle. Il déclare qu’avec cette participation massive des femmes, Washington pourrait devenir le porte flambeau. Un défi sérieux prévient-il, pour New York. Thierno Ibrahima Diallo, quant à lui, a rappelé les défis auxquels avaient face, les initiateurs de la création de Pottal fii Bhantal Foutah Djallon. Mr Diallo précisera que Pottal fii Bhantal n’est pas une organisation des peulhs, ou des Hal-Pular mais de tous les ressortissants et de toutes les ressortissantes du Foutah Djallon quelles que soient leurs ethnies, leurs religions ou leurs orientations politiques.
Mademoiselle Amanatou bah, fille de Thierno Abdouhamane de Labé, avec ses connaissances solides sur l’histoire du Foutah, a fait un résumé concis sur l’arrivée des peulhs au Château d’Eau de l’Afrique de l’ouest.
Le bal s’est poursuivi avec le fondateur du premier journal privé en Guinée, Mr Sankarela Diallo. Cet administrateur, journaliste et maintenant historien qui, tous les mardis à 21 heures (heure de New York) anime une émission sur l’histoire du Foutah. Il rappelle tout d’abord les frontières géographiques du Foutah. Il parle de la migration jusqu’aux montagnes guinéennes avec les différentes péripéties des peulhs et des autres groupes ethniques tels que les dialonkés, les nalous, les sarakollés, des malinkés, etc. il mentionne l’existence des centaines d’écoles et des universités, y compris celle de Touba. Ces écoles, dit-il, ont été sabotées par les colons.
Le bureau de la section étant déjà elu lors d’une première assemblée générale, les membres ont été présentés solennellement. C’est ainsi que l’honneur est revenu au secrétaire général, monsieur Alpha Oumar Sow de prononcer le discours de clôture au cours duquel, il explique les raisons qui ont poussé les membres à se trouver une organisation leur permettant d’éduquer leurs enfants dans la culture de leurs parents. Il invite les participants à être les interlocuteurs du bureau de la section auprès de ceux qui n’ont pas eu la chance d’être présents. Avant de terminer, il demande à chacun de fournir les efforts permettant d’atteindre les objectifs fixés.
C’est dans cette atmosphère de retrouvailles que les rideaux sont tombés avec rendez-vous pris pour le 16 mai à Philadelphie où les responsables de la section de Pottal fii Bhantal promettent une plus grande fête à l’ occasion de l’installation de leur bureau.
Un compte rendu d’Abdourahamane Barry
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