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Alpha Condé est confirmé par la Cour suprême : "M. Alpha Condé, candidat du Rassemblement du peuple de Guinée, ayant obtenu une majorité de 52,52% des suffrages, est élu président de la République de Guinée", a déclaré jeudi nuit, le président de la Cour suprême, Mamadou Sylla. Quelle sera donc la prochaine marche à suivre, à l’heure même où la misère monte et on se demande déjà comment sera fait demain ?
D’abord, le gouvernement de transition a ses jours comptés. Et si la folle rumeur se révèle, chaque membre bénéficiera d’une parcelle, 500 cent millions GNF, etc. pour avoir rendu service à la nation, la leur : La Guinée. Il semble que c’est une initiative du Premier ministre Jean-Marie Doré. On aura vu chacun de ces membres du gouvernement à l’œuvre. Si certains parmi eux rêvent encore d’appartenir à la charpente administrative d’Alpha Condé, d’autres, pensent déjà à se chercher ailleurs. Surtout que tous ceux qui n’étaient pas à la Fonction publique, le sont désormais grâce à l’opportuniste JMD et à la locataire dudit ministère, Mariama Penda Diallo, issue de l’inter centrale syndicale. Certains futurs ex-ministres savent par conséquent que ce n’est qu’en Guinée qu’ils peuvent être ministres tant et si bien leur efficacité n’a été que virtuelle. Partiront-ils avec les biens de l’Etat, comme il est de coutume depuis des lustres, sans craindre de représailles administratives ? Les plus audacieux, le tenteront. Les plus patriotes et mous ne prendront certainement rien. Même si tout est créé pour que ce comportement soit adopté.
Puis, les frontières vont être libérées, ainsi que les centaines de voyageurs déjà massés le long des frontières, notamment Sud et sud-est. En effet, en fermant les frontières, JMD aggrave la psychose au sein de la population guinéenne, voire des pays voisins, comme la Sierra Leone. Comme il est partant, le Premier ministre voulait peut-être davantage faire parler de lui. Ceci n’est pas pour longtemps car, le nouveau président est connu et JMD vit ses derniers instants à la tête de la Primature. C’est pour justement permettre la fluidité des mouvements des personnes et de leurs biens que le Mouvement social guinéen, composé des forces syndicales et de la société civile du pays ont exigé mercredi dans une déclaration l'ouverture des frontières, ainsi que le respect des libertés des citoyens.
Ensuite, les écoles et Universités vont devoir rouvrir. L’enseignement guinéen déjà malade de son système caduc est sérieusement perturbé ces dernières années à cause des grèves, insurrections populaires ou bruits de bottes. C’est pourquoi, l’année scolaire et universitaire est souvent écourtée. En lieu et place de 9 mois. Les élèves et étudiants avalent juste 6 à 7 mois. Puis ce sont les examens ou les compositions. Le reste, on s’en fout.
Dans cette perspective de retour à la vie normale, on estime que les hommes en uniforme seront moins visibles dans leurs parades à contre-courant. Aussi, certainement les marchés et autres étales réapparaîtront-ils, malgré le parfum de vindicte qui plane sur le commerce, détenu en majorité par une ethnie dont les rapports avec le nouvel élu ne sont pas des plus orthodoxes. « Les tensions sont dues à des manipulations. Il existe dans ce pays une mafia qui importe frauduleusement des denrées, spécule sur le riz. Ils se sont emparés du commerce et veulent défendre leurs intérêts. Il est très facile de manipuler une poignée de jeunes. L'ethnocentrisme est l'arme de ceux qui n'ont pas d'idées. Mais je ne suis pas inquiet. Beaucoup de jeunes, de femmes sont concentrés sur les problèmes quotidiens. Ils veulent un changement. » Cette déclaration qui a l’allure d’un va-t-en-guerre contre cette corporation en dit long sur la méfiance que celle-ci adopte vis-à-vis de son persécuteur avoué.
Reste que la réconciliation nationale passe aussi par là : arrêter de menacer ces personnes qui ont choisi de faire le commerce, pas de friperie ou de pièces détachées, mais d’alimentation et autres habits et articles divers. Sinon, on voit mal, comment, étant président de la République, Alpha Condé pourra t-il rassembler les Guinéens sans se rendre par exemple au Fouta, la région qu’il a toujours fait passer au second plan lors de la campagne présidentielle. Contrairement à son adversaire qui a parcouru tout le territoire national et qui a « toujours essayé de promouvoir les valeurs de l’unité nationale et de la démocratie. Il ne faudrait pas que cette opportunité offerte au peuple de Guinée de choisir son président se transforme en scène de violence et en destruction des biens d’autrui et en insécurité pour le pays». Ce qui est évident, c’est une page qui se ferme et une autre qui s’ouvre. Avec beaucoup de crispation et de volonté de vengeance. Mais que Dieu nous éloigne de cet esprit. Plutôt propre au jaloux du commerce florissant ! Comment demain sera-t-il fait ?
Moussa SOW
www.guineeactu.com
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