mercredi 10 décembre 2008
Port de Conakry : La présidence met le holà au bradage !

Depuis Jeudi dernier 4 Décembre, par la correspondance n° 0544, le Ministre Secrétaire Général à la Présidence de la République signifiait au Ministre des Transports, le désaccord total de l’Autorité suprême en ce qu’il est de la Convention de cession du Terminal à containers du port de Conakry à Getma International, paravent loufoque du Groupe Bolloré.

« Halte à toutes ces sournoiseries malsaines et venez nous expliquer les tenants et les aboutissants de ces tractations mafieuses sur notre port ! » C’est du moins ce que semble indiquer cette correspondance cinglante de la Présidence de la République.

Une invite au Ministre des Transports de suspendre l’application de cette convention inique pour sa refonte totale dans le sens des intérêts de la Guinée et des Guinéens, et non de ceux d’un groupuscule vorace et insouciant qui a allégrement vendu son âme au diable.

Et depuis la publication de cette note sur différents sites guinéens et africains, les personnes intéressées par cette juteuse affaire dans laquelle ils semblent s’être déjà beurrées, sont sur le qui-vive et multiplie les démarches pour faire revenir la Présidence de la République sur sa décision salutaire pour la Guinée.

Mais à observer cette convention de cession du terminal à containers, il est plausible que c’est la Guinée qui y est grugée sur toute la ligne. Un rappel ne serait donc pas fortuit pour vous rafraîchir la mémoire. On ouvre une note technique déjà disponible …

En novembre 2007, lors du Forum Minier à Paris, des contacts ont été pris par l’ancien Premier Ministre et le Ministre des Transports avec Monsieur Vincent Bolloré. A l’issue de ces entretiens, un projet de Concession de gré à gré du Terminal Containers du Port de Conakry était préparé par le Groupe Bolloré et le Ministère des Transports (Les termes de référence étaient préparés par le Ministère des transports et le Groupe Bolloré, sans les principaux cadres du Port Autonome).

L’opposition du port Autonome, des professionnels de la manutention portuaire et la méfiance du Président de la République pour ce Groupe, amèneront le Chef du Gouvernement (à l’époque) à mettre en place un appel d’Offre en lieu et place d’un gré à gré.

Cependant, les termes de référence n’étaient pas modifiés, ce travail flou ne pouvait nous conduire qu’à la situation présente.

4 groupes avaient répondu à l’Appel d’Offre :

-       BOLLORE

-       MAERSK

-       GETMA INTERNATIONAL

-       PCB AFRIMARINE

5 autres sociétés n’ont pas voulu répondre, compte tenu du manque d’informations techniques, et surtout, d’un cahier des charges qui se révélait n’être qu’un « Dol » pour le Port de Conakry et poserait des problèmes politiques et économiques, ultérieurement.

A.  Cahier des Charges et termes de référence

Les termes de référence mis en place sont au bénéfice du concessionnaire et au détriment de l’Etat Guinéen.

Les personnels et conseillers du Ministère des Transports, désignés par le Ministre des Transports pour cet Appel d’Offre, n’ont aucune connaissance des activités portuaires, ni du fonctionnement d’un Terminal Container.

Comment expliquer, par exemple, que l’on réalise un Terminal avec un quai d’accostage de 13m et que le chenal d’accès soit laissé à -9m50, ainsi que le bassin de mouvement des navires.

Ceci laisse entendre que si cette convention est validée, le Port de Conakry aura à sa charge, ces travaux d’un coût de 23 millions d’euros.

Ensuite, aucune digue de protection n’a été prévue pour la protection du nouveau Terminal containers qui sera à la porte du Port. Ce qui entraîne un risque pour l’amarrage des navires, rendant l’exploitation future du Terminal, difficile pour les navires à quai. Un coût supplémentaire de 8 à 9 millions d’euros est ainsi à prévoir à l’ardoise de la Guinée.

Enfin, rien n’est prévu pour l’évacuation des containers, la connexion ferroviaire, les terminaux secs de livraison. Tous ces investissements sont laissés à la charge du Port Autonome de Conakry ou de l’Etat Guinéen.   

B.  Objectifs de la Concession

Les ports de Dakar, d’Abidjan et ou Lomé ont demandé des objectifs précis pour leur concession portuaire.

A chaque fois, une étude d’impact à été faite : professions portuaires, personnels, chambre de commerce, douane, afin que la mise en concession se fasse en harmonie avec l’économie de pays. Des objectifs précis ont été donnés par les Ports au concessionnaire.

Pour le Terminal de Vridi à Abidjan par exemple, il est clairement exigé de « faire du port d’Abidjan, le port leader de l’Afrique de l’Ouest, y compris dans le domaine  du transbordement et du transit  des pays enclavés. »

Pour Conakry, aucun objectif n’est fixé au concessionnaire.

C. Les Propositions

La convention proposée et acceptée par le Ministère des Transport, mais contestée par le Port Autonome et l’ACGP, présente des options portuaires de concession inadmissible pour un Etat souverain et une bonne administration portuaire. 

Le contractant doit être une société de droit guinéen, dont les actions ne peuvent être   cédées sans l’autorisation de l’Etat.

1.    Dans la présente convention, l’Etat contracte avec une société étrangère qui s’engage à créer une société de droit guinéen, dont les actions ne pourront être cédées sans autorisation, mais la société étrangère, elle, pourra être cédée sans l’intervention de l’Etat ou du Port Autonome.

2.    Le périmètre d’intervention de la société devrait être limité à l’espace concédé, et son action de manutention des navires, limitée à ceux escalant à ses quais.

3.    L’espace d’un port ne peut être concédé à une seule société, restant bien entendu, que les containers (armateurs) seront stockés, livrés et réembarqués via le Terminal à container.

4.    La main d’œuvre dockers est exclue des opérations du concessionnaire, en contradiction avec le décret instituant le bureau de la main d’œuvre portuaire (BMOP).

La convention proposée est en totale contradiction avec les intérêts du Port de Conakry.

Les différents rapports du Port, de FFA (auditeur conseil choisi par le Ministère, sans compétence au niveau portuaire) démontrent les insuffisances et les manquements de cet Appel d’Offre.

Ainsi vu, l’intérêt du Port et de l’Etat Guinéen exige qu’un nouvel Appel d’Offres soit lancé, avec des termes de référence correctement établis, dans l’intérêt sacré de la Guinée et de tous les Guinéens.

Et c’est ce que propose, depuis le 4 Décembre, la correspondance du Secrétariat Général à la Présidence de la République. Et c’est ce que des cadres véreux et autres guinéens, pêcheurs en eau trouble, tentent par toutes les influences, de contrarier. Mais, comme toujours, la vérité finira un jour par triompher.

Fodé Tass Sylla
Rédacteur en Chef de www.guineeactu.com




 

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Vos commentaires
Gadizy, samedi 13 décembre 2008
En Guinée la chienlit s`est installée à tous les niveaux,chacun fait ce bon lui semble dans la plus parfaite impunité.Vivement la fin du système Conté pour qu`on juge tous les fossoyeurs de l`économie de notre pays.
Bangaly Traore, jeudi 11 décembre 2008
Merci Mr sylla,le ministre Keira pour defendre notre pays,il faut organiser les elections libre.Keira il ne faut pas vous trompez de prendre le pouvoir en guinee,sans les elections.Pour bien defendre notre pays,il faut mettre fin a l`impuniter,la corrpution et l`injustice.
touré mohamed, jeudi 11 décembre 2008
mr sylla fairai mieux de se tromper. meme si ce contrat n`est pas a l`avantage de la guinee mr keira n`est pas mieux placé pour defendre nos interets.lui meme etant un predateur. comprené ke ces gens las sont tous des porcs et ils mettent en avant leurs interets avants celui de la nation. keira veut reclamer sa part de gateau dans le partage.a moins ke tu ne soit aussi l`emmissaire de mr keira pour faire la promotion de sa cause sinon t`es censé le comprendre dans ses demarches irresponsables.surtout ke cela decredibilise l`etat guinee aupres des partenaires. ke dieu benisse la guinée.

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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