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Nous venons de passer sur le web une période agitée, plus déplorable que mémorable. Que n’a-t-on pas entendu ? On ne gagne jamais en sérénité quand on est marqué par des ressentiments. Le dénigrement pour les uns et les bons points pour les autres. Etait-ce bien raisonnable ? Une injure n’a jamais grandi son auteur ! Je ne veux pas jouer à la victime car je suis vacciné ! Un petit commentaire, pourtant élogieux, a servi de prétexte pour faire déborder le vase (je pourrais dire la vase qui colle bien bas, aux chaussures !) dans des proportions inattendues. Une erreur a donné l’occasion à des individus (qui n’en demandaient probablement pas tant) pour redémarrer une machine poussive à fabriquer des commentaires anti-personnels. Tout y passe, même le droit de citation ! Ce dernier, reconnu partout, qui reflète la reconnaissance d’une idée ou d’une expression synthétisée par d’autres, devient pour certains un outil d’hagiographie mal placée. Citer un auteur étranger fait chic, le faire pour un Guinéen signifie inféodation. Cette mésestime intériorisée n’est-elle pas une séquelle d’un autre temps ? On m’a donc qualifié de griot (merci pour les authentiques de la caste !), de vouloir plaire à tout le monde, de chercher un point de chute, de flatter Cissé, etc. On s’est demandé si je ne prenais pas certains médicaments…. Dans cette pollution du Web, des enquêteurs (je dirais plutôt des quêteurs de compliments) ont tout de même reconnu que je ne suis pas alcoolique ! Merci pour ce bienfait collatéral, indépendant de leur volonté : je ne suis pas le pilier d’un bar ! C’est déjà çà de gagné. Pour tout dire, sans être content (n’exagérons rien !), je prie les internautes de croire que les auteurs de ces commentaires malveillants ne me font pas le mal qu’ils me souhaitent. Je n’ai aucune envie de m’engager dans le dénigrement et les insultes. Certains applaudissements sont bien suspects. Heureusement, d’autres internautes corrigent le tir : un Baldé M.S., un Ahmadou ou une Fatimatou Chérif Haïdara (que je salue sans chercher le moindre point !), sont de ceux qui font des commentaires sans passion afin de rendre le débat serein. En revanche, je demeure perplexe face à un certain « Hadyatou » qui insinue qu’un autre compatriote et moi-même roulerions pour je ne sais qui ! Je dis bien un certain « Hadyatou » car avec les pseudos, on ne sait jamais ! Il se pourrait qu’il s’agisse d’un moustachu, chevelu et barbu avec une pomme d’Adam bien prononcée. Dans le doute, je me réserve le droit de choisir le masculin ! Je ne réponds qu’à titre personnel, l’autre coaccusé étant capable de se défendre tout seul. Partant du constat qu’on ne peut plaire à tout le monde, j’affirme que je n’ai de haine à l’égard de personne en particulier. En lisant quelques échanges sur le Net, j’ai cru comprendre que ce « Hadyatou » serait un chef de famille respectable et que je dois respecter même s’il n’aime pas mes écrits, ce qui est son droit. Une expression du mal guinéen est de tout caricaturer : quand vous parlez des qualités de quelqu’un, vous cherchez des points ; si vous critiquez une de ses actions, vous l’insultez (vous êtes un affreux ethnocentriste s’il est d’une ethnie différente de la vôtre). Parlez en bien de lui (ou gardez le silence à son égard, qu’il soit leader politique ou délinquant économique) : obligatoirement, vous roulez pour lui ! Le danger de la pensée unique est qu’elle est inique ! Cher « frère Hadyatou », tout roule car la vie est avant tout mouvement. Mais rassurez-vous, même si je roule souvent en voiture à essence, je ne roule pour personne ! Sauf peut-être pour moi-même et les miens. En ce sens, je peux me permettre de me qualifier d’« automobile »! Pourquoi voir partout des suspects, cher « Hadyatou »? Doit-on juger quelqu’un pour l’éternité sur la base, par exemple, de son âge qui, pour vous, très cher « frère », serait une tare ? Existe-t-il une personne dont l’acte de naissance serait fixé à jamais au repère « jeunesse » ? Pourquoi traiter quelqu’un, trop cher « frère », de tous les noms, au seul motif qu’il a un avis différent ? Les internautes seraient heureux de lire, non pas un commentaire suspicieux, mais un article émanant de vous ! Je tiens à rester libre et grâce à Dieu et à la bénédiction de mes parents, je le suis. Je n’ai pas d’épargne à mobiliser vers la Guinée mais je gagne correctement et honnêtement ma vie. Si je me bats sur le Net, c’est pour nos concitoyens. Il n’y a pas d’argent à gagner sur le Net, mais souvent des ennuis : on vous insulte alors que vous pourriez rester tranquillement chez vous en lisant les contributions des autres, distribuant généreusement les points, bons ou mauvais, sans jamais se mouiller. Trop facile ! J’ajoute aussi que je n’ai pas besoin d’autopromotion : j’ai mon site (qui ne sera jamais une arme anti-personnelle) que je laisse grandir harmonieusement sans hormones (sachant qu’un aliment peut brûler avant de bien cuire). J’ai un métier garanti et rémunérateur. Je ne suis ni journaliste ni écrivain. Animé par l’idée du partage, je n’aime pas les exclusivités et je préfère lire les commentaires de mes articles ailleurs que sur mon propre site! Au moins, saura-t-on que je ne les fabrique pas à domicile ! Les diaspos qui interviennent sur le Net ont quand même du mérite et ce n’est pas l’argent qui les motive. Ils veulent aider leur peuple à prendre conscience ! La plupart d’entre eux ont réussi leur vie et même dans la vie : ils sont professeurs, ingénieurs, médecins, cadres administratifs ou financiers, retraités, etc. Ils vivent ailleurs mais pensent au pays dont les dirigeants veulent pourtant les exclure, à l’image de tous les Guinéens expatriés ! Si on parle peu d’eux c’est, paradoxalement, parce qu’ils n’ont pas échoué ! Cependant, tous les diaspos n’ont pas rencontré le succès escompté. C’est à se demander si ce n’est pas la vie qui les a ratés ! Ils sont nombreux, qui déambulent en Europe Occidentale et en Amérique du Nord. Ces frères (seulement eux, car nos sœurs sont facilement « hébergeables ») sont reconnaissables à leur look : barbe de 3 jours, poches remplies de journaux gratuits comme une poubelle qui déborde par temps de grève des éboueurs. Ils sont toujours inscrits dans une université qu’ils ne fréquentent qu’une fois par an, le jour de leur inscription, afin d’avoir la carte d’étudiant leur permettant de prolonger leur exil. Ces étudiants permanents (qui ne bénéficient d’aucune formation permanente) ont tous les diplômes mais jamais un travail fixe et régulier. Bon connaisseurs des théories classiques, ils ont la solution à tous les problèmes économiques et politiques de l’Afrique. La seule méthode de ne pas perdre son temps quand on les croise, est de leur filer une pièce de monnaie ou un ticket restaurant, pour ensuite s’éloigner ! Tous ceux qui sont sortis n’ont donc pas réussi, et le pays d’origine les ignore totalement ! Ces concitoyens sont à récupérer et à réinsérer dans la société guinéenne. C’est pourquoi, il ne faut pas se tromper de combat. Au lieu de s’insulter à longueur de journée, il faut se rassembler pour exiger un changement en Guinée. Le problème n’est pas de savoir qui roule pour qui, mais comment se débarrasser d’un système avilissant qui ne finit pas de mourir. Merci à tous ceux qui m’ont soutenu. Ibrahima Kylé DIALLO Directeur de www.guineenet.org pour www.guineeactu.com
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