dimanche 20 juillet 2008
Politique : Bah Ousmane, une résistance qui paie
Titi Sidibé

Au moment où Monsieur Bah Ousmane prenait la tête de l’UPR en succédant au premier président et fondateur dudit parti, Monsieur Siradiou Diallo, pour cause de décès, peu de gens donnaient crédit à cet homme de l’ombre pour assurer l’avenir d’un parti national respectable et populaire. L’entreprise n’est pas évidente, car Bah Ousmane resté longtemps second couteau du parti n’a ni le charisme de son défunt président ni même les bonnes relations qui offraient à ce dernier les entrées dans les cercles du pouvoir au niveau régional et international. Mais les deux hommes avaient en commun la modération dans la conduite des affaires du parti, une certaine cohérence avec la ligne tracée par l’idée fondatrice du mouvement, cette modération frisait une timidité maladive chez Monsieur Bah Ousmane à un point tel que sa capacité à diriger le parti dans un paysage politique quelque peu violent restait à désirer.

Conclure avec cette impression sans s’être donné le temps de mesurer les qualités de celui qui vient de se révéler homme coriace à la suite de la récente crise de leadership que connaît l’UPR, eût été téméraire et amateur. Décidément, Monsieur Bah Ousmane n’est pas à minimiser, ce n’est point un amateur comme il nous a été suggéré de penser ces derniers temps, ce qui semblait être pour lui un handicap se révèle aujourd’hui être une constance dans ses qualités de dirigeant dynamique prêt à se battre pour défendre l’essence même d’un mouvement comme le sien.

Il faut dire qu’avec la récente montée en puissance de l’UFDG couplée avec celle de son président coopté, il était difficile de donner cher de la peau de l’UPR et de son président menacés par la visée hégémonique d’un parti qui a pu vraisemblablement se donner un avenir. Resté réfractaire aux appels du pied de Cellou Dalein et de son parti pour une absorption à l’amiable, Monsieur Bah Ousmane a vu se multiplier les courants de défection au sein de son mouvement, on pourrait même parler de scission quand on sait que les relations avec Madame Siradiou Diallo, autorité morale du parti, ne sont plus au beau fixe. Sale temps pour un homme qui sait dire non et ce au risque de se faire emporter par l’avalanche de l’UFDG revenu en force grâce à une idée de génie de Monsieur Bah Mamadou, un véritable coup de maître, vous avez dit doyen !

L’opération amicale proposée à l’UPR ayant eu du plomb dans l’aile, car Bah Ousmane n’entendait nullement céder les actions de l’UPR au pair comptable avec pour boni de liquidation son poste de président, l’UFDG est passée à la vitesse supérieure en lançant une OPA hostile à son vis-à-vis. Le président de l’UPR se sentant agressé dans sa légitimité choisit de rentrer en résistance, de prendre le maquis et cela au prix de voir fondre comme neige au soleil le nombre ses cadres pressés de rejoindre la nouvelle vague, la Celloumania.

Ces défections sont si importantes qu’elles ont atteint le sacro saint groupe parlementaire de l’UPR à l’assemblée nationale ; l’on peut sérieusement se demander à présent ce qui resterait d’un si grand mouvement après des départs aussi nombreux et à une période somme toute préélectorale. La réponse est à rechercher dans la volonté de son président de résister à la pensée unique qui absorbe tout sur son passage, elle se trouve aussi dans la qualité organisationnelle d’un grand mouvement comme l’UPR dont les structures sont peu perméables à une volonté hégémonique.

Ses différentes fédérations tournent à plein régime et ce au point de se demander si l’UPR est vraiment en crise, ou bien si crise il y a ne serait-elle pas circonscrite à Conakry et Labé ?

Il reste difficile de jurer de l’avenir de l’UPR et de son parti dans l’ordonnancement actuel des choses, mais une chose reste évidente, Monsieur Bah Ousmane a acquis les galons d’un vrai dirigeant politique capable d’assurer avec ses fidèles l’avenir d’un parti traditionnel dont les statuts sont d’une qualité légistique impressionnante.

En attendant les nouvelles du rapport de force engagé, force est de convenir que plus qu’un homme de parti, Monsieur Bah Ousmane s’est révélé, à l’opinion, être un homme d’Etat. Une leçon de pluralité démocratique que je salue.

Titi Sidibé
Correspondant de www.nlsguinee.com en Belgique

Source : nlsguinee.com

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Vos commentaires
Diallo Idrissa, mercredi 23 juillet 2008
Bah Ousmane va bien continuer avec ce parti. Car, c`est un homme de parole et de confiance.
amadou, dimanche 20 juillet 2008
sa ne contuniera pas avec bah ousmane dans cette partie ?

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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