mardi 15 janvier 2008
Polémiques sur le Protocole d’accord et la Constitution
Lansana Conté

Au sortir des négociations sur la suspension de l’avis de grève, bien des observateurs de la vie nationale nous ont confié leurs opinions, et nous avons voulu les partager avec l’ensemble de nos lecteurs afin de consolider nos assises républicaines. En effet, au mois de janvier 2007, au moment où des jeunes en grand nombre s’étaient sacrifiés pour le changement dans la gestion de l’Etat, les bonnes volontés de la CEDEAO, de l’UA et d’autres partenaires ont réussi à calmer la situation, grâce à un document dit ‘’Protocole d’accord de sortie de crise’’, signé exactement le 27 janvier 2007. L’essentiel de cet accord aura porté sur la désignation de quatre noms de Guinéens pour le choix d’un Premier ministre chef du gouvernement par délégation de Monsieur le Président de la République de Guinée. Ses attributions ont été consignées dans un décret du chef de l’Etat, dénommé ‘’Feuille de route’’. L’honneur sera porté sur le diplomate Lansana Kouyaté en poste à Abidjan, en Côte d’Ivoire, pour le compte de la Francophonie. Cet acte sera suivi un mois plus tard par la désignation des membres du gouvernement. Dans l’esprit de tout le monde, cette transaction est faite dans un contexte d’apaisement et en conformité avec les exigences du moment, sans nier la réalité de la suprématie de la constitution sur tous autres Lois, protocoles, conventions ou que sais je…

Lors d’une interview, docteur Ibrahima Fofana a ouvertement dit, du protocole de janvier 2007, en être leur loi fondamentale. Peut-être qu’il ne mesure pas la gravité de la situation, mais pour les spécialistes du droit, c’est une matière à ne pas confondre. Ceci nous donne l’occasion de constater que, chez bon nombre de syndicalistes et de citoyens tout court, la loi fondamentale ou la constitution de notre pays  n’avait plus sa valeur et que de facto, le PM Lansana Kouyaté pouvait s’opposer à celui qui lui a délégué une partie de ses attributions, légalement consacrées et adoptées par referendum par l’ensemble des Guinéens, c’est à dire la majorité pour en être l’émanation du Peuple. Ce dualisme entre ces deux document mérite notre analyse et la participation des Guinéens à tous les niveaux, afin de mettre fin définitivement aux tergiversations et graves manquements à nos lois. Un protocole n’est pas une loi et ne saurait surplomber la constitution, sauf si les députés s’en accaparent pour lui conférer un statut légal en modifiant les textes ou articles de base. L’immaturité politique et les visées non déclarées ont poussé les syndicalistes à de graves fautes. Ce qui a permis la sortie des intégristes politiques, qui ont à nouveau mis en marche leurs mécanismes et leurs stratégies pour prendre en otage le peuple et ses acquis. En bafouant la loi fondamentale – notre constitution.

Le duel Protocole - Constitution est d’actualité et doit à mon sens, être la préoccupation majeur du gouvernement s’il veut sa légitimité. De toute évidence, les leaders des partis politiques et d’autres personnes ressources ont manifesté leur préoccupation légale pour mettre fin aux combines.  A ce propos, Me Boubacar Sow et Me Famaro Sydrame sont bien placés pour une lecture conséquente de la loi fondamentale, afin d’éviter de mettre en mauvaise posture le Premier ministre Lansana Kouyaté, qui en ces derniers jours, s’est laissé piéger par des courtisans mal informés et de mauvaise foi en plus. C’est à travers les déclarations du PM qu’on se rend compte qu’il n’a pas le temps à la lecture. Ceci va lui jouer des tours, car la République se console de par  la compréhension de ses textes fondateurs.

Que ce soit le ministre de l’Agriculture qui relève les incommodités dans un projet si important, est un signe de laxisme et de manque d’intérêt pour la mission.

Jusqu’à preuve du contraire, et c’est sans aucune commune mesure, la primauté est à la loi fondamentale. Ce qui fait que le président de la République a tout loisir de jouir de ses prérogatives derrière son pouvoir discrétionnaire.

Il reste à demander au Chef de l’Etat de mieux accélérer la restauration de l’autorité de l’Etat, car pour moi, de « Bel-Air » à « Air bel », le gouvernement Kouyaté 1 aura vécu. Une seconde chance est négociable si une durée légale est définie pour que le prochain bilan en soit le produit des efforts, suite à l’avis de grève lancé par l’Inter centrale syndicale.

Autant dire que le dualisme entre la Constitution et le Protocole d’accord est la manifestation d’un désir fort exprimé par une partie de la population guinéenne, pour une actualisation de nos textes de lois en fonction de l’évolution des mentalités, pour le bien être des Guinéens

Aboubacar Sidick Sampil

Source : Journal le Démocrate, Conakry

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Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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