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L'agression dont a été victime le ministre de la Sécurité et de la protection civile la semaine dernière n’a fait que relancer les débats sur l’impérieuse nécessité de reformer l’armée guinéenne.
Une armée dont on ne nie guère le passé élogieux, ayant fait ses preuves sur de nombreux fronts, au-delà même de la sous région. A côté de ces hauts faits d’armes, il y a lieu cependant de relever aujourd’hui certains excès dont se rendraient coupables des hommes en uniforme. L’ONG de défense des droits de l’homme Human Right Watch avait tiré la sonnette d’alarme dans un rapport rendu public il y a environ deux mois sur des exactions commises sur des populations civiles et des investisseurs étrangers présents dans notre pays par des soldats se réclamant du CNDD. HRW avait mis l’occasion à profit pour exhorter le chef de la junte à œuvrer pour que de telles bavures prennent fin dans le pays.
Le Groupe international de contact sur la Guinée n’avait pas manqué d’interpeller les autorités guinéennes sur cette question lors d’une de ses réunions qui avait eu lieu tout juste au lendemain de la diffusion de ce rapport. Le GIC-G vient de remettre ça dans son communiqué final qui a sanctionné les travaux de la 5e réunion tenue récemment à Conakry.
Le Groupe de contact invite « le CNDD et le Gouvernement à intensifier la lutte contre l’impunité. Il note avec préoccupation les actes répétés de violence et d’extorsion menés par des éléments armés en uniforme contre des hommes d’affaires et des civils, ainsi que les atteintes à la libre expression et à la libre circulation des partis politiques qui constituent une réelle menace à la stabilité politique indispensable pour la tenue d’élections libres, régulières et crédibles. Le Groupe souligne également l’importance de l’accès aux média et la liberté de la presse pour garantir la crédibilité des élections ».
Le capitaine Moussa Dadis Camara qui mesure sans doute pleinement l’importance et le caractère sensible de cette question a demandé un appui des partenaires au développement afin que des reformes soient engagées au sein des forces armées. Les observateurs avertis savent que sans une restructuration profonde de l’armée guinéenne la transition ne pourra aboutir aux résultats escomptés. Le pays a plus que jamais besoin d’une armée républicaine pour que s’enracine la démocratie. Afin que l’on ne vive plus des incidents comme celui survenu la semaine dernière avec l’agression dont a été victime le vice-président du CNDD, le général Mamadouba Toto Camara. Car, comme l’a dit un penseur, « la discipline fait bel et bien la force principale des armées ».
Dian Baldé Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com
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