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La sélection indue de M. Alpha CONDE pour le second tour du scrutin présidentiel dernier, puis son « élection » discutable à la tête de notre pays, suivie de la reconnaissance, à mon avis précipitée, de sa « victoire » par ses concurrents naïfs et dociles, a pu être interprétée à l'extérieur comme un signe de sagesse et de maturité politique, et par lui-même comme la certitude qu'il peut disposer de notre pays comme il l'entend. Et que les enfants de ce pays sont des « idiots » qu'il convient de rabaisser. Effectivement, il s'y emploie avec un certain succès.
L'intitulé délibérément alarmiste de cet exposé, gagnerait à être argumenté avant même les propos qui vont suivre. Pourquoi ?
Parce que, mettre un individu, quel qu'il soit à la tête d'un pays, n'est pas un acte anodin. Il l'est encore moins lorsque cet individu n'a que très peu d'attache, et de surcroit lointaine avec le pays à la tête duquel il a été militairement placé du seul fait de son appartenance à la même ethnie que le « général » chargé de conduire une fausse transition. Or rétrospectivement, l'imposture politique apparait dans sa nudité : la transition n'a été au fond, qu'un délai jugé indispensable pour aménager la procédure de nomination militarisée de celui que des Réseaux de cooptation extérieurs à notre pays, comme certaines notabilités de l'O.I.F. (Organisation Internationale de la Francophonie) avaient décidé de nommer Président de la République, contre notre volonté, contre toute vraisemblance électorale sortie des urnes. Ils y sont parvenus.
Le nouveau président, presque importé, a plus d'attache au BURKINA et en France qu'en GUINEE. Sa fréquentation du pays s'est toujours limitée à quelques rares périodes électorales dont la durée n'excédait guère une quinzaine de jours. Sitôt l'élection perdue face à LANSANA CONTE, il retournait immédiatement d'où il était venu, c'est-à-dire en France ou au BURKINA. Il n'y a pas de malveillance à faire ce constat. J'ai moi-même une ascendance sénégalaise, je l'ai souvent répété. Je vis en France depuis presque quarante ans. Ce pays m'a permis de m'y épanouir personnellement, et au plan universitaire et professionnel. Mais tout cela n'autorise personne à se substituer au peuple de GUINEE, pour me nommer par exemple président de la république, à l'issue d'une compétition électorale préalablement aménagée pour moi.
Récemment, à KINDIA (ville située à 140km à l'Ouest de CONAKRY), ses supporters RPGistes, de plus en plus « PDGisés », étaient invités de façon implicite, à lyncher les commerçants (en général PEULS), tous assimilés à des tortues qui n'avanceraient que le feu au cul. Le président et ses militants se chargeront peut-être d'allumer ce feu. Car à leurs yeux, les PEULS commerçants, proclamés saboteurs, désignés à la vindicte populaire, seraient RESPONSABLES de toutes les incapacités du président « élu ». La famille de SEKOU TOURE (femme et enfants) est invitée à présider toutes les séances de lynchage public, pour le moment verbal. Le discours présidentiel violent contre une partie de notre population deviendra peut-être une réalité concrète.
Nos compatriotes commencent donc à réaliser que le président « élu » par SEKOUBA KONATE, était certes incapable, mais pas à ce point. En tout cas, on est très loin de l'idée de réconciliation nationale. Le sinistre P.D.G. du temps de SEKOU TOURE paraît presque modéré à côté des sorties incendiaires inopportunes anti commerçants PEULS du nouveau président. Certes, un commerçant, même PEUL, n'est pas un saint. Quel commerçant de quel pays peut prétendre à la sainteté ? Faut-il pour autant les ériger tous en ennemis de leurs propres frères, sœurs, mères, bref de leur propre pays comme le fait le nouveau président ? Un commerçant n'est pas un humanitaire. C'est un entrepreneur. A ce titre, il vise légitimement à réaliser des profits. En quoi cela est-il condamnable ?
Depuis, le président semble avoir entamé, par l'intermédiaire de réseaux locaux et de voisinage africains, un processus visant à anéantir politiquement, et peut-être physiquement, certaines notabilités politiques susceptibles de ne pas partager sa « vision » dont on ne perçoit guère la moindre armature. Au demeurant, il a un projet personnel : celui d'imposer à notre pays SON REGIME POLITIQUE, c'est-à-dire une AUTOCRATIE ethnicisée, maquillée d'un discours faussement souverainiste. Or pour imposer un régime politique à un peuple qui n'en veut pas, il faut beaucoup de violence sous diverses formes. Ce qui permet de rester durablement au pouvoir. Les incessants décrets de révocation, l'exaltation de la haine anti-PEUL comme récemment à KINDIA, les stratagèmes visant à ruiner quelques commerçants, tous PEULS, et les manœuvres dilatoires destinées à rendre compliquée ou impossible, l'organisation d'élections législatives libres et transparentes qui pourraient doter notre pays d'une VRAIE assemblée nationale, avec de VRAIS DEPUTES de grande qualité intellectuelle et politique, sont à mon avis des signes précurseurs auxquels je souhaite que nos compatriotes soient attentifs pendant qu'il est encore temps. Les pluies de décrets présidentiels qui se substituent aux règles FONDAMENTALES communes, annoncent des lendemains peu réjouissants.
Il n'est pas fréquent en Afrique Noire, qu'à l'issue d'une compétition électorale, un concurrent triché avec une arrogance désinvolte gratuite, renonce à contester vigoureusement le scrutin, parce qu'il souhaite préserver la paix civile dans son pays. Le principal concurrent de M. Alpha CONDE l'a fait à l'issue du premier tour de la présidentielle. Sa démarche est à saluer. Je le dis d'autant plus aisément que j'y étais personnellement opposé. Cependant, si cette maturité politique a peut-être provisoirement évité au pays les conséquences désastreuses des turpitudes électorales et financières de « général » Sékouba KONATE, elle a dans le même temps, exposé au grand jour son abandon par ses propres enfants.
Le désastre provisoirement évité, mais pas définitivement écarté, est inéluctable, tant que les GUINEENS n'auront pas récupéré la TERRE de leurs ANCÊTRES.
Notre pays est abandonné dans des mains étrangères noires africaines dont M. ALPHA CONDE n'est que la partie visible. Est-il besoin de rappeler, comment un général cumulard malien, peu honnête, sorti d'on ne sait où, a été mystérieusement nommé président de notre C.E.N.I. contre tous les textes légaux de notre pays, afin qu'il désigne M. ALPHA CONDE président ? J'ai été le seul à m'y opposer. Aujourd'hui, je demeure encore meurtri par l'immaturité politique des candidats d'alors.
A dire vrai, pour notre nouveau président, la GUINEE n'est qu'une OPPPORTUNITE qu'il s'est offerte pour couronner sa vie politique finissante. Au demeurant, aucune « Démocratie » ne peut légitimer l'abandon de son pays dans une main étrangère.
Mamadou Billo SY SAVANE
Source : leguepard.net
www.guineeactu.com
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