mercredi 9 janvier 2008
Peuple de Guinée, soyons du côté de la Justice et de Paix !
Lamarana Petty Diallo

Mobilisons- nous pour l’unité et non pour des corporations syndicalistes ou autres !

Depuis un an, un Gouvernement dit de Consensus a été mis en place grâce au combat des Guinéennes et des Guinéens et à leur vaillance. Seul le courage de notre peuple d’affronter, les mains nues, des hommes en armes a permis au gouvernement actuel de voir le jour.

Guinéennes et Guinéens, vous êtes les seuls  acteurs du changement. Personne d’autre ne saurait s’approprier votre action sauf à vouloir usurper votre combat. Aujourd’hui, des personnes qui sont motivées par des raisons de plus en plus obscures, en tout cas, que le peuple ne comprend plus, vous appellent à descendre dans la rue. Pourquoi vouloir, coûte que coûte, sauver un gouvernement qui, dès sa mise en place a rangé aux oubliettes vos revendications ?

Pourquoi, il ne faut pas suivre les syndicats cette fois- ci ?

Tout porte à croire que les syndicats sont les parrains inconditionnels de M. Lansana Kouyaté. Depuis que ce dernier occupe le poste de Premier Ministre, les syndicats le laissent faire. De temps en temps, ils disent qu’ils sont mécontents de son action. Mais, ils ne le font que lorsque leurs intérêts, apparemment personnels, sont menacés. Il y a moins d’un mois, que la Secrétaire Générale de  la CNTG disait : « nous ne sommes pas satisfait de l’effet Kouyaté. » Comment explique-t-elle aujourd’hui qu’elle appelle les Guinéens à défendre cette même personne ? Qu’elle nous dise « pas le sang d’un poulet ne sera versé » voudrait-il dire que ce sont les syndicats qui commandent l’Armée et les autres forces de l’ordre ? Aurait-elle oublié l’espoir de tout un peuple de vivre une Guinée libérée de l’injustice, de l’impunité, de la corruption et de l’ethnocentrisme ? Aurait-elle, surtout, oublié les attentes que les Guinéens avaient placé au Gouvernement de Consensus qui a tout piétiné une fois l’orage passé ? Enfin, si elle se sentait menacée, qu’elle le dise ouvertement au peuple qui est dans l’expectative de son appel à la grève pour sauver « les acquis du changement ». De quels acquis parle-t-elle ?

Les syndicalistes sont- ils encore crédibles ?

De l’avis de beaucoup de Guinéens, le doute n’existe plus sur la connivence entre l’Inter- Centrale et le Chef du Gouvernement actuel. Certains d’entre eux ne sont-ils pas allés jusqu’à faire nommer, à des postes très élevés  du pouvoir, les membres de leur famille : sœur, belle-sœur, frères, cousins ? Que sais- je ?

Les syndicalistes ne font pas la Guinée. Ils sont des citoyens comme les autres. Ils ne seront suivis que s’ils oeuvrent au bonheur, au bien-être des travailleurs et du peuple. Qu’ont-ils fait pour le retard des salaires ? Pour l’emploi des jeunes ? Pour la reconnaissance et la réhabilitation des victimes des événements de 2007, justement lorsque le peuple s’est mis derrière eux ?

Quelles actions concrètes ont-ils engagées pour que les coupables des vols, viols et meurtres soient punis ? Qu’est-ce qui les autoriserait à parler désormais ? Et cela, plus qu’un autre, au nom du peuple ?  Qu’a fait ce gouvernement pour prouver son ambition pour le bonheur du peuple  et qui justifierait que des Guinéens laissent encore leur vie en le défendant ?

Pourquoi les syndicats voient-ils la faute (s’agissant du décret du 5 décembre) où les autres composantes de la société civile et des partis politiques ne l’ont pas vue ?  Qui est à l’origine du décret si ce n’est leur protégé ? M. Kouyaté et son gouvernement ne s’en sont-ils pas réjouis à sa publication avant de crier à la traîtrise ? La traîtrise de qui ? Qui du lièvre au chasseur qui l’attrape et le relâche lequel est coupable ? Le chasseur  voudrait-il que le lièvre revienne se livrer en proie ?

Ne défendons pas le Président de la République en soi, mais la paix et la vérité historique !

Je n’apprécie pas l’homme en soi, mais je suis pour le respect des principes et de la loi. Je dis et insiste que cette fois- ci le Président Conté est dans ses droits. Le Premier Ministre et son Ministre de l’Information ont commis une faute grave en mettant en doute le Message à la Nation du Chef de l’Etat ! Que les juristes me démentissent au cas où !

Dans quel pays au monde, un Président de la République ne peut-il pas démettre un ministre ? Y compris le premier d’entre eux ? Que M. le Ministre des Nouvelles Technologies ait des qualités, c’est un fait. Mais que le Président Conté ne puisse pas le démettre, c’en est un autre. Quelle raison aurait-elle pu l’en empêcher ? Légalement aucune ! Que voudrait le Premier Ministre en dénonçant un décret présidentiel sorti de ses bureaux ? Qu’attendait-il en prenant l’initiative de la restructuration des départements ? Voulait- il restructurer ou défaire de M. Conté de ses prérogatives de Président de la République ? Y a t-il un pays où le Président de la République ne peut décréter ? Lequel ? Ceux qui prétendent qu’il n’a pas consulté le Premier Ministre omettent-ils volontiers de dire que les deux Lansana se sont nuitamment rencontrés le  2 janvier 2008 ?

Le Premier Ministre a un choix à  faire !

D’un, il dit au Président Conté, si le Ministre de l’Information part, je m’en vais avec lui. Le plus honnête serait de partir en personne à la place de M. Justin Morel Junior qu’il a lâché. Ce dernier est en passe de devenir, à son insu, le bouc-émissaire par qui le pays risque de s’embraser. Ne voulant pas siéger avec M. Issa Condé, nouvellement nommé, le Premier Ministre devrait faire démissionner son gouvernement. Sinon,  il part tout seul. La suite, on la connaît !

Deuxièmement, M. Kouyaté dit au Chef de l’Etat, vous enlevez le Ministre que vous avez nommé. Seulement, rien ne lui donne  ce pouvoir sauf à être lui-même le Président de la Guinée. Ce qu’il n’est pas, à ce que l’on sache !  C’est lui ou moi ! Et s’il reste, c’est moi qui pars, comme dans le premier cas.

Ce sont là des choix simples qui ne nécessitent pas mort d’hommes ou de citoyens !  Le Premier Ministre doit savoir s’il tient à l’honneur ou au pouvoir dans le déshonneur ! Où a-t-on vu un Premier Ministre démentir publiquement son Président et vouloir garder son poste ? M. Kouyaté devra être conséquent avec lui-même et cela  jusqu’au bout !

Guinéennes et Guinéens, personne ne doit mourir ni descendre dans la rue pour une question de nomination et de destitution.

La Guinée a, en terme humain, plus qu’un ministre entrant  et un ministre sortant !

On ne meurt que pour une cause et non pour un poste ministériel  qui pourrait être occupé par des milliers d’autres citoyens ! Il y a beaucoup de Guinéens premier ministrables et sûrement plus à l’écoute du peuple que de leur envie de pouvoir et leurs préférences ethnocentristes ! L’intégrité patriotique, la probité morale doublée de capacités de gestion et de rassemblement seules doivent prévaloir dans le choix des hommes. Tout ce dont le Premier Ministre actuel n’a pas fait preuve depuis sa nomination. Les problèmes des Guinéens ne trouvent pas leur solution dans les multiples pérégrinations de l’homme à travers le monde !

Les ministres ne sont pas nommés pour s’éterniser à leur fonction, mais pour servir la République ! Justement, en Guinée a-t- on :

Un Gouvernement de la République ou des serviteurs syndicaux ?

Toute la question est à ce niveau. Les ministres nommés en 2007 doivent-ils servir la nation ou non ? Si oui, comment et pourquoi échapperaient-ils au pouvoir de contrôle du Président de la République. On me parlera des conditions de son élection. Cependant, la question n’est pas à ce niveau. Du moins, cette fois-ci.

Le gouvernement de Consensus ou les gouvernements antérieurs sont et demeurent sous le contrôle du Président de la République. En Guinée, comme ailleurs ! Le contraire serait un coup de force. Un coup d’Etat tout simplement. Je maintiens, ce n’est pas la voie qu’il faut pour remplacer, un jour, M. Conté, comme tout autre président. La démocratie passe par les urnes et non par les manœuvres politiciennes ! Sans cette voie démocratique, notre pays risque de sombrer à l’image d’autres qui, sortis de leur pétrin, ne verraient certainement pas d’un mauvais œil la Guinée prendre leur place. La convoitise de nos richesses suffit comme argument !

Les Partis Politiques doivent s’impliquer pour éviter qu’on prenne le pays en otage !

N’acceptons pas d’être pris en otage par le gouvernement et les syndicats ! Les partis politiques doivent s’affirmer et s’impliquer. Les Guinéens doivent savoir qu’il n’y a rien de plus grave qu’un pouvoir de syndicalistes. L’exemple de la Première République est édifiant et devrait nous inspirer.

La vocation première d’un syndicat, c’est la défense du droit des travailleurs et non la prise du pouvoir. Le syndicat est une corporation et non un parti politique destiné au pouvoir.

C’est la faiblesse notoire des partis politiques d’opposition qui a laissé le terrain libre aux syndicalistes en Guinée. A force d’agir seuls, ils outre-passent leurs droits. Qui sauraient nier que c’est de leur fait que M. Kouyaté est devenu Premier Ministre ?  Qu’ils prouvent le contraire aux Guinéens avant de les balancer à la mort !

Mobilisons- nous pour l’unité et la paix dans notre Guinée commune !

Plus de massacres !

Luttons pour une patrie libre et démocratique !

Lamarana Petty Diallo

Rédacteur en Chef de kibarou.com

Contact : lamarana@kibarou.com

Source : kibarou.com

 

 

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Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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