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« Won ko no m’badha, kono mbatata, il était une fois, Amma envoya Nomo qui devint serpent, avala.. » (Conte dogon)
Ce devait être Le Grand Serpent du Wagadou. Tous ou presque, nous sommes sortis de son antre, « dinga », diraient les Bamanas. A l’exception peut-être d’un segment de Peuls comme leurs cousins Tutsis venus, selon une version historique, directement d’Egypte. Une autre version parle de métissage entre Arabes et Nègres probablement Sarakollés. Ce Wagadou qui a bâti une civilisation sinon antérieure du moins contemporaine de celle de l’Egypte antique dont les scribes parlent de leurs origines africaines. Il y a de cela plus de 5000 ans, quand les habitants de ce royaume « mythique » commerçaient déjà avec la Chine, la Turquie, etc.
La paléontologie moderne dit que nous venons de plus loin, par de-là les abysses du Dinga, la fosse, l’Ancêtre comme disent les Bamanas. Nous venons de Lucie. Nous ? Yes, all we are Niggers, les Baptous (Toubas en langue du 9,3), les Chinois et les Lapons ! Et même ceux qui jactent « Allgemeine über alles ! Voilà, le malentendu, une grande partie du Mal entendu, le mal en temps dû, l’ère de la gésine (Cheik Hamidou Kahn), vient de ceux qui nous ont baptisé notre ancêtre commune délivrée par l’Afrique en travail (le nom pourrait changer, mais pas le Continent africain), oui, de Lucie fut-elle affublée, au lieu de l’appeler Fanta, ou mieux, Korotoumou. Lucie, œuvre de Lucifer, le Malin !
En effet si Fanta est une africanisation de Fatima, fille du Prophète Mouhammad (PSL), Korotoumou ne vient pas de Khartoum (au Soudan) déformation arabe de Korotoumou, vocable égyptien de l’Egypte antique, selon une de nos dernières bibliothèques vivantes (1). Et la source de ce « discours » n’est pas dans Cheick Anta Diop, ni de son héritier Obenga, ni du Professeur Niangoran Boua qui est arrivé aux mêmes conclusions que le Professeur sénégalais, pour l’essentiel, à propos de l’origine nègre de l’Egypte et de l’unité culturelle de l’Afrique (mais pas des Africains d’aujourd’hui). Le Professeur Boua y est parvenu par d’autres voies, notamment la « drummologie », discours du tambour à nouvelles (Korokoto) ; on dit aussi le tambour bien nommé, tambour à lèvres, n’est-ce pas mes frères Maninka (et), Konias ? Ce « discours » vient des chasseurs bamanas qui n’ont jamais lu ni Anta Diop, ni le Professeur Niangoran Boua. Cela se trouve dans leurs textes sacrés, qui parlent des pharaons, ou de cités situées en Afrique aux noms à consonance égyptienne. Je parle de l’égyptien antique.
Le vrai chasseur bamana était surtout Dioula, qui veut dire chercheur de Vérité, eh oui, pas seulement massacreur de biche. Et donc le Dioula n’est pas seulement vendeur de casse à Mafanco-Condé-RPG « a lélé tchô ! », en Guinée ou à Séguéla-Ouatara-RDR, « tout sauf ADO.. », en Côte d’Ivoire !
D’ailleurs et je vais du cok à l’âne, dans Konia et Nko, il y a deux radicales (en gros, consonnes) : k et n. Les deux renvoient au « Kun Fa Ya Kun » du saint Coran, équivalent du « « Que la lumière soit, elle fut » de l’autre monothéisme. Mais ces deux radicales sont des lettres égyptiennes, car comme chacun ne le sait pas forcément, l’hébreu n’existe pas, l’arabe non plus, les deux langues venant directement de l’égyptien ancien, (2) tout comme le monothéisme fut « inventé » (trouvé devrais-je dire pour ne pas choquer les croyants) oui, dans le secret des temples des Egyptiens, à la fois nos fils et nos pères, si l’on m’a bien suivi jusqu’ici. Akhenaton (fils du Dieu unique Aton, le Soleil), alias Aménophis IV du temps où il était polythéiste adorant Amon, est le plus connu parmi les « découvreurs » du monothéisme en Egypte. Ce changement de nom ne serait pas fortuit, à cause du k de Akhenaton, nous y allons.
Donc le vocable Nko qui divise tant ces derniers temps, est insensé. Oui le O de Nko pouvant être pris pour U (en effet le monosyllabe OM des Hindous peut s’écrire AUM), donc Nko peut se dire Nku, inversion de Kun, celui-là même du « Kun, fa ya kun ! ». Ici et maintenant j’improvise. On peut oublier le n et ne retenir que la radicale K. Je dis oublier et non jeter. En effet « kun, sois ! » pouvant être « kana : a été, entrain d’être » (précisément est, le présent de l’indicatif français n’existe pas à proprement parler en arabe), veut bien dire que le n bouge, il a une fonction attributive (je ne suis pas linguiste, au secours pour la terminologie !) Bref, le K est fixe, comme celui de Kemia dont on peut oublier le m. Kemia (al Kémia, alchimie des Baptous). Kemia chez les Egyptiens veut dire terre noire. Et vous savez que les alchimistes recherchent la pierre philosophale (voir Google.) qui n’est pas un caillou en or comme croit le béotien, mais la connaissance absolue.
Kemia terre noire ou terre des Nègres. Si donc le n et le m peuvent bouger, le K reste fixe et droit comme un AXE, ce qui est fondamental. L’axe qui relie le Ciel et la Terre, l’argile et l’eau : l’Homme, sans couleur. « L’Homme sans qualités » (3). Ni noir ni blanc. Mais puisque nous parlons de « l’Homme sans qualités » chef-d’œuvre de cet autrichien dont le nom me reviendra peut-être, parlons de la terre en sa langue. Donc Erde en allemand, arthun en arabe, earth en anglais, et pourquoi pas, terre en gaulois (il y a toujours ces deux radicales t-d, r), cette synonymie-homonymie suggère que nous avons affaire avec la même langue, la langue mère : l’argile dont nous sommes pétris disent tous les monothéismes. Cette terre nègre faite Homme. Kemia, terre. Il y a même un patronyme égyptien, Kam, le Cham, maudit fils du prophète Noé de la sainte Bible, parmi une trentaine de patronymes de mon « ethnie », les Diawambhè, Diogoramè, en bamana, dont mon nom est au centre à cause du K. Les Bassoum, Niane, Niangadou et autres Diawambhè (diaw : rapide, plus rapide que le plus intelligent Peul, dixit Amadou Hapâté Bah, désolé Monenembo), donc les Diogoramè sans k n’ont ka se ranger derrière moi ! Je ne serais pas content de ceux qui me rabaisseraient en écrivant Bocoum. Je suis Konia Ka ? Figurez-vous ! L’Homme c’est le K, Ka ? demandent les Hal Poular surtout les Toucouleurs ou Peuls du Toro, comme Abdou Anta Ka, Djibo Ka.
L’Homme qui est au large de l’homme, c’est le k. Et c’est le cas de le dire ! Ni Dupont Ni Bokoum, ni Cissé, ni Soumah, ni Diallo, ni Kaba, tiens, tiens, Kaba Plato, Kaba tô, voyons voir, k baa, le grand K, faut aller vérifier cela à Kankan, nettoyez les voyelles et vous aurez « Kun Kun ! Sois ! Sois ! » Je délire !
Ni Doré, ni Assifat, ni...
Continuons, car « Lonni tè ban », le Savoir est infini. « Finkè banna ! Oï Allah ! » Dit-on en manika-bamana. Untel est fini, mort. Donc si « Lonni tè ban », le vrai savoir est immortel. De là à dire que le Vrai est immortel est une évidence. Mais y accéder ici et maintenant, c’est la quête du Graal ! L’ésotériste soufi dirait c’est Al Haq. L’inépuisable Absolu. Le Vrai, la Vérité. Dans Hak, il y a le h de Houwa, l’Ipséité (Lui), qui renvoie au tétragramme hébreu du Nom imprononçable, Y H W, équivalent du Grand Nom dans l’ésotérisme musulman. YAHVE, des Juifs, surtout, surtout il y a ce « K, noir,.. » pour parler comme le visionnaire Rimbaud dans son fameux poème des correspondances, titillant « L’Etre dans son étantité » insondable (Heidegger) qui échappe à la connaissance, mais qui « Se révèle en Se retirant comme la mer », a dit Hölderlin, l’autre génial poète qui y a sombré.
Le K, nègre. La Vérité. Le Vrai. J’arrête pour qu’on ne croie pas que je distille quelque prosélytisme.
Je disais, continuez, vous avez réussi à sortir même Ansoumane de ses gongs. Il faut le faire. Or le coup de gong siffle la fin d’un match, le match des « maninkadjon », « O bhalèdjo !» (Ce Nègre !), face au « petit Métisse sarakollé, ou négro-perse, joutant avec le Man-dingo qui lui jette à la figure « flakè !», voulant dire comme Moussa, le Dioula de Côte d’Ivoire, « Blanc pour nous-là » !
Hé kéla ! dirait Sassine.
Alors où est la diff-errence entre le Koniaka de Beyla et celui transloqué et qui fut stoppé net par ce « I lô ! I lô.. » à Lola ? Allô là, vous me suivez toujours ? La différence entre ce Doré si, et ce Doré là, n’est qu'une petite musique, une affaire de culture. Mais laquelle ? Celle de l’igname ou celle de la langue de singe ? Ce débat est sain, il pourrait même mener à la sainteté si..Tant qu’il traduit une quête de soi, aussi désordonnée soit-elle. Il finit par devenir malsain si l’on s’entête à ne pas l’initier par une enquête.
« Cherchez, vous trouverez ! »
Le Dinga n’a pas commencé un certain 28 Septembre. Remontez de Septembre en Septembre, vous tomberez dans le Dinga de nos origines, et vous serez sauvés des cauchemars ethno. Mais ne faites pas comme Nietzsche (3) qui finit par avaler le grand serpent qui croyait pouvoir échapper à son propre engloutissement par ce dernier. Soyez fiers Koniaka de Beyla ou de Lola ! Il y a de koi. Mais cela crève l’œil et ne se voit pas. Ne dit-on pas Konia ? Vous y êtes ? Alors Kogna, ça va mieux ? Vous ne voyez toujours pas ! Kogna, la manière d’être d’une chose. Il faut être bref, konia-kogna est un état de l’Etre, une de ses multiples manifestations (4). Chaque être naît K, c’est l’éducation qui fait de nous tous Koniakas ! Et non pas Touré (Sékou) ou Konté, (Lansana) ou Kamara (Dadis), ou même Konaté. Stop ! « Kô na tè ! » Une chose, l’être et son.. « entre », ou antre, son dinga. Qu’est-ce l’ « entre », sinon l’intermédiaire, c’est-à-dire l’intérimaire ! Si vous voyez ce que je veux dire ! Excellence M. L’Intérimaire ! Je ne suis pas né griot, je ne suis pas Koyaté, mais Kô yan tè ! Comme entre Soumangourou Kantè et l’ancêtre des Kouyatè !
On chante partout que je suis, j’étais le griot de Moussa Kèta. Tant qu’à faire, dès fois qu’il vous resterait encore un petit Marokin… Je n’ai pas eu beaucoup de chance. D’abord la balle de Toumba. Et vous vous n’êtes pas kandidat. Aucune chance.
Eh Kéla !
Mais n’oubliez pas Excellence :
« Ce n’est pas par hasard si nous sommes là ! Ce-n’est-pas-au-hasard-, si nous sommes là ! » (Dadis, il y a longtemps, vraiment longtemps de cela..).
En effet il n’y a pas de hasard dans la géographie du sacré. Il suffit d’être un bon griot, de naissance, ou croire en la puissance de la Palabre, du Verbe. Qui a dit :
« Nous avons crée le monde par le Verbe » ?
Querellez, battez-vous ! Seulement par le verbe. C’est ce qu’on nous a appris, Ka ? Non ? Et non par les canons ! Vous avez vu « 2001, Odyssée de l’Espace », à ne pas confondre avec notre cinquantenaire « Odyssée de l’Impasse ». A la scène d’ouverture, deux bandes de singes se battaient à coups de « Ka ? Non ! » Et « Ka ? Non ! ». Voilà que l’un d’eux, qui avait le bras assurément trop long, trouva un os qu’il balança à ceux d’en face. Le sang coula pour la première fois, depuis des siècles et des siècles de palabres. Alors vinrent les guerres à coups de canons.
Cela suffit. Le reste se trouve dans mon sommeil. Encore une fois, que cessent vos chahuts autour des Doré de Dijon et ceux qui sont à la Primature !
Salam à Ansou et même à ceux qui s’ébrouent dangereusement autour de Dinga !
Saidou Nour Bokoum
Biblio amateure : Cheik Anta Diop, Youssouf Tata Cissé, à qui j’ai pillé presque tout ici, sauf les délires, Amadou Hampâté Bah, Wâ Kamissoko, hélas cette bibliothèque a brûlé. Vous pouvez toujours soutirer quelques souvenirs à l’honorable Ahmed Tidiani Cissé, qui l’avait rencontré un jour dans le bois sacré..L’Ivoirien Niangoran Boua, « l’autre Niangoran », (dirait l’autre raciste, parlant des footballeurs Diarra) ivoirien aussi, le Porquet de la griomagie (il a inventé une demi-douzaine de néologismes avec Griot) hélas, parti aussi, car tout n’est pas verbeux dans sa Griotique, mais, ce poète lui, a laissé des livres.
Notes :
1 Youssouf Tata Cissé, « La Confrérie des chasseurs malinkés et bambaras », éd. Nouvelles du Sud
2 Les Secrets de l’Exode, Roger et Messod Sabba, éd. Jean-Cyrille Godefroy
3 L’Homme sans qualités, Robert Musil, éd. Du Seuil,
4 Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra ( ?), le Gai Savoir ( ?), Poche
5 Les états multiples de l’être, Ed. Traditionnelles, René Guénon
www.guineeactu.com
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