dimanche 24 février 2008
Perspective

De quoi demain sera-t-il fait ? Supputations et inquiétudes ! Jamais l’on ne saura ce que demain nous réserve.

Les gouvernants sont anxieux, malmenés par leurs ambitions absurdes et osées. Des vautours veillent, scrutant tous les horizons, humant, à grandes narines, tous les vents porteurs d’odeurs. Les opportunistes sont à l’affût, prêts à bondir sur la première occasion. Mon pays est malade de sa maladie de tous les temps, de supputations. Hier, d’innocentes victimes en ont fait les frais. La pauvreté suscite la haine chez l’impatient. L’ ambition, elle, génère le crime. Les  50 années d’indépendance ont desservi les Guinéens sur tous les plans. Le laisser-faire a nui aux bonnes traditions. L’amour du prochain, le sentiment familial, la tolérance sont foulées aux pieds. Le Guinéen a subi des mutations inquiétantes. Le pauvre n’est plus vertueux, le riche est devenu plus cupide. La jeunesse est abandonnée pour compte. A quel homme nouveau s’attendre ? La démission de l’Etat est d’autant évidente que l’incivisme est devenu une doctrine. Ceux qui doivent faire respecter les grands principes sont ceux qui les piétinent. Ceux qui ont devoir de prêcher la sagesse courtisent Aphrodite. L’on se recueille dans la liqueur, pour échapper à la déprime. C’est la confusion à toutes les échelles. La Cité s’embrase. Personne ne sait de quoi demain sera fait. Le changement balbutie sous la conduite d’une équipe désorientée. Le pouvoir se confine dans son silence mystérieux. Les populations purgent leur choix, avec autant de courage que de résignation. L’espoir se consume au fil du temps. L’échec est effectif. Quel contenu donner au prochain cinquantenaire ? Le gouvernement Kouyaté qui en fait sa préoccupation nous le dira, si d’ici là, la chance lui était donnée d’être toujours sur la scène. Tout peut arriver !

Pour l’instant, replongeons dans nos prières. En attendant que nous vienne le secours du ciel.

Mais, puisque beaucoup de gens ne croient plus en rien, il devient difficile de parler de ciel à celui qui a peur des étoiles.

Quand pour la première fois j’ai foulé le sol de mon pays, le premier concitoyen qui m’a vu faire l’apologie de l’honnêteté, s’est empressé à me dire : « Si vous êtes entré à Conakry par voie terrestre, je crois que vous avez constaté la sinuosité de nos routes, elles sont en zigzag, ça veut dire que si vous marchez droit à Conakry, vous risquez de vous retrouver, tout droit, dans la mer ». Il m’a fallu moins d’un an pour donner raison à ce sage qui gagne bien sa vie, depuis qu’il a compris que tous ceux qui sont honnêtes en Guinée sont pauvres. Vous devinez pourquoi je ne suis pas riche. Pourtant je brûle d’envie de l’être. C’est une ambition légitime. C’est chez lui que sont pratiquées toutes les sciences révélées et infuses. L’on s’y essaie tous les jours, pourvu que la pitance quotidienne tombe. Le peuple guinéen est certainement le plus génial et le plus laborieux d’Afrique

Thierno Dayèdio Barry 

   

L’indépendant, partenaire de www.guineeactu.com    

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Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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