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Le lundi, 2 mars dernier à Boffa, le domicile de Hadja Rabiatou Sérah Diallo, Secrétaire Générale de la Confédération Nationale des Travailleurs de Guinée (CNTG) a été l’objet d’une perquisition menée par les hommes du Secrétariat d’Etat à la Présidence chargé des services Spéciaux, de la lutte Antidrogue et du grand banditisme. Cette perquisition qui a été dirigée par le Capitaine Moussa Tiégboro Camara, alias Tié en personne continue de défrayer la chronique. Dans deux interviews, le Capitaine Tiègboro et Rabiatou Sérah Diallo donnent leur version des faits. Enquête et commentaire de Thierno Fodé Sow
Capitaine Tiégboro Camara, Secrétaire d’Etat chargé de la lutte anti-drogue et du grand banditisme : « Les gens sont toujours prêts à dénigrer »
Dans cette interview, le capitaine Moussa Tiégboro Camara donne sa version sur la « descente » qu’il aurait conduite au domicile de Hadja Rabiatou Serah à Boffa.
L’Indépendant : Nous avons appris sur les ondes que vous auriez personnellement conduit une descente à Boffa, au domicile de Hadja Rabiatou Serah Diallo, Secrétaire générale de la CNTG. Quelles sont les explications relatives à cette descente ?
Capitaine Tiegboro Camara : Par rapport à la descente, d’ailleurs moi je n’appellerai pas ça une descente, parce que nous étions dans l’une de nos fonctions. Donc, c’était dans la matinée du lundi 2 mars, vers onze heures, qu’on a été informé par une fille de la présence de treize (13) jeunes filles qui ont été enlevées à Conakry en direction de Boffa. Aussitôt, j’ai réquisitionné trois (3) voitures avec mes éléments dans le but d’aller faire une recherche à cet effet. On est arrivés à Boffa vers 14 heures. Aussitôt, on a contacté la première autorité qui est M. le préfet, qui se reposait d’ailleurs. Et on a mis aussitôt les autres autorités administratives et militaires en mouvement. Je leur ai expliqué le mobile de notre présence. Ainsi, j’ai dit au préfet et aux autres autorités de s’embarquer avec nous pour aller sur les lieux du crime, car moi j’appelle ça crime. Maintenant, arrivé sur les lieux, la fille nous a expliqué : voilà c’est la rivière que j’ai prise jusqu’à ce que je sois venue au bord du goudron. Après les explications de la fille, moi je dis qu’il faut baliser un peu le coin, et se référer à ses explications pour faire une fouille minutieuse dans les environs. Parce qu’elle disait qu’il y a une de ses copines avec laquelle elle a pris la fuite, qui se trouverait quelque part, parce que n’ayant pas pu supporter la distance. Mais malheureusement, on ne l’a pas retrouvée. Elle disait quand elle est venue, je crois qu’elle-même l’a expliqué à la radio, qu’elle a été kidnappée à Conakry ici, et qu’elle ne s’est réveillée que dans ce bâtiment isolé, quelque part là-bas à Tabita dans Boffa. Donc, le coin et tout le petit village ont été fouillés. On n’a pas trouvé un bâtiment isolé. Ce n’est que vers les 19 heures qu’on a retrouvé le bâtiment isolé. Mais, avant cela, moi-même je me suis dit que quand les bandits se déplacent comme ça vers une direction donnée, c’est qu’il y a un coin où ils peuvent être reçus. Certainement, il y a des motels ou des hôtels ici. Identifiez-moi, ces motels et hôtels. Entre temps, il y a un policier qui me donne une autre version : « Hier soir, on a été informé de cet évènement, on a été dans un coin, dans un motel où le gardien nous a déclaré que trois véhicules seraient venus avant-hier, sans préciser la provenance, mais nuitamment. Ils sont venus à leur motel, et l’une des voitures de couleur noir était remplie de jeunes filles », d’après la version du policier. Moi, je leur ai dit d’aller me chercher le gardien pour avoir la vraie version des faits. Finalement, le gardien et le gérant ont été embarqués. Le gardien a reconnu avoir reçu effectivement trois véhicules. Mais il partait de coq à l’âne. Et nous, nous avons compris que c’est un monsieur qui était certes sous l’effet de l’alcool ou mentalement dérangé. Donc, moi j’ai accéléré la démarche en disant qu’on va prendre d’emblée sa déclaration. Et cette déclaration n’est pas tellement en relation avec l’action que nous menons maintenant. Parce qu’entre sa version et celle de la fille, il y avait une incohérence. Moi, je savais quand même que ça peut nous intéresser, parce que ça peut être un autre réseau. Mais en attendant, les gendarmes et les policiers vont s’occuper de cette enquête. Nous, nous allons rentrer encore dans la brousse pour voir réellement où se trouve le bâtiment isolé où habitaient ces jeunes filles. J’ai leur ai donc donné mon numéro en cas de besoin. Mais soudain quelqu’un me dit : ah c’est le fils de Rabiatou ! J’ai dit ah bon ! Je lui ai dit donc : ‘’mon frère vous pouvez prendre mon numéro, et appelez-moi en cas de besoin. Je ne pouvais pas penser qu’un patriote qui pense à l’avenir de ce pays peut prendre les antennes des médias à propos. Me dénigrer et dire qu’ils ont fait une descente chez nous. Les gens sont toujours prêts à dénigrer. Et ça, c’est pour ternir non seulement l’image de marque du CNDD, mais aussi les gens veulent compromettre notre travail. Or, ce que nous faisons-là c’est purement patriotique. Je crois que le fait d’aller jusque sur le terrain dénote de notre volonté affichée par rapport à l’insécurité qui sévit dans le pays. Mais, si les gens sont prêts à prendre les antennes et passer sur le net et nous dénigrer je ne comprends pas. Et puis à propos, moi je suis prêt à tout recevoir. Ce qui est sûr c’est que ma mission reste et demeure nationaliste et jusqu’au bout. Parce que je sais qu’ils sont habitués à ça pour attaquer les gens. Il faut que ça soit logique et fondé. En bon citoyen, j’ai laissé mon numéro. On pouvait m’appeler pour me demander. Pourquoi, il ne pourrait pas le faire, pourquoi pas elle. Moi, je dis que je m’inscris en faux contre cette descente à laquelle les gens font allusion. Ils n’ont qu’à appeler son enfant, il va venir expliquer. Heureusement, on n’a touché à aucun de ses cheveux. Ce n’est pas quand même notre ambition. On réfléchit, on n’a appris ce métier et je ne veux plus que les gens passent par la presse pour vraiment jouer sur notre honneur.
Ce n’est donc pas vrai lorsqu’on dit qu’un de ses garçons aurait été brutalisé par vos hommes ?
Appelez l’enfant et demandez lui, et faites une confrontation. Elle parle pour la cause mais ce qui est sûr et certain, c’est que le préfet, les autres autorités et même les villageois peuvent servir d’exemple. Son enfant même a dit devant tout le monde que je vous remercie beaucoup du fait de venir nous demander. Il dit qu’il est content. C’est qui est sûr et certain, cette affaire c’est d’abord pour nous les jeunes. Parce que c’est la jeunesse qui est touchée. Ces jeunes filles qu’on a enlevées viennent d’une famille ou de plusieurs familles. La fille était là hier et elle a vraiment démontré que ce réseau existe bel et bien ici. Nous avons trouvé des traces, puisque nous avons trouvé le bâtiment et l’enquête continue à Boffa. Le préfet vient de m’appeler ce matin pour me dire que l’enquête continue. Le propriétaire du bâtiment est avec la Gendarmerie pour mener les enquêtes. Et tous ceux qui seront mêlés à cette affaire seront arrêtés. Parce que personne n’est au dessus de la loi. Je suis venu rendre compte au président de la République et il était très content. Je lui ai promis que j’irais jusqu’au bout. Et je promets au peuple de Guinée d’aller jusqu’au bout, personne ne pourra entraver ça. Si les gens veulent, ils n’ont qu’à passer toute la nuit ou la journée à chanter mon nom.
Est-ce que les enquêtes ont permis de connaître le propriétaire du bâtiment isolé ?
Le bâtiment appartiendrait à un certain Lansana Sylla d’après le préfet. En réalité, les gens ont fait une semaine dans ce bâtiment. C’est un nouveau bâtiment en construction, et c’est à côté d’une route, qui est fréquentée. Les gens ont fabriqué des portes qu’ils ont mises là-bas pour y habiter. Le préfet même s’est demandé comment on peut dire que le bâtiment n’est pas habité pendant que les gens préparaient même derrière là-bas. Il y avait même une voiture qui était garée derrière, qui servait de liaison entre Boffa et le coin. Mais personne n’a pu démanteler le réseau. Alors que ce n’est vraiment pas caché. Parce que ce n’est pas en brousse, c’est juste à côté de la route. Ils ne se sont pas intéressés.
Capitaine, puisque vous êtes sur une mission dont l’ampleur commence à gagner du terrai, est-ce que vous pouvez aujourd’hui nous dresser un bilan sommaire de vos missions sur le terrain ?
De façon générale, je crois que vous le savez mieux que personne. Parce que les impacts sont là, vous êtes des journalistes, vous connaissez mieux aujourd’hui cette mission que moi. Parce que s’agissant des contours, vous pouvez demander aux citoyens et ils peuvent vous confier des choses qu’ils nous ne donnent pas. Je pense que vous allez mener les enquêtes et le reste c’est à vous d’apprécier. A notre niveau, la mission continue, et puisque ça continue, on ne peut pas chiffrer pour le moment. Ce qui est sûr et certain, c’est qu’il faut que chacun sache que tous ceux qui sont mêlés dans cette affaire n’y échapperont pas, même s’ils vont jusqu’à Youkounkou ou à N’Zô.
Aviez-vous réalisé que vous êtes chez Rabiatou lorsqu’on vous a présenté son fils ?
Non, ça ne m’a rien dit. Fils de Rabiatou, mais Rabiatou est une citoyenne guinéenne, son fils est un citoyen guinéen. Donc, il n’y a pas de raison. Ça peut tomber sur le domicile du préfet ou du Commandant de la gendarmerie, mais moi j’y entre tout de suite. La loi, elle est au-dessus de tout le monde. Pratiquement, ça m’a rien dit, parce que je sais qu’on n’a rien fait à ce jeune qui m’a même demandé ma carte de visite et je la lui ai donnée. On a même fait des chahuts là-bas. Donc, si on dit…, mais Hadja Rabiatou n’est qu’un membre des syndicats. On n’a donc pas besoin de dire que c’est le fils de Rabiatou.
Par ailleurs, peut-on savoir si les hauts cadres policiers arrêtés sont toujours détenus ou mis en liberté provisoire ?
Ecoutez, je vous ai dit qu’un bilan final sera fait. Nous allons faire un travail de fond. Il faut aller jusqu’au bout pour que les gens comprennent ce qui se passe. On ne fera rien sans la presse. On ne peut pas s’en débarrasser. Mais, pour ce qui est du bilan, laissez-nous aller au fond des choses.
Propos recueillis par Amara Moro Camara et Samory Keita L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com
Hadja Rabiatou Sérah Diallo, SG/CNTG : « Je ne me reproche rien »
Pour avoir de plus amples informations, nous avons joint au téléphone, Hadja Rabiatou Sérah qui a donné sa version des faits.
L’Indépendant : Paraît-il que votre domicile de Boffa a connu la descente d’une équipe de militaires ?
Hadja Rabiatou Sérah : Oui.
Quand ?
Avant-hier (lundi ndrl).
Précisément à quelle heure ?
Je pense que ça doit être entre 16 heures et 17 heures. Parce que j’ai été informée lorsque j’étais en réunion des Forces vives de la Nation. Voilà.
Quelle était la raison invoquée pour justifier cette irruption des militaires à votre domicile?
Ils ont dit que les enfants ont volé, qu’il y avait des armes et de la drogue.
Qui étaient ces militaires ?
Bon, C’était une équipe de militaires. Il y avait le Secrétaire d’Etat en personne là-bas.
Y a-t-il eu des arrestations et éventuellement des cas de brutalité ?
Ceux qui ont été arrêtés ont été relaxés par la suite. Il y a eu un parmi eux qui a été brutalisé.
En apprenant cette descente policière qu’elle a été votre réaction ?
Je pense que c’est une forme d’intimidation qui ne m’effraie pas. Parce que je sais que je ne me reproche de rien. Ce sont les syndicats qui ont protesté.
Comment ont-ils protesté, par écrit … ?
Au nom de l’intercentrale, les camarades syndicalistes ont fait une déclaration de protestation.
Merci Hadja
Je vous remercie bien.
Propos recueillis par Camara Moro Amara L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com
Enquête et commentaire : Les dessous d’une perquisition !
Du politique au syndical. Le raccourci pris par les hommes de la junte au pouvoir est fort saisissant dans leur malhabile visite domiciliaire. La dernière en date - après celle de Cellou Dalein Diallo en debut janvier - remonte au 2 mars dernier à la résidence de Rabiatou Sérah Diallo, sise à Boffa. Que vise réellement cette autre perquisition ? La syndicaliste serait-elle du cartel du narco trafic ou prépare t-elle un attentat suicide contre une certaine autorité ? Est-elle une kamikaze ouest africaine?
La perquisition qui fait grand bruit est du reste condamnée par plusieurs observateurs et partisans du développement. Simple coïncidence de faits et de gestes ou maladroite planification des hommes en treillis dont la perquisition intervient au lendemain même de la levée de la suspension de toutes les activités politiques et syndicales. La secrétaire générale de la confédération nationale des travailleurs de Guinée, elle n’en revient pas. Mais quels sont réellement les dessous de cette perquisition ? La question est sur toutes les lèvres.
Pour l’instant, chacun cogite et y va de ses analyses. Certains pensent que c’est juste une intimidation de mauvais aloi. D’autres, estiment qu’il faut prendre la chose très au sérieux. Un troisième groupe pense que la dame de fer est allée trop vite en besogne en accordant très tôt du crédit à la junte au pouvoir. C’est donc le prix à payer à son excès de confiance. La victime, elle, est formelle dans son interview qu’elle a accordée à un journal de la place : « On cherche à m'abattre, à me salir. Je fais partie des personnes qui aiment dire ce qu'elles pensent, je ne suis pas manipulable », a expliqué Rabiatou Sérah Diallo bien imprégnée de la morale qui veut que la parfaite valeur est de faire sans témoins ce qu'on serait capable de faire devant tout le monde.
Et la secrétaire générale de la CNTG de reconstituer les faits dans la presse locale: Explications : « J'ai cru qu'il s'agissait d'une cérémonie que les Autorités de Boffa organisent chez moi comme ils ont l’habitude, mais on m'a vite dit qu'ils sont venus à la recherche d'une dame qui aurait dormi chez moi à Boffa et qu'il y est caché une voiture. Comment une femme peut-elle entrer avec un véhicule dans ma cour alors que mon neveu qui réside là-bas est à Fria depuis mercredi pour le mariage de mon fils ? Quand ils ont insisté, mon neveu a ouvert la maison. Ils ont fouillé partout. Ils ont menotté mon neveu, ils sont partis à la gendarmerie de Boffa. De la, ils l'ont embarqué pour le Camp Alpha Yaya Diallo. En cours de route, on l'a débarqué pour le rembarquer dans le véhicule du Préfet, le remmener à Boffa, le libérer. Avant de le libérer, le Capitaine Tiegboro lui a laissé sa carte de visite. Sans dire ce qu'on lui reproche, pourquoi ils ont perquisitionné la maison. J'ai trouvé cela bizarre.
Le vendredi (27 février NDLR), j'étais à Fria, j'ai reçu un coup de fil d'un inconnu qui m'a dit qu'il vient d'être affecté à Boffa, qu'il souhaiterait que je lui donne une chambre chez moi là-bas. Je lui ai dit que je ne peux pas le loger parce que c'est la maison de ma belle famille. Comment pourrais-je me permettre de loger quelqu'un qui m'appelle au téléphone ? Je ne sais pas qui il est, d'où il vient, il me demande un service, j'accepte, je ne connais pas sa moralité. J'ai dit non. Si on est venu perquisitionner juste après ce coup de fil, je suis tentée de croire que c'est un complot ourdi contre moi, que cette personne a été dépêchée pour demander un accueil chez moi afin de déposer des objets compromettants. Heureusement, je n'ai pas accepté. Je n'arrive pas à comprendre pourquoi le Secrétaire d'Etat chargé du grand banditisme et de la lutte contre la drogue, le préfet de Boffa se déplace de Conakry pour aller fouiller ma concession. Je ne comprends pas non plus quand ils disent qu'un certain Melville les a informés qu'il y a un véhicule et une femme qui ont dormi dans ma maison de Boffa la nuit du samedi à dimanche. Ce jeune Melville est connu à Boffa. C'est un détraqué mental. Depuis 2003, je suis en train de lutter contre le trafic de drogue. C'est nous syndicalistes qui avons signalé les avions des narcotrafiquants en Guinée. Nous avons dénoncé le trafic de la drogue parce que cela joue sur la jeunesse. Nous ne pouvons pas être à l'avant-garde de cette lutte et nous prêter à ce jeu là. »
Depuis donc cette descente musclée des hommes en uniforme, les langues se délient. Ici et là on évoque une pure machination pour liquider tous les ferments du changement post Lansana Conté. Cette grisaille militaro-politique est virtuellement un coup de grâce des forces vives de la nation. Cela, quelle que soit l’explication que donneront les exécutants de la perquisition. Pourtant, « J'ai profité de la rencontre du Palais du Peuple pour dire au Capitaine Moussa Dadis Camara que la classe ouvrière n'a rien contre lui et le CNDD. Je lui ai dit d'écouter ceux qui lui disent la vérité. »
De quoi la secrétaire générale de la CNTG est-elle coupable ? La question fait le tour de la Guinée et même au-delà. La réponse est toute simple de l’avis de la victime : « Je ne me reproche de rien… Je dis que c'est parce que je dénonce qu'on veut me salir. A supposer même que je sois coupable, ce n'est pas une raison de débarquer un contingent de militaires armés jusqu'aux dents chez moi, à des heures indues. » Si c’est à cause de ses sorties fracassantes pour dénoncer le trafic de drogues, Madame Diallo ne va avec le dos de la cuillère en précisant, presque résignée : « Aujourd'hui, si un de mes enfants est pris dans l'histoire de la drogue, je me rangerai du côté du peuple. » C’est donc à se demander si toutes les grandes vérités ne commencent pas par être des blasphèmes ou des entraves à la transition. Certainement non aux yeux des « perquisitionneurs ». En effet, de nombreux observateurs indiquent qu’une partie de la famille de Mme Rabiatou (son époux et un de ses enfants) appartiendrait à la Police. Et du coup dans l’œil du cyclone du fait du narco trafic qui éclabousse plusieurs cadres de cette structure. Mais encore une fois, il y a une manière plus professionnelle pour faire des perquisitions. Ah ! Régime d’exception quand tu nous tiens !
Quoiqu’il en soit, avec le vent en poupe depuis les évènements de juin 2005 et de janvier février 2007, la secrétaire générale de la CNTG a déjà essuyé d’autres attaques chez elle à Conakry. Sans compter les menaces téléphoniques des anonymes qu’elle dénonce d’ailleurs à tout va. Est-elle donc réellement menacée de liquidation physique et/ou syndicale, puisqu’elle constitue une grande épine dans les pieds des spécialistes du populisme tropical ? On attend bien de voir la suite donnée à cette perquisition synonyme de guêpier. Peut être, à l’image de Cellou Dalein, on ira présenter des excuses plates et invoquer l’implication « d’éléments incontrôlés ». A-t-on besoin de tout ce folklore, alors que chacun se félicite de la tournure appréciable que prend la transition ? La démarche serait historique. Elle constituera de fait un référent sûr pour les générations à venir. La Roche Foucauld nous apprend tout de même que « Nous aurions souvent honte de nos plus belles actions si le monde voyait tous les motifs qui les produisent. » Attention donc, on est au milieu du gué.
Thierno Fodé SOW pour www.guineeactu.com
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