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A quand la tenue des législatives et de la présidentielle en Guinée ? C’est la question que les Guinéens ne cessent de se poser après le discours-programme prononcé le 14 janvier par le président de la République et président du CNDD (Conseil national pour la démocratie et le développement), le capitaine Moussa Dadis Camara.
En s’emparant du pouvoir le 23 décembre dernier, le capitaine Moussa Dadis Camara et ses camarades du Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD) ont clairement promis de rendre les leviers de commande du pays aux civils à l’issue d’élections libres et transparentes. Mais dans son discours-programme du 14 janvier, le nouvel homme fort du pays n’a pas parlé explicitement du calendrier électoral. Un « oubli » qui a suscité aussitôt des interrogations et des interprétations de toutes sortes de la part des observateurs politiques et d’une bonne partie de la communauté internationale. Aux premières heures de la prise du pouvoir, c’est le mois de décembre 2010 qui a été retenu par la junte pour boucler la transition. Mais au fil des jours, les nouvelles autorités ont laissé entendre que la période transitoire pourrait être réduite, comme le souhaitent, plus ou moins ardemment, les acteurs politiques et la communauté internationale. Lors de sa première rencontre avec les partis politiques, le capitaine Moussa Dadis Camara leur a demandé de lui faire des propositions concrètes dans le cadre de la transition politique. Ce que ces derniers se sont empressés de faire, avec toutefois quelques divergences de vues. Si tous les partis politiques se sont mis d’accord afin que les législatives et la présidentielle se tiennent au cours de l’année 2009, ils ont par contre affiché leurs divergences par rapport à l’ordre desdits scrutins censés sortir le pays de l’impasse politique. Certains partis ont suggéré que les législatives se tiennent en juin et la présidentielle en décembre de cette année. Le RPG du Pr Alpha Condé, l’UFDG de Cellou Dalein Diallo, l’UPR de Bah Ousmane et l’UPG de Jean Marie Doré font partie de ceux-là. D’autres ont plutôt préféré que l’on inverse l’ordre des élections : la présidentielle d’abord, les législatives ensuite. C’est le cas notamment de l’UFR de Sidya Touré et de ses alliés de l’ANAD (Alliance nationale pour l’alternance démocratique). Au début du mois de janvier, le ministre français à la Coopération et à la Francophonie, Alain Joyandet, a indiqué à la fin de sa visite à Conakry que la junte au pouvoir aurait accepté de ramener la période transitoire à douze mois. Pour maintenir la pression sur les nouvelles autorités de Conakry, la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO), l’Union africaine (UA), l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) n’ont trouvé d’autre moyen que de suspendre la Guinée de toutes leurs activités jusqu’au rétablissement de l’ordre constitutionnel dans le pays de Camara Laye. C’est dans ce contexte plutôt défavorable que le président de la République, le capitaine Moussa Dadis Camara, a prononcé le 14 janvier dernier son discours-programme, tenant lieu peut-être de feuille de route. Dans ledit discours, le successeur du Général Lansana Conté a pris en compte tous les problèmes économiques et sociaux auxquels les Guinéens font face actuellement : corruption, insécurité, impunité, chômage, conventions minières mal ficelées, détournement des deniers publics. Au plan politique cependant, la plupart des observateurs se disent surpris de ne pas entendre le capitaine Moussa Dadis Camara parler du calendrier électoral censé donner à la Guinée des députés et un président de la République démocratiquement sortis des urnes. Certains leaders politiques n’ont pas manqué de le faire remarquer dans des interviews accordées aux journaux et aux radios de la place. Les Guinéens et la communauté internationale devraient normalement se faire une idée précise du calendrier électoral.
Mamy Dioubaté L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com
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